Madagascar

13 millions de personnes menacées par la famine à Madagascar

Des pertes pouvant aller jusqu’à 70% à cause des criquets

Témoignages.re / 25 septembre 2013

Une campagne antiacridienne est en train d’être lancée à Madagascar pour lutter contre une invasion de criquets migrateurs malgaches qui menace la sécurité alimentaire et les moyens d’existence de 13 millions d’habitants, soit près de 60 pour cent de la population de l’île.

Des opérations de prospection aérienne servant à localiser les criquets et délimiter les zones nécessitant un traitement aux pesticides doivent démarrer cette semaine. Parallèlement, la prospection terrestre, conduite chaque mois depuis février 2013, se poursuit. L’achat de pesticides, de véhicules et de matériel est en cours.

Les opérations de pulvérisation devraient démarrer d’ici fin octobre, après l’arrivée de la saison des pluies.

Il s’agit là de la première phase des trois campagnes de lutte antiacridienne qui se dérouleront de septembre 2013 à septembre 2016, comme l’indique le programme triennal préparé conjointement par la FAO et le ministre de l’Agriculture de Madagascar. Le programme, qui devrait être mis en œuvre et coordonné par la FAO, en étroite collaboration avec le gouvernement malgache, permettra de traiter plus de 2 millions d’hectares de zones infestées.

Il manque 20 millions d’euros

« Sur les 13 millions de personnes à risque, 9 millions sont directement tributaires de l’agriculture », a expliqué Patrice Talla, Représentant de la FAO à Madagascar. « La campagne antiacridienne est vitale pour tenter de limiter tout dégât supplémentaire aux cultures des agriculteurs les plus pauvres ».

Jusqu’à présent, la FAO a recueilli 23 millions de dollars pour le programme, dont le coût total s’élève à 41,5 millions de dollars sur trois ans. Des négociations sont à un stade avancé pour d’autres financements, même si des millions de dollars sont encore nécessaires pour mener à bien l’intégralité du programme.

« Dans la lutte contre les criquets, la prévention est plus efficace que le traitement », a précisé Ren Wang, Sous-directeur général de la FAO pour l’Agriculture et la Protection des consommateurs. « Les fonds dont nous disposons sont suffisants pour démarrer la première année de la campagne et s’efforcer de maîtriser l’invasion pour éviter qu’elle se perpétue pendant des années et coûte des centaines de millions de dollars. Mais nous avons besoin d’autres fonds pour mener à bien le travail au cours des trois prochaines années ».

Les objectifs

La campagne est ciblée sur :

- l’amélioration du suivi et de l’analyse de la situation des acridiens ;

- les opérations de lutte aérienne ;

- le suivi et l’atténuation de l’impact des opérations de lutte sur la santé humaine et l’environnement ;

- l’évaluation de l’efficacité de chaque campagne antiacridienne et de l’impact des criquets sur les cultures et pâturages.

Dégâts aux cultures

L’infestation acridienne a commencé en avril 2012. De grands essaims très mobiles ont endommagé de vastes superficies de terres agricoles et de pâturages, principalement dans le Sud du pays. Cependant, selon une mission d’évaluation des dégâts conduite par la FAO en avril-mai 2013, ils devraient progresser vers les régions plus productives du Nord fin 2013-début 2014.

Les dégâts aux céréales, dont le riz — qui est le principal aliment de base — et le maïs, sont estimés à 70 pour cent dans certaines régions.

La production de contre-saison devrait reculer par rapport aux années précédentes, les agriculteurs étant peu enclins à semer face à la menace acridienne.

Le rapport de la mission conjointe FAO/PAM d’évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire menée en juin-juillet 2013 sera publié prochainement. Il permettra de fournir des informations plus détaillées sur les résultats de la campagne agricole de 2013 et de la situation de la sécurité alimentaire.

Cette campagne a bénéficié du soutien indispensable de la communauté internationale et du gouvernement malgache, grâce à des financements directs et des dons de pesticides.

Les contributions pour le programme de lutte antiacridienne ont été confirmées par la Belgique, la Banque mondiale, le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), la France, la Norvège.


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