Comores

Les victimes enfin inhumées

Krach du vol de la Yemenia

Ali Mohammed / 5 décembre 2009

Des représentants des gouvernements comoriens, français et yéménites se sont retrouvés côte à côte pour les funérailles au moment où se dessine un désaccord sur les enquêtes en cours

Ils étaient 152 passagers et membre d’équipage à bord du vol IY 626 de l’Airbus A310 de Yemenia ce 30 juin fatidique et seule une adolescente s’en est sortie indemne. Tour à tour surpris, angoissés, émus, puis meurtris à jamais, les Comoriens n’en finissent pas de se repasser le film de la plus grande tragédie de leur histoire.
Le choc passé, des revendications légitimes ont commencé à se faire entendre, notamment pour la vérité sur les causes de l’accident, la recherche des corps, l’indemnisation des familles et de meilleures conditions de transport.
Les autorités comoriennes de concert avec tous les acteurs dans cette affaire et plus précisément les gouvernements français et yéménites, la compagnie aérienne et ses assureurs, le collectif des familles aux Comores et en France ont entrepris d’apporter les réponses les plus appropriées selon les circonstances.
Aussi, les boîtes noires ont été récupérées à plus de mille mètres de profondeur et le décryptage se déroule au siège du BEA au Bourget. Le prélèvement d’ADN a été utilisé afin d’identifier les corps extrait de la carlingue et ceux repêché en Tanzanie. Cette identification devait également faciliter l’indemnisation des familles par les assurances de la compagnie. D’un autre côté, les échanges qui ont lieu entre les représentants de la diaspora et les autorités française et comorienne ont abouti à l’ouverture prochaine d’une ligne direct d’Air Austral entre Marseille et Moroni.

La vérité est encore loin

Cinq mois après l’accident, sur les 87 corps repêchés en Tanzanie et au large de Mitsamiouli, 56 viennent d’être inhumés dans un cimetière commun à Iconi à 4 km au sud de la capitale. Près de 2500 personnes ont assisté à cette cérémonie très émouvante dont certains parents des victimes arrivés de France par un vol spécial de la Compagnie Yemenia.
Dans son discours, le président Sambi a rappelé, ce qui a été dit par les Ulémas qui l’avaient précédé, que le deuil religieux est bien fini et qu’il n’y avait pas lieu de faire d’autres cérémonies mortuaires à l’issue de cet enterrement.
Par ailleurs, si les officiels comoriens, français et yéménites ont communié ensemble lors de cette cérémonie du 30 novembre dernier, il se dessine un désaccord profond quant au déroulement des investigations sur la recherche des causes de l’accident.
En effet, dans un communiqué publié à Moroni, le responsable comorien qui dirige l’équipe des enquêteurs a fait état d’une demande du Yémen d’obtenir une relecture des boîtes noires par une autre agence autre que le BEA français. Cette situation montre que nous sommes encore loin de la minute de vérité sur cette catastrophe aérienne.

De notre correspondant
A. Mohamed


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