Madagascar

Le pouvoir de Transition décide de mettre en place une assemblée constituante en mai 2010

Madagascar : Encore un ultimatum de la Communauté internationale !

Témoignages.re / 24 février 2010

Les démarches de la Communauté internationale conduite par le Groupe international de contact (GIC), sous la houlette de M. Jean Ping, Secrétaire général de la Commission de l’Union Africaine, continuent de soulever des vagues au sein de l’opinion publique malgache.

Il est maintenant évident que l’Union Africaine (et avec elle ladite Communauté internationale) fait la sourde oreille à toutes les explications fournies par Andry Rajoelina et ses collaborateurs, en soutenant mordicus que l’application de la Charte de Maputo et de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba est la seule issue pour sortir de la crise malgache.

Au cours des semaines écoulées, des délégations de la Haute Transition se sont rendues en France, aux Etats-Unis, en Afrique pour tenter de convaincre les décideurs de ces pays des véritables raisons qui ont provoqué le mouvement populaire de janvier 2009, qui a abouti à la démission de Marc Ravalomanana.
En résumé, ces missionnaires ont fait valoir l’engagement du régime transitoire à tracer un nouveau départ pour Madagascar et rompre avec le passé, en créant les conditions pour la tenue d’élections régulières et transparentes, et surtout pour rendre au peuple malgache sa fierté et sa dignité. Ils ont annoncé entre autres :

- La formation d’une Commission nationale électorale indépendante (CENI)

- La révision du Code électoral souhaitée par l’ensemble de la classe politique

- L’utilisation du bulletin unique

- La mise à jour du fichier électoral

- L’accessibilité de toutes les parties concernées à la liste électorale.

Cette campagne d’information fut réalisée en prévision de la réunion d’Addis-Abeba convoquée par l’Union Africaine le 18 février, afin de définir la position de l’Organisation face à la crise malgache. Le Commissaire Jean Ping, lors de son discours d’ouverture à Addis-Abeba, devait donner le ton en réaffirmant que la réunion devait coordonner les vues des participants et envisager d’un commun accord les actions à venir « sur la base des principes et des pratiques de nos pays et organisations respectifs », à « commencer par la doctrine de l’Union Africaine en matière de changement anticonstitutionnel de gouvernement ».

Il est évident que ces exigences couvrent en fait une condamnation du Régime de Transition et de Andry Rajoelina ainsi que le souhait de l’Union Africaine d’un retour de Marc Ravalomanana, au pouvoir sous le couvert des Accords de Maputo, et de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba (qui, soulignons-le, prévoient entre autres, d’amnistier Marc Ravalomanana pour tous les crimes et délits commis contre son peuple et son pays !).

Au fait de ces exigences inacceptables, Andry Rajoelina, lors d’un point de presse tenu le mercredi le 17 février, devait réaffirmer que les élections étaient la seule option valable pour une sortie de crise, il informait qu’une Assemblée Constituante serait mise en place lors d’élections qui se tiendraient en mai 2010. « Madagascar appartient aux Malgaches, devait-il souligner, il revient aux Malgaches de décider de leur avenir ».

A l’issue de la réunion d’Addis-Abeba, les dignitaires de l’Union Africaine devaient annoncer que Andry Rajoelina avait jusqu’au 17 mars pour réviser sa position sous peine de sanctions ;

On se doute de l’indignation soulevée par ces menaces, les porte-parole de partis politiques de diverses tendances sont unanimes à marteler dans les médias : « plutôt des sanctions que le retour de Marc Ravalomanana ».

Même si Andry Rajoelina fait face à des défections dans son camp, défection illustrée par la récente démission du Vice-ministre des Affaires Etrangères, Ny Hasina Andriamanjato, par ailleurs chaudement félicité par les mouvances Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy Albert, ce chantage de la Communauté internationale ne fait qu’exacerber les sentiments nationalistes au sein de l’opinion, lasse de ces ultimatums répétés, qui font fi de sa dignité et de sa souveraineté nationale.

B.Y.


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