Comores

Comores : la mouvance présidentielle assoit sa majorité

2ème tour des élections législatives

Ali Mohammed / 26 décembre 2009

Le calme dans le déroulement, le faible taux de participation et la prédominance de la mouvance présidentielle annoncés au 1er tour sont devenus les faits marquants du 2ème tour du scrutin.

La véritable bataille électorale s’est déroulée en Grande Comores avec des empoignades hardies et le suspens jusqu’au bout. L’opposition regroupant les partisans des anciens président Azali, Elbak, et ceux de l’actuel Gouverneur de Ngazidja ont réussi à rallier les recalés du 1er tour pour former un front anti-Sambi. Toutefois cette coalition a montré ses limites puisque bon nombre de candidats malheureux ont succombé aux sirènes du pouvoir. C’est ce qui a permis à la mouvance présidentielle à l’issue de la longue journée du dimanche 20 décembre de rafler la mise. La partie était d’autant plus aisée que dans quatre circonscriptions dont les deux de la capitale ce sont deux tendances de la mouvance présidentielle qui s’affrontaient.
À Anjouan, il était prévisible dès le 6 décembre dernier que l’île était acquise aux partisans de Sambi alors que Mohéli allait devenir un camp retranché de l’opposition. Il s’est révélé en effet qu’en plus des trois circonscriptions arrachées au 1er tour les pro-Sambi ont raflé l’ensemble des sièges en ballottage à Anjouan y compris à Sima où Mohamed Djanfari le vice-président de l’Assemblée sortante était largement favori.
Mohéli, malgré son faible niveau de représentation s’est clairement exprimé contre Sambi et en faveur de la présidence tournante puisque trois de ses quatre députés sont issus de l’opposition. En effet il ne faut pas lire autrement le vote des 12.000 Mohéliens qui se sont exprimés (sur 25.000 inscrits) que dans le sens de défendre leur tour de diriger l’Union des Comores. C’est ce que confirme un des députés élus à l’annonce des résultats provisoires : « les Mohéliens ont clairement manifesté leur souhait. Ils ont montré que la question de la tournante les tient à cœur. Ils veulent que le processus enclenché depuis les accords de Fomboni de 2001 se poursuive ».

Harmonier les mandats et non supprimer la tournante

Sur ce sujet, le Gouvernement dit regretter que les Mohéliens se soient laissés entraîner par la désinformation véhiculée tout le long de la campagne par l’opposition. Selon Mohamed Larifou Oukacha Ministre d’origine mohélienne, il n’a jamais été question de priver Mohéli de “sa présidence tournante’” : « il est tout simplement question d’harmoniser les mandats du président de l’Union et des gouverneurs et ce qui fera l’objet du congrès qui pourrait être convoqué assez rapidement ».

En ce qui concerne l’organisation même du scrutin, les observateurs internationaux qui ont assuré la supervision ont conclu que les élections ont été globalement libres et démocratiques.
Roland Robert, maire de la Possession et vice-président du Conseil général de la Réunion en charge de la Coopération qui faisait partie de la délégation de la COI, estime que tout s’est bien passé dans le calme et que les quelques problèmes rencontrés ne sont pas de nature à fausser le résultat.
C’est en gros ce qu’a affirmé également Anil Gayan l’ancien ministre des Affaires étrangères de Maurice qui dirigeait la mission de l’Union Africaine. Il s’est surtout félicité lors de sa conférence de presse que la Commission électorale ait pris en compte les recommandations formulées lors du premier tour. Les nouvelles recommandations ont porté sur la mise en place d’une structure permanente chargé de l’organisation des élections de façon à capitaliser les acquis, la généralisation de la carte d’identité nationale et la limitation de l’utilisation des procurations. Un des faits marquant de ce scrutin, c’est la faible participation au vote et cela a été souligné et déploré par tous les acteurs.
Au vu des rapports des observateurs nationaux et internationaux et à l’examen des dossiers soumis à son appréciation, la Cour constitutionnelle a validé l’ensemble des résultats sorti des urnes. Des requêtes en annulation introduites par différents candidats, environ une quinzaine, aucune n’a pu donner lieu aux yeux des juges constitutionnels à l’annulation des résultats sortis des urnes dimanche 20 décembre dernier.

De notre Correspondant A. Mohamed


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