France

Un ex-Premier ministre et un ancien ministre s’accusent mutuellement de fraude

L’élection du président de l’UMP révèle l’ampleur de la crise politique en France

Manuel Marchal / 20 novembre 2012

Toujours pas de résultat 24 heures après la fin des votes des adhérents du principal parti d’opposition en France. Jean-François Copé et François Fillon, candidats à la présidence de l’UMP, s’accusent mutuellement de fraude directement ou via leurs partisans. Ces propos échangés par d’anciens membres de gouvernement laisseront des traces.

Dimanche avait lieu l’élection du président de l’UMP, le principal parti d’opposition en France. Ces 10 dernières années, c’est ce parti qui a gouverné la France. Deux candidats s’affrontaient : François Fillon, Premier ministre sortant, et Jean-François Copé, ancien ministre et secrétaire général de l’UMP. Ce sont les adhérents à jour de cotisation de ce parti qui étaient les électeurs.

Plus de 24 heures après la fermeture du dernier bureau de vote, le vainqueur du scrutin n’était toujours pas connu. Et depuis la fin du vote, les deux camps se lancent des accusations mutuelles de fraude.

Une commission de contrôle électoral est chargée de vérifier tous les procès verbaux et de trancher les cas litigieux. À l’heure où nous mettons sous presse, il n’est pas sûr que le résultat final soit connu dans la nuit. Les bureaux validés au compte-goutte placent les deux candidats au coude à coude : à peine quelques dizaines de voix d’écart.

Pendant que des partisans des deux camps s’invectivaient, d’autres tentaient de chercher une issue à la crise : co-présidence, direction collégiale, conseil de sages présidé par Alain Juppé…

De profondes divisions exposées dans l’opinion

L’UMP est le principal parti d’opposition en France, c’est donc le chef de l’opposition qui doit être désigné pour la période qui nous sépare de la prochaine élection présidentielle. À ce moment, l’UMP déterminera qui sera son candidat et ce dernier deviendra de fait le nouveau chef de l’opposition.

Manifestement, cette organisation n’a pas été capable d’éviter les divisions. Ces dernières apparaissent clairement et elles font la "une" des journaux en ligne depuis hier matin. Désormais, toute l’opinion sait que deux camps s’opposent fermement à l’intérieur de l’UMP.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux candidats s’accusent mutuellement de fraude. Tous deux ont pourtant été ministres, et l’un est le Premier ministre sortant, pas moins. Cela se déroule en France, dans un pays où la tradition démocratique est pourtant bien établie. Malgré tout, à en croire un des candidats, des constats d’huissier font apparaître des bourrages d’urnes, des trafics de procuration, le nombre d’enveloppes glissées dans l’urne qui ne correspond pas à celui des émargements…

Et à La Réunion ?

Tout ceci est l’illustration de la crise politique profonde dans laquelle sont plongés tous les partis. Cela montre bien que la crise frappe partout, ne préservant aucun sanctuaire.

La Réunion était concernée par ce scrutin. Christian Estrosi est venu faire campagne pour François Fillon, il avait un programme digne d’un ministre. Il existe des partisans des deux camps à La Réunion. Quelle est leur position sur ces événements ? Quel sera leur comportement une fois les résultats validés ?

M.M.

Deux anciens ministres se lancent de graves accusations

Jean-François Copé : « Il y a eu des bourrages d’urnes »

« Il y a eu, constat d’huissier de justice à l’appui, des fraudes, notamment dans les Alpes-Maritimes et à Paris dans 3 ou 4 bureaux. Il y a eu des bourrages d’urnes, avec plus de votants que d’inscrits sur les listes. (…)Avec ou sans les fraudes, je suis gagnant ».

François Fillon : « doute très important sur cette élection »

« Notre formation politique est dans l’incapacité de donner un résultat. C’est un dysfonctionnement majeur qui fait peser un doute très important sur cette élection. J’en suis extrêmement choqué. Nous allons reprendre les travaux ce matin, mais en tout cas, personne ne peut aujourd’hui se prévaloir d’être élu à la présidence de l’UMP tant que la commission n’a pas validé les résultats et elle est loin de le faire »
Alain Juppé craint pour l’existence de l’UMP

Alain Juppé, ancien Premier ministre, et premier président de l’UMP lors de sa création en 2002, estime que la situation actuelle remet en cause « l’existence même du parti ».


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