Madagascar

42 millions de dollars du FMI pour Madagascar

Pour faire face aux besoins urgents

Témoignages.re / 20 novembre 2015

Dans un geste pour aider Madagascar à faire face aux besoins urgents de balance des paiements, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un décaissement de 42,1 millions de dollars américains en aide financière pour l’île de l’Océan Indien, en vertu de la Facilité de crédit rapide (FCR), a annoncé l’institution financière, jeudi.

Dans un communiqué de presse, le FMI a déclaré que la demande d’assistance des autorités malgaches fait suite au premier décaissement FCR d’environ 42,1 millions de dollars approuvé par le Conseil exécutif le 18 juin 2014.

Selon le communiqué, l’environnement économique reste difficile à Madagascar. La reprise amorcée en 2014 n’a pas réussi à gagner un nouvel élan en raison de la baisse des prix des produits de base, des chocs liés aux conditions météorologiques et aux faiblesses structurelles profondes.

« Dans ce contexte, l’investissement privé est également resté faible. La croissance devrait atteindre 3,2 pour cent en 2015, avec à la fin de l’année une inflation contenue à 7,9 pour cent », a noté le conseil.

Suite à la discussion du conseil d’administration, le directeur général adjoint du FMI et président par intérim, Mitsuhiro Furusawa, a déclaré : « dans ce contexte, le financement et les besoins de la balance des paiements ont grandi. Néanmoins, les politiques des autorités au cours des six derniers mois ont réussi à préserver globalement la stabilité macro-économique et la durabilité de la dette. Le décaissement au titre de la facilité de crédit rapide du Fonds devrait aider à catalyser le soutien des donateurs ».

Malgré les défis auxquels fait face Madagascar, les politiques macro-économiques ont généralement réussi à maintenir la stabilité et la durabilité économique en 2015.

Importantes mesures

Les autorités ont commencé à mettre en œuvre d’importantes mesures visant à renforcer la stabilité macro-économique, en particulier pour améliorer la génération de revenus, améliorer la qualité des dépenses budgétaires, renforcer les opérations de la Banque centrale et améliorer le fonctionnement du marché des changes.

Selon le FMI, l’objectif ultime de la politique est d’accroître les dépenses sur les infrastructures essentielles et le développement social pour garantir une croissance forte pro-pauvre et durable, qui renverse la détérioration des indicateurs de développement. Le gouvernement a également adopté une nouvelle stratégie pour lutter contre la corruption et améliorer la gouvernance.

Affirmant que le gouvernement de Madagascar a pour objectif de renforcer la croissance et de réduire la pauvreté sur une base durable, M. Furusawa a déclaré : « Cela nécessitera des investissements publics plus élevés dans le capital physique, humain et institutionnel ».

Avec les efforts pour créer l’espace budgétaire nécessaire axé sur le relèvement du niveau actuellement bas de la collecte des revenus combiné avec une meilleure hiérarchisation des dépenses, il a suggéré que la gouvernance économique plus forte, y compris une stratégie de lutte contre la corruption, est nécessaire pour améliorer l’efficacité du secteur public et améliorer le climat des affaires, favorisant ainsi la croissance tirée par le secteur privé.

Moins de subventions pour la JIRAMA et Air Madagascar

Les nouvelles mesures de Madagascar pour améliorer l’administration fiscale mettent l’accent sur l’augmentation du respect de la conformité, la prévention de la fraude, l’élimination de certaines exemptions et la lutte contre le grand secteur informel.

Pour améliorer la qualité des dépenses, les autorités élimineront les subventions inefficaces aux combustibles et réduiront la nécessité pour les transferts aux entreprises publiques déficitaires, y compris la société d’énergie JIRAMA et Air Madagascar.

Les autorités devront aussi prendre des mesures pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés intérieurs et de régler rapidement le stock existant, tandis que la recapitalisation en cours de la banque centrale, la révision de son cadre juridique et la gestion de la liquidité bancaire plus active vont renforcer la capacité de sauvegarder les prix et la stabilité du secteur financier.


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