13 janvier 2010
Avant-hier, un jeune Réunionnais de 28 ans, infirmier militaire et sergent-chef dans l’armée française envoyée en Aghanistan, a été tué lors d’une attaque de résistants afghans contre une patrouille franco-afghane dans la vallée d’Alasay, près de Kaboul. "Témoignages" exprime son soutien et ses condoléances à la famille et à tous les proches de ce compatriote, ainsi qu’à ceux de l’officier français qui a également été tué lors de cet affrontement tragique.
Les Réunionnais sont d’autant plus touchés par ce drame que Mathieu Toinette est le troisième de leurs enfants frappés par la mort dans cette guerre menée par les alliés occidentaux depuis 9 ans déjà en Afghanistan. Le troisième sur 38 militaires français tués dans ce conflit : c’est dire à quel point La Réunion y paie un très lourd tribut.
Au-delà de l’émotion que l’on peut ressentir devant une telle information, il y a des enseignements à en tirer et des questions à se poser ; en particulier : est-ce que la participation de la France à ce conflit armé est juste et combien de temps va-t-on encore utiliser des Réunionnais dans ces affrontements militaires avec d’autres peuples, comme à l’époque des guerres coloniales ?
Selon Max-Jean Zins, chercheur au CERI-CNRS et spécialiste de cette région, « toute intervention militaire étrangère en Afghanistan dans le contexte actuel a pour conséquence de renforcer le pouvoir taliban et de rallier aux terroristes une partie de la population, comme lors de l’invasion soviétique ». Il ajoute que « favoriser un retrait rapide des forces ne conduirait pas à un retour des talibans au pouvoir » et il préconise une solution politique plutôt que militaire aux graves problèmes de ce pays. Avec lui, nous disons donc : halte à la guerre en Afghanistan !
L. B.
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).