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Grands travaux de La Réunion
20 janvier 2007
La rencontre qui a eu lieu hier matin à l’hôtel Matignon a pu à juste titre être qualifiée « d’historique » : le Premier Ministre, Dominique de Villepin et le président de la Région Réunion, Paul Vergès, ont signé l’accord de protocoles garantissant le financement pour la route littorale et pour le tram-train.
L’accord signé hier à Matignon a réuni plusieurs ministres et plusieurs représentants des collectivités locales et territoriales de La Réunion, pour appuyer le « symbole fort », a dit le Premier Ministre, d’une décision qui représente un engagement historique de l’Etat à un niveau très important. N’en déplaise aux critiques qui n’ont pas manqué de se faire entendre depuis hier, l’Etat, en apportant 394 millions d’euros pour la route littorale et 435 millions d’euros pour le tram-train, s’engage pour sept ans à un niveau qui correspond à près de la moitié des crédits qu’il consacre par an à toutes les infrastructures de transports du pays. Il correspond à 2,5 fois le coût du viaduc de Millau. Cet engagement pour la période 2007-2013 regroupe deux infrastructures majeures, indispensables pour préparer l’avenir d’une île qui comptera un million d’habitants dans moins de 20 ans. La principale difficulté, dans les négociations engagées depuis plusieurs mois entre l’Etat et la Région était là : comment réaliser et financer ensemble deux chantiers majeurs dont le coût global s’élève à plus de 2 milliards d’euros ? Ce qui a longtemps paru impossible à faire a été scellé hier, par l’engagement mutuel des deux parties. La Région, en acceptant la compétence des routes nationales, met 191 millions d’euros pour la route littorale (sur les 930 millions du coût total) et 780 millions d’euros pour le tram-train, incluant le partenariat avec les privés - soit un engagement total de la collectivité à hauteur de 971 millions d’euros, ajoutés aux 829 millions d’euros apportés par l’Etat. L’Europe a été sollicitée à hauteur de 230 millions d’euros au total. L’ensemble représente un effort public de haut niveau constituant la part la plus conséquente du financement du tram-train et près de 77% du financement de la route littorale, ne laissant qu’une portion réduite du montage total au concessionnaire de la route (215 millions d’euros), pour limiter au maximum la partie laissée à un futur péage.
L’essentiel, au moment de cette signature, est que la réalisation de ces grandes infrastructures - a souligné Paul Vergès - vont couvrir par la commande publique « 80% de l’activité économique et sociale » dans les prochaines années, couvrant la période des contrats en cours. Ce sont plus de 25.000 emplois pérennes dans les travaux publics, des formations à préparer pour le tram-train et pour la route littorale dans son nouveau tracé, comme cela a été fait pour la route des Tamarins. Les élus de La Réunion présents à Paris - de Nassimah Dindar, présidente du Conseil général à René Paul Victoria, député-maire de Saint-Denis ou Jean-Louis Lagourgue, président de l’association des maires, et les maires du Port et de la Possession - témoignaient tous de l’importance de cet accord pour l’intérêt général de La Réunion. Devant l’importance de l’événement, les Réunionnais auront remarqué que certains élus - toutes tendances confondues - ont su se hisser à la hauteur tandis que d’autres ne savaient qu’exprimer des regrets dépassés. Et que dire de la poignée de “has been” qui n’a pu que disparaître et se taire après avoir manœuvré pendant des mois contre les intérêts du pays ?
L’accord signé hier marque une étape cruciale. Tous les problèmes ne sont pas résolus pour autant. D’autres polémiques vont s’élever, auxquelles il faudra faire un sort le moment venu, dans l’exercice du débat démocratique. Pour l’essentiel, c’est la fin d’une longue controverse autour de ces infrastructures - dont la route littorale était le fleuron - décidées par le passé sans l’avis des Réunionnais ou contre leur avis, et qui nous ont coûté à tous des « décennies de drames », a rappelé Paul Vergès. Cette époque est définitivement révolue. Était-ce si impossible que certains le disaient ? A ceux-là, le président de Région apportait hier à ses détracteurs un démenti impérial : « Si c’est impossible, nous le ferons » a-t-il rappelé. C’est chose faite.
P. David
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