Madagascar

Célébration du 58e anniversaire du parti AKFM

Le 12 novembre dernier à Antananarivo, Madagascar

Lanto Ramahefarisoa / 7 janvier 2017

Le 12 novembre dernier, l’AKFM célébrait son 58e anniversaire. Ayant appris le matin même le décès de Paul Vergès, l’AKFM a salué sa mémoire ainsi que celle de tous les anciens dont Gisèle Rabesahala, dirigeante historique de l’AKFM. Voici le compte-rendu de cet événement. Dans notre prochaine édition, il sera question de l’intervention du président de l’AKFM ainsi que du message du PCR dit par Simone Yée Chong Tchi Kan.

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Visite de l’exposition saluant les 58 ans de l’AKFM.

58 ans d’existence – c’est une période assez longue et significative en termes d’expérience pour un parti politique. C’est un âge respectable pour un humain.

58 ans de lutte pour l’indépendance véritable de Madagascar et le bien-être social du peuple marquent la voie suivie par le parti AKFM.

58 ans n’est pas encore l’âge d’un jubilé éventuel ; mais le parti AKFM a tenu à profiter de la date mémorable de sa création, le 10 novembre 1958, pour réunir ses membres et ses sympathisants afin de se pencher ensemble sur les problèmes récurrents, quasi inextricables causés par la crise et la difficulté du Gouvernement à la résoudre.

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Début des manifestations avec le président AKFM et les pionniers chantent l’hymne national.

Le but de cette manifestation consiste à conscientiser une fois de plus l’opinion des militants du pays, dont les représentants ont été invités à ladite célébration, sur les attitudes de certaines organisations politiques inscrites dans le pays, et à revoir le vrai rôle des partis politiques dans la Grande île.

Voici la liste des représentants de partis, de syndicats, d’organisations sociales démocratiques invités de Madagascar, présents à la célébration :

- Les partis : AREMA, DHD, Avotra ho an’ny Firenena, SOLIDE, MAPAR,

- Les anciens syndicalistes sympathisants de l’AKFM, le syndicat FISEMARE,

- Les organisations démocratiques : Le Comité de Solidarité de Madagascar, l’organisation des Femmes – FVFF, les anciens membres de l’organisation des pionniers de l’AKFM (TBM),

- Les étudiants effectuant leur recherche concernant le parti AKFM.

Hommage à Paul Vergès et Gisèle Rabesahala

Cette commémoration a débuté par le discours d’ouverture de la journée du Président National.

Eric Rakotomanga. Il a rappelé qu’à l’occasion d’une telle célébration il est de rigueur de rappeler la mémoire de ceux qui ont fait actuellement de l’AKFM un vrai parti, et ce, surtout au moment où il célèbre la 58e année de son existence et de lutte sans relâche pour la Liberté, l’indépendance, la souveraineté de notre Patrie.

Ce rappel est d’autant plus important aujourd’hui même, car nous venons d’apprendre que notre cher Camarade Paul Vergès est décédé ce matin-même (NDLR – la commémoration a eu lieu le 12 novembre). Nous savons tous, le rôle que le Camarade Paul Vergès, avec notre Camarade Gisèle Rabesahala, a joué dans la lutte du peuple réunionnais, des peuples de notre région en général et à Madagascar en particulier pour la solidarité et l’amitié. Nous savons que c’est une très grande figure de cette lutte. Et par conséquent, c’est avec une grande tristesse que nous apprenons aujourd’hui son décès.

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Minute de silence (la photo représente les invités des divers partis..)

Les participants ont observé une minute de silence pour tous ces camarades qui nous ont quittés.

Ce 58e anniversaire ce fut l’occasion pour l’AKFM d’ouvrir un débat sur le rôle historique des partis politiques malgaches en général, et plus particulièrement dans la situation actuelle.

Les représentants des partis politiques présents ont été invités à débattre, dans l’après-midi, sur un thème intitulé « Le rôle des partis politiques dans l’évolution de l’histoire de Madagascar ».

Les participants ont ensuite visité l’exposition qui retrace, d’une façon très succincte, l’Histoire de l’AKFM à travers l’Histoire contemporaine de Madagascar.

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Témoignage de solidarité de Simone à travers les exposés du journal Témoignages.

Le président Rakotomanga a rappelé également les liens d’amitié et de solidarité entre l’AKFM et le PCR qui durent depuis des décennies. La présence effective de La camarade Simone Yée Chong Tchi Kan parmi les militants et les invités de l’AKFM a été un témoignage frappant de l’intérêt que le PCR réserve pour l’AKFM.

Ce à quoi, la camarade Simone Yée Chong Tchi Kan est intervenue pour donner lecture du message du PCR.

Mais la camarade Simone Yée Chong, c’est aussi plus d’une trentaine d’années de solidarité et d’actions au côté de la regrettée Gisèle Rabesahala et des camarades malgaches. A cet effet, les camarades malgaches ont souhaité que la camarade apporte son témoignage aux côtés des vétérans responsables du parti, témoignant de leur attachement au parti AKFM.

Son initiative d’avoir exposé quelques pages des archives du PCR concernant nos relations fraternelles a vraiment fait vibrer les fibres des cœurs, car personne, ni les membres de l’AKFM, ni les invités ne s’attendaient à ce que les liens entre nos partis dirigés par les personnes illustres Paul et Gisèle soient révélés à cette journée de commémoration. Merci de tout cœur.

