L’Etat débloque 3 millions d’euros

Guadeloupe : baisse du prix des carburants

12 décembre 2008, par Risham Badroudine

Les barrages routiers mis en place depuis lundi en Guadeloupe ont été levés mercredi en milieu de soirée après la signature d’un accord prévoyant une révision à la baisse des prix des carburants. Afin de ne pas toucher aux budgets des collectivités locales, l’Etat débloque 3 millions d’euros. Après les carburants, le collectif compte s’attaquer aux monopoles.

Un accord est intervenu entre le collectif de socioprofessionnels guadeloupéens et le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, au terme de 10 heures de négociation par visioconférence, en présence des élus de l’île.
Les discussions ont débouché sur l’annonce d’une baisse des différents carburants distribués dans l’île : moins 31 centimes sur l’essence sans plomb, moins 22 centimes sur le gazole et le prix de la bouteille de gaz domestique a été fixé à 17 euros.
Ces nouveaux tarifs seront appliqués à compter du 15 décembre, a indiqué Yves Jégo.
« Ces tarifs seront gelés pendant trois mois », a précisé le porte-parole du collectif des socioprofessionnels guadeloupéens, Jean-Yves Ramassamy. Le temps que la mission d’inspection chargée de mettre à plat tout le système de formation des prix des carburants puisse rendre son rapport au gouvernement.
Le collectif de socioprofessionnels, soutenu par des associations de consommateurs, a paralysé l’île depuis lundi pour obtenir une baisse du prix des carburants comme en Guyane.
L’Etat débloque 3 millions d’euros afin de ne pas amputer les budgets des collectivités.

Après les carburants, les monopoles

La situation est revenue à la normale, mais plusieurs syndicats de salariés ont appelé à une grève générale le 16 décembre prochain pour dénoncer les prix des carburants et le monopole de la SARA (Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles).
Le Collectif des entrepreneurs de Guadeloupe a donc l’intention de s’attaquer à sa seconde revendication. Il s’agit de « travailler sur toutes les entreprises qui ont le monopole dans le département et qui n’ont cessé de faire du profit sur le dos de la population ».
La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane sont approvisionnées par la SARA. Cette société est contrôlée à 50% par Total (autres actionnaires : Rubis, Esso et Texaco) et a été implantée en Martinique en 1969 à l’instigation des pouvoirs publics.

Risham Badroudine


Le pouvoir d’achat au cœur des débats :
Impuissance de l’Etat !

Au moment où le pouvoir d’achat est au cœur des débats, les pétroliers perçoivent des bénéfices mirobolants notamment dans les Départements d’Outre-mer, à l’image de la SARA aux Antilles et de la SRPP à La Réunion.
Rappelons que la vie est au minimum 35% plus cher à La Réunion et dans les DOM en général par rapport à l’Hexagone.
De ce fait, les ménages vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Les pétroliers profitent de la misère du peuple en s’octroyant des marges bénéficiaires plus élevés. (Voir graphique “Marges des pétroliers”)
Que fait donc l’Etat ? Ce dernier est impuissant pour mettre de l’ordre alors qu’il est l’interlocuteur exclusif des pétroliers. Dans ces conditions, comment mener la lutte pour le pouvoir d’achat ?

R.B

Lutter contre la vie chèrePrix des carburants

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