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25 juillet 2008
C’est presque devenu une actualité banale, du déjà-vu. C’est surtout un incessant rappel des dispositions internationales, concernant la présence française dans l’Archipel des Comores. On compte des morts. On devise même sur les mesures à prendre, sans agir directement. Le comorien est mahorais. Le mahorais est comorien. Alors pourquoi n’y a-t-il pas libre circulation des citoyens de l’Archipel ? Est-ce la seule solution pour en finir avec cette traversée de la mort ?

(photo BBJ)

On a constamment décrié cette situation qui persiste dans l’Archipel des Comores. Dans notre édition d’hier, nous avons mis le doigt sur la cause principale de ce crime qui se joue sous nos yeux. On ne peut pas ignorer l’attitude délétère de l’Etat Français. La tragédie des kwassa kwassa trouve effectivement son origine par le refus de La France à reconnaître l’autodétermination du peuple comorien. La France, désavouée par le référendum de 1975, décida de ne prendre en compte que le choix des mahorais, qui votèrent il est vrai pour le rattachement à l’Hexagone. La France prit cette décision, à l’encontre de la légalité, qui exigeait que l’ensemble des voix de l’archipel en son entier soit comptabilisé. La communauté internationale avait bien sûr déploré le rôle de La France, sans pour autant l’obliger à respecter le choix des comoriens. D’ailleurs, le président Sambi réclame toujours l’île de Mayotte, comme un ensemble intégrant l’archipel des Comores. Mais force est de constater qu’il peine à faire entendre raison à son homologue français. Ainsi depuis 1975, La France est dans l’illégalité totale, interdisant des citoyens de se mouvoir librement dans leur propre pays. C’est le visa Balladur qui oblige des comoriens à se risquer à la traversée de la mort.
D’abord, abroger le visa Balladur ...
Assez de non-dits. Que l’on soit franc dans nos revendications. Il faut abroger ce visa injuste dans l’archipel des Comores, Mayotte en étant une partie intégrante. Se demande-t-on pourquoi des hommes, des femmes, continuent de venir à Mayotte ? Mayotte est certes devenue un eldorado, synonyme de réussite. Il faut dire que La France y déploie toutes ses forces, pour assurer son avenir dans le canal du Mozambique. Il serait pourtant si facile de dire que c’est un problème de développement inégal entre Mayotte et les autres îles de l’archipel des Comores. Certes, les pauvres affluent vers l’île "riche". Peut-être qu’ils seraient moins nombreux à tenter la traversée en kwassa kwassa, si La France abrogeait son visa Balladur. Il cause l’érection d’une frontière injustifiée, incongrue, mais surtout meurtrière. Cela n’enlève pas pour autant la misère à Anjouan notamment, mais aussi sur les autres îles de l’Archipel indépendante des Comores. La France devait engager un vaste programme de coopération, signe de son intérêt pour l’avenir des Comores. Les choses se passent si lentement, que le président Sambi se tourne vers les pays arabes pour accompagner son pays sur la voie du développement. Améliorer les conditions sanitaires, investir dans la jeunesse comorienne, miser sur l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche aussi. Peut-être que les pistes du comemrce équitable peuvent aboutir sur un développement effectif pour les agriculteurs comorien. Tentez ! Récemment, un ministre annonçait que La France devrait développer l’agriculture anjouanaise, en achetant des produits pour les étals mahorais. Est-ce cela la coopération ? abroger le visa Balladur, et participer activement au développement des Comores, voilà ce que l’on attend de la France.
Bbj
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