Hommage à nout dada Laurent Vergès

20 octobre 2006

Il est parfois des coïncidences à des circonstances qui font que l’évènement du présent devient un avènement.

Je souhaiterais avec engouement et soulignement remercier “Témoignages” pour avoir dans son édition du n° 15602 du 12 octobre su rendre hommage à notre aîné Laurent Vergès de la meilleure des façons.
Quelle meilleure manière de donner la parole à ses compagnons et dallons, Élie, Lucien, Yvon... qui ont eu le privilège de côtoyer une telle incandescence. Ces interviews viennent nous rappeler à une méditation sur ce qui fait l’essentiel du combat pour l’avancée de l’humanité dans l’action : la glorification de l’Homme.
En sous jacents, nous pouvons ainsi percevoir ce qui animait Laurent Verges dans ses prises de position courageuses et audacieuses, dans ses désaccords constructifs, dans ses assaillis pour la reconnaissance de l’identité réunionnaise...
Il laisse par sa clairvoyance et par sa profondeur d’âme deux phrases indélébiles à notre conscience :

« nou lé pas plis, nou lé pas moin mais respek a nou »

« Etre c’est assimiler sans être assimilé »

De plus nous apprenons par le témoignage de son dalon Lucien Biedinger de l’éclairage de Laurent sur l’importance à donner avec discernement à l’article défini de “La” Réunion.
Cette empreinte qu’il nous lègue nous enjoint au respect de ce que nous “sommes” dans toute notre réalité afin de ne pas se perdre dans les méandres du rêve de ce que nous ne sommes pas. Laurent Verges avait compris que cette posture est le déclencheur de notre épanouissement et la fin de notre malaise d’être.
Ses longs périples journalistiques à travers le monde, combiné à son acuité à la réception de l’autre l’ont conduit à dire et à écrire en précurseur que les Réunionnais à une voie à apporter au monde dans une démarche salvatrice.
Ce n’est pas sans nostalgie et sans douleur à son absence physique que je m’associe à l’ensemble des camarades du Parti Communiste Réunionnais, auquel il a participé à son édification pour dire à notre grand frère Laurent Vergès :
• Merci de continuer d’être le phare d’une éthique politique
• Merci d’avoir rayonné et influer notre présent.
• Merci par ton intensité su nourrir nos réflexions d’aujourd’hui.
Aussi, souvent lorsque j’entends ou que je lis Paul Verges, je m’interroge. Qui a influencé l’autre ? Et je crois par la manifestation de leurs divergences d’approche et d’appréciation, par leur différence, l’influence était mutuelle.
Leurs paradoxes dans un mouvement dialectique font que Laurent, Paul, Pierre constituent “une seule entité” aujourd’hui, voilà sa manière de continuer d’être toujours parmi nous.

Krishna Damour


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