Madagascar

52 millions de dollars pour valoriser une richesse de la Grande Île

La Banque mondiale va soutenir la conservation de la biodiversité

Témoignages.re / 27 juin 2011

La Banque mondiale a annoncé mercredi une subvention de 52 millions de dollars pour soutenir les efforts de conservation dans 30 parcs nationaux et trois nouvelles zones protégées, couvrant une superficie de 2,7 millions d’hectares de terre à Madagascar.

Le conseil d’administration de la banque a approuvé ce financement supplémentaire pour continuer à soutenir le secteur de l’environnement dans cette République insulaire de l’océan Indien qui abrite une des biodiversités les plus rares et menacées du monde.
« Madagascar est un des pays les plus pauvres du monde mais il est doté de certaines des ressources naturelles les plus riches du monde », a déclaré Haleh Bridi, le directeur Pays de la Banque mondiale pour Madagascar.
« La biodiversité à Madagascar est une ressource importante pour le monde entier et un bien public irremplaçable. Nous ne pouvons pas ne pas la protéger », a ajouté M. Bridi.

Reprise du programme de la BM

Accordé par l’Association internationale de développement (IDA), le Fonds de la Banque mondiale pour les pays pauvres et comprenant une subvention de 10 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), ce financement supplémentaire va subventionner les activités de conservation, de développement communautaires et d’éco-tourisme au cours des trois prochaines années à travers les zones de conservation exploitées par les Parcs nationaux de Madagascar (PNM).
Comme l’a annoncé la banque, ce financement supplémentaire a été approuvé dans le contexte d’une crise socio-politique qui dure depuis deux ans à Madagascar et qui a beaucoup affecté l’environnement ainsi que le développement humain et économique.
Depuis mars 2009, le programme de la Banque mondiale à Madagascar était suspendu du fait de sa politique de ne pas traiter avec des gouvernements de fait ayant accédé au pouvoir par des moyens non reconnus par la Constitution du pays.
Le projet nécessitant un financement supplémentaire devait prendre fin le 30 décembre prochain. Le financement supplémentaire accordé mardi par la Banque mondiale va couvrir la lutte contre une dégradation supplémentaire de l’environnement causée par la situation politique, indique la banque.
« Notre soutien va aider à protéger la flore et la faune unique de l’île maintenant à l’avenir », a déclaré Jamal Saghir, le directeur pour le Développement durable en Afrique de la Banque mondiale.

Soutien à 200.000 familles

Ce financement va se concentrer sur les activités de surveillance et de contrôle dans les zones protégées, mais une grande partie des fonds sera consacrée à lutter contre la pauvreté dans les communautés rurales isolées autour des zones protégées où 200.000 ménages vivent dans une misère totale.
Environ 15 millions de dollars seront consacrés à des activités qui vont aider ces ménages à améliorer leurs conditions de vie et à s’engager plus activement dans la gestion des zones protégées.
En outre, ce financement va soutenir la création et l’exploitation de mécanismes de financement durables à travers le développement de l’éco-tourisme et d’une contribution de 10 millions de dollars au capital d’un fonds de dotation dont les intérêts vont financer les principaux coûts de la gestion des parcs nationaux.

« En améliorant les conditions de vie des populations vivant près des parcs, nous renforcerons la viabilité de ces parcs, tout en assurant la protection des espèces végétales et animales qui y vivent », a déclaré Jean-Christophe Carret, économiste principal de l’Environnement pour le Bureau Pays de la Banque mondiale à Madagascar.
Le financement sera également utilisé pour mettre en place des mécanismes pour s’assurer qu’à l’avenir, les Parcs nationaux de Madagascar deviendront plus indépendants pour gérer leurs coûts et moins dépendants de l’aide extérieure.
La banque indique que ce financement ne serait pas accordé directement au gouvernement de Madagascar mais acheminé par le biais d’entités indépendantes.


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