Madagascar

Absence d’accord en Rajoelina et Ravalomanana : la SADC se tourne vers autres acteurs de la crise

Instabilité politique à Madagascar

Témoignages.re / 13 août 2012

La Communauté de développement d’Afrique australe SADC décide de consulter les autres acteurs de la crise pour tenter de trouver une solution à la principale pierre d’achoppement pour la mise en œuvre de la feuille de route signée en septembre 2011 : le retour à Madagascar de Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud.

C’est le vice-ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Marius Fransman, qui dirige la délégation de la Troïka, l’organe de la coopération politique et de la sécurité de la SADC pour sa énième mission à Madagascar. « Nous venons ici pour nous entretenir avec les parties prenantes et pour leur raconter ce qui s’est passé là-bas », a déclaré Marius Fransman à son arrivée à l’aéroport.
Le Sommet de la SADC de juin avait exigé une rencontre entre le président de la Transition Andry Rajoelina et l’ancien président Marc Ravalomanana, pour trouver des solutions au blocage de la mise en œuvre de la feuille de route. Mais après l’absence d’accord entre ceux qui étaient considérés comme des acteurs-clés de la crise à l’issue de deux rencontres aux Seychelles, la Troïka a décidé de revenir à Madagascar pour consulter les autres acteurs de la crise. « Nous nous sommes rendu compte qu’ils ne sont pas les seuls à Madagascar et que personne ne doit tenir en otage l’avenir du pays », a souligné Marius Fransman.
Outre les entités politiques signataires de la feuille de route, la délégation conduite par le vice-ministre sud-africain devrait également rencontrer les organisations de la société civile, les responsables des forces de sécurité ainsi que les magistrats.
Les magistrats devraient notamment apporter leur point de vue sur le statut de l’ancien président Marc Ravalomanana qui avait été condamné par la Cour criminelle d’Antananarivo à des travaux forcés à perpétuité pour les événements du 7 février 2009 au cours desquels des dizaines de manifestants ont trouvé la mort devant le palais présidentiel alors qu’il était encore chef d’État.
Si, pour les partisans de Rajoelina, la peine prononcée par la Cour criminelle devrait immédiatement être appliquée contre l’ancien président dès son retour à Madagascar en vertu de l’article 45 de la feuille de route, pour ceux de Marc Ravalomanana par contre, cette disposition n’a pas à être appliquée dans la mesure où le procès contre leur chef de file n’a été qu’un simulacre de procès, et que leur dirigeant doit plutôt bénéficier d’un arrêt de poursuite conformément aux articles 16 et 17 de la feuille de route.
Pour eux, en vertu de l’article 20 de la feuille de route, l’ancien président doit pouvoir revenir au pays sans condition aucune.
Trouver une solution acceptable par tous sur cette pierre d’achoppement sera l’une des principales missions de la SADC durant les prochaines 48 heures.
Un rapport devrait ensuite être présenté devant le Sommet des chefs d’État de la SADC qui se réunira à Maputo le 17 août prochain.

Madagascar pourrait réaliser l’autosuffisance en riz d’ici 2018

Madagascar devrait avoir une autosuffisance en riz d’ici l’année 2018, a affirmé le ministre de l’Agriculture de la Transition malgache, Roland Ravatomanga, en marge de la visite de la délégation de l’Africa Rice (centre de riz pour l’Afrique) conduite par son directeur général, Marco Wopereis.
Madagascar doit atteindre la production de 12 millions de tonnes de riz par an pour assurer cette autosuffisance en riz, car la Grande-Ile a ses atouts et les ressources nécessaires pour devenir un producteur de riz et d’en améliorer la production, a indiqué M. Ravatomanga dans un communiqué officiel publié jeudi.
Avec l’augmentation de la production, l’importation de riz de Madagascar va diminuer jusqu’à 10 à 20% par an, selon le ministre.
La visite de l’Africa Rice à Madagascar entre dans le cadre de l’amélioration de la riziculture à Madagascar en vue d’en augmenter tant en quantité qu’en qualité cette production.
La consommation de riz à Madagascar augmente de 7% par an, et il faut prévoir cette augmentation dans la production, a indiqué Marco Wopereis.
Une collaboration dans le domaine de la recherche entre l’Africa Rice et le Centre national de Recherche appliquée au Développement rural (FOFIFA) sera réalisée prochainement et une feuille de route pour la riziculture est envisagée.
Madagascar est membre de l’Africa Rice depuis 2008, mais suite à la crise politique qui a sévi dans le pays, cette opportunité n’a pas été exploitée comme elle se doit.


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