Madagascar

La peste frappe à Madagascar

Conséquence de la pauvreté et du changement climatique

Témoignages.re / 28 février 2011

Dans un article publié mardi, "L’Express" de Madagascar alerte sur une autre catastrophe qui touche la Grande Ile : la peste. Plusieurs victimes ont été dénombrées officiellement. Les causes de cette épidémie se situent dans le changement climatique et la précarité. Voici le contenu de cet article.

L’épidémie de peste a frappé fort en ce mois de février. Ainsi, 18 personnes ont succombé à cette maladie en moins d’une semaine dans différentes localités de la Grande Île.
« 14 personnes ont été victimes de la peste pulmonaire dans un village situé à 65 km du district d’Ambilobe, sur les 19 infectées vers la fin de semaine », relate Jean de Dieu Marie Rakotomanga, secrétaire général du Ministère de la Santé. Mais les victimes de cette épidémie ne se sont pas arrêtées dans la région de Diana, au Nord-Ouest du pays. « Trois personnes ont été tuées aussi par la peste pulmonaire dans le district de Brickaville sur les quatre infectées en fin de semaine », continue le secrétaire général du Ministère de la Santé. Cette maladie a fait également une autre victime à la porte de la capitale. « Une fillette d’une dizaine d’années a succombé à la peste bubonique, la semaine dernière, à Ambohimangakely », indique toujours Jean de Dieu Marie Rakotomanga.
De cette façon, la peste se décentralise aujourd’hui. « Car les districts d’Ambilobe et de Brickaville ne font pas partie du triangle du foyer de la peste », précise le secrétaire général du Ministère de la Santé.

Par voie respiratoire

Ce sont les districts de Tsaratanàna et de Mandoto ainsi que leurs environnants qui sont les principaux foyers de cette épidémie. Les principales causes évoquées pour expliquer cette apparition de la peste dans ces zones étant le changement climatique et la précarité de l’hygiène. « La durée de la saison pluvieuse est diminuée à quelques semaines seulement au lieu d’être de quatre mois. Ainsi, le beau temps favorise le déplacement des rats », explique Nirina Yollande Raoelina, directeur au sein de la Direction des urgences et de la lutte contre les maladies (DULMD).
Aussi, les rats sont de plus en plus en contact avec la société à cause du changement de climat combiné à l’insalubrité. Car les déchets constituent les premières nourritures de ces rats en vagabondage.
Mais la méconnaissance des premiers signes de cette maladie retarde aussi son traitement, provoquant des victimes. « La première victime n’a pas alerté le village dans le district d’Ambilobe. Car les villageois n’ont alerté les médecins qu’une fois que trois personnes dans une seule famille ont succombé à la peste. Pourtant, la maladie a déjà infecté plusieurs personnes, car le microbe se transmet par voie respiratoire », raconte Jean de Dieu Marie Rakotomanga.
Dans la commune d’Ambohimangakely, la famille de la jeune fille a jugé la fièvre et le toux de la petite aussi comme une grippe. « Ainsi le traitement est trop tard malgré notre intervention. De plus, la petite a refusé d’aller à l’hôpital si sa mère n’est pas encore venue », se plaint Minosoa Saholy Razafindravao, médecin inspecteur du service de district de la Santé publique d’Antananarivo Avaradrano.


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