Interventions des anciens

La fin de la matinée a été consacrée aux interventions d’anciens responsables du parti et de vétérans du parti, témoignant de leur attachement à l’AKFM :

Jean Noël Randrianantoandro, tailleur, couturier, originaire d’Ambohimahasoa (Fianarantsoa), a relaté la lutte de ses parents, de ses collatéraux et de ses voisins durant les événements de Mars 1947, et comment, dès son jeune âge, en tant qu’écolier, il a senti les affres de la colonisation, a vu les tortures infligées à la population d’Ambohimahasoa.

De ce fait, appartenant à une famille de militants, il a décidé de se mettre aux côtés des siens et continuent la lutte patriotique au sein de l’AKFM. Il est actuellement conseiller politique de l’AKFM.

Rafidimanana, cultivatrice, éleveuse, originaire du village d’Ambohitrimanjaka, situé à une quinzaine de kilomètres d’Antananarivo, est la fille du combattant de 1947, Ratsimba. C’est chez eux qu’ont été hébergés les exilés politiques de diverses régions de l’île. La camarade Rafidimanana, actuellement septuagénaire, est une militante fervente du parti dans sa région.

Raphael Rasoamanana, fonctionnaire retraité, originaire d’Antananarivo, un des piliers de l’AKFM, membre du bureau du Comité Régional d’Antananarivo. Fier de son ascendance, car issue d’une famille très connue dans le militantisme patriotique de 1947, il fait preuve d’une fidélité exemplaire au parti AKFM. Sa vie de retraité, il la consacre en grande partie aux activités du parti.

Marcelle Rasoamihanta Ramamonjisoa. Retraitée d’entreprise, originaire d’Antananarivo, membre fervente des diverses branches du parti (la jeunesse FTDM, mue en KDTM, le syndicat FISEMARE, l’association des femmes FVFF, le Comité de Solidarité de Madagascar…), et bien sûr du parti AKFM, elle s’est investie volontairement dans la lutte patriotique, car étant fille et sœur de militants exilés en 1947, elle a décidé dans sa jeunesse de grossir les rangs des militants politiques. Jusqu’à présent elle manifeste sa fidélité aux idéaux du parti et participe activement à ses manifestations.

Lanto Ramahefarisoa, enseignant-chercheur, originaire d’Antananarivo, ancien membre du Secrétariat National du parti, structure provisoire érigée par le 13e congrès en 1998, en vue d’assurer la relève des dirigeants de l’AKFM. Bien que n’ayant adhéré à aucune branche du parti, elle a rejoint l’AKFM par la seule conviction que ce parti pourrait mener à bien la lutte pour le développement du pays, vu son idéologie, ses objectifs et son envergure dans le pays. Elle est actuellement conseillère politique de l’AKFM.

Noelson Ratsangana II : cultivateur, éleveur, originaire de Maroharona (Fianarantsoa), est un membre militant fervent du parti, défenseur infatigable des droits du parti à toutes les instances de la direction du pays, particulièrement en matière d’élections. La suite logique de ses activités, de ses engagements sociaux et patriotiques dès l’enfance (car issu d’une famille de patriotes, militants du mouvement 1947) au sein de l’organisation de jeunesse KDTM, dictés par sa ferveur de lutte nationaliste l’a conduit au parti AKFM. Il est actuellement conseiller politique de l’AKFM.

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Débat de l’après midi, mené par le Professeur Lucile Rabearimanana, historienne.

Débat sur le rôle des partis dans l’histoire

La deuxième partie de la journée a été réservée aux échanges de vues politiques basées sur la place et le rôle des partis politiques malagasy dans le processus historique du pays.

Un exposé introductif a été présenté par le Professeur Lucile Rabearimanana, historienne, au cours duquel elle a :

- défini les raisons d’être et les objectifs universels d’un parti politique,

- retracé les bornes de l’éthique politique,

- délimité les périodes de bouleversements politiques à Madagascar.

Puis après avoir passé en revue les attitudes des différents partis politiques ayant accédé au pouvoir depuis la proclamation de l’Indépendance de Madagascar, elle est arrivée à la conclusion suivante :

- les partis adverses des gens au pouvoir sont laissés pour compte par l’Etat,

- la corruption et le népotisme dominent en haut lieu,

- les partis AKFM et MONIMA sont, jusqu’ici, les partis fondés sur des idéologies politiques fermes, et existent sur des bases humanitaires.

Les intervenants ont :

- formulé des critiques à l’endroit du parti au pouvoir, notamment sur ses difficultés à mener les affaires du pays, à maîtriser l’insécurité,

- émis des remarques sur l’inefficacité de la collaboration des partis adverses,

- qualifié la période actuelle à Madagascar de « pré-révolutionnaire », mais en quête de combattants,

- prôné le possible abandon de la voie de changement démocratique (citant l’échec du Gabon, de la Côte d’Ivoire, de Madagascar),

- suggéré une utilisation beaucoup plus intense de la technologie moderne pour la propagande idéologique des partis tels que AKFM et MONIMA.

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Des chants et danses par des jeunes étudiants.

La question des mines

Durant le débat, plusieurs intervenants ont évoqué le problème d’exploitation de minières de groupes d’étrangers tout aussi bien dans tous domaines économiques… La Camarade Simone Simone Yée Chong Tchi Kan, prenant la parole, a informé l’auditoire au sujet de la chaîne humaine d’environ 5000 personnes organisée récemment à La Réunion contre l’exploitation des carrières et protestant contre la construction de la route la plus chère du monde à La Réunion. Ce niveau de mobilisation n’est pas encore atteint face au phénomène de l’exploitation des carrières à Tamatave pour l’envoi de roches à La Réunion.

La facilitation durant la discussion a été assurée par Tojo Andrianasolo, étudiant en histoire à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université d’Antananarivo, effectuant de la recherche sur le parti AKFM.

De notre correspondante à Madagascar
Lanto Ramahefarisoa