Madagascar

Andry Rajoelina soutient la décision de la Commission électorale spéciale

Madagascar : Objectif 2018 pour le président de la HAT

Témoignages.re / 25 août 2013

Vendredi soir, le président de la Haute Autorité de la Transition a donné sa position suite à la décision de la Commission électorale spéciale. Cette instance a choisi d’exclure huit candidats de la prochaine présidentielle, dont celle d’Andry Rajoelina. Le motif retenu pour ne pas retenir la candidature du président de la HAT est un dépôt hors délai. Andry Rajoelina prend acte et se tourne vers l’élection qui devra se tenir en 2018. "L’Express" rend compte des principaux points du discours du président de la HAT.

Andry Rajoelina apporte son eau au moulin du courant menant vers les élections avant la fin de l’année . « Je suis conscient de l’attente du peuple malgache pour les élections. C’est pourquoi je respecte la décision de la Cour électorale spéciale (CES) », a-t-il déclaré lors de son discours à la Nation, hier (vendredi-NDLR) soir. « J’exhorte les citoyens sans exception et les responsables à tous les niveaux à collaborer pour la tenue des élections dans la sérénité, selon le calendrier électoral fixé par la Commission électorale nationale indépendante pour la Transition (CENIT), afin de mettre fin à la Transition » , a-t-il ajouté. 

Comme l’on pouvait s’y attendre, le président de la Transition s’est exprimé officiellement pour le processus électoral en cours. « Mon amour pour notre patrie est beaucoup plus important que mon ambition présidentielle », a-t-il avancé pour expliquer son « effacement », assénant au passage un coup diplomatique à la mouvance Ravalomanana, qui conteste la décision de la CES excluant sa candidate. « C’est l’intérêt supérieur de la Nation et l’aspiration du peuple qui priment », a soutenu le président de la Transition. 
Celui-ci donne, en même temps, rendez-vous à ses partisans. « Ne soyez pas tristes. Nous regardons ensemble vers l’avenir », a-t-il indiqué, comme pour rappeler son discours à Toamasina pour la présidentielle de 2018.

Le discours d’Andry Rajoelina « en tant que président de la Transition et premier responsable du pays » a été attendu après la décision de la CES et celle de la CENIT. Celui-ci entre dans le cadre d’une série d’annonces internationales pour soutenir le processus en cours après la pression exercée pour arriver aux résultats actuels. 

Le Japon « félicite officiellement le progrès important réalisé ces derniers jours », a fait savoir un communiqué émanant de son ambassade, vendredi. Le pays qui contribue au financement des élections se félicite de l’ « avancement essentiel pour une sortie de crise politique » tout en réaffirmant « sa disponibilité à poursuivre son soutien aux efforts déployés par les autorités pour l’organisation des élections au strict respect de la Feuille de route ».

La Communauté de développement de l’Afrique australe, la France, l’Organisation internationale de la Francophonie se sont empressées d’annoncer leur soutien à la démarche actuelle. Outre le message de félicitation, l’Union africaine avait brandi la menace de sanctions contre ceux qui se mettraient en travers du processus, dans le but d’essayer de tuer dans l’œuf toute velléité de remise en cause de celui-ci.

« Un scénario “à la Poutine” pour Rajoelina ? »

RFI explique que la mouvance de Marc Ravalomanana est la grande perdante de la décision de la Commission électorale spéciale, car elle n’avait qu’un candidat qui vient d’être exclu du scrutin. Andry Rajoelina, Didier Ratsiraka et Albert Zafy ont des alliés parmi les 33 candidats à l’élection présidentielle qui devra se tenir d’ici la fin du mois d’octobre.

« Andry Rajoelina fait partie des trois candidats exclus à l’élection présidentielle. Dans un discours à la nation vendredi 23 août, le président de la Transition a appelé les citoyens à soutenir ces élections et a promis de transmettre le pouvoir au nouveau président élu de manière pacifique et démocratique.

Les adversaires d’Andry Rajoelina sur la scène malgache ne croient pas qu’il va abandonner la politique. Ralison Andriamandranto, coordinateur du Sefafi, l’observatoire de la vie publique, rappelle que le président de la Transition a demandé à plusieurs reprises depuis un an que les législatives aient lieu avant la présidentielle. Et selon Jean-Eric Rakotorarisoa, professeur de Droit constitutionnel à l’Université d’Antananarivo, rien n’empêche Andry Rajoelina, sur plan légal ou technique, de devenir Premier ministre.

Pour ça, bien sûr, il faudrait qu’un pro-Rajoelina remporte l’élection présidentielle. Et justement, sur les 33 candidats en lice, 13 ont été, ou sont encore, des proches du président de la Transition. Des candidats bien placés.

Selon des sources au sein des milieux politiques malgaches, il est fort probable que le futur président de Madagascar soit un ami d’Andry Rajoelina. Selon ces mêmes sources, Andry Rajoelina aurait ainsi le choix de devenir Premier ministre, ministre, ou député, avant de se représenter, librement, en 2018. »

(Source RFI)
La SADC soutient la nouvelle liste de 33 candidats

L’ancien président de la République de Mozambique et non moins médiateur de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour la crise malgache, Joaquim Chissano, a annoncé lors d’une conférence de presse, vendredi à Antananarivo, la capitale malgache, que la SADC soutient la décision de la Cour Electorale Spéciale (CES) et du calendrier électoral publié jeudi.

L’équipe de la médiation de la SADC s’est félicitée de la publication par la CES malgache de la liste des candidats présidentiels et accueille avec satisfaction la fixation par la Commission Electorale Nationale Indépendante pour la Transition (CENIT), en consultation avec les Nations unies, de la date du premier tour de l’élection présidentielle au 25 octobre 2013, et celle d’un éventuel deuxième tour, jumelée aux élections législatives, au 20 décembre 2013.

« L’équipe de la médiation de la SADC soutient pleinement la décision de la CES qui a restauré la légalité dans la liste des candidats aux élections présidentielles, en se conformant aux lois pertinentes de Madagascar », a précisé Joaquim Chissano.

« L’équipe de médiation souligne que la décision de la CES ainsi que celui de la CENIT constituent un pas important vers la création des conditions nécessaires pour l’organisation, avec le soutien de la communauté internationale, d’élections crédibles à Madagascar, un événement historique qui marque le rétablissement de l’ordre constitutionnel au pays », a-t-il continué.

Par ailleurs, Joaquim Chissano a exhorté les partenaires internationaux de Madagascar à apporter tout le soutien financier, technique, matériel et logistique nécessaire pour la tenue d’élections libres, équitables, transparentes et crédibles cette année à Madagascar et à accompagner le relèvement socio-économique du pays. En outre, l’équipe a réitéré la détermination de la SADC d’appliquer, en collaboration avec l’Union africaine, le groupe international de contact sur Madagascar (GIC-M) et l’ensemble de la communauté internationale, des sanctions robustes ciblées à tous ceux qui cherchent à saper la bonne exécution du processus électoral.

La SADC a concocté la feuille de route en vue de sortir Madagascar de la crise débutée en décembre 2008. La tenue des différentes élections après la mise en place des institutions de la transition est préconisée par cette feuille de route.


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