Madagascar

Les agriculteurs de Madagascar touchés par une succession de catastrophes

Après les cyclones, l’invasion de criquets dans le Sud

Témoignages.re / 15 mai 2013

Les agriculteurs de la province de Tuléar, située au Sud-Ouest de Madagascar, ont été frappés par des inondations, puis par des invasions de criquets pèlerins, qui menacent la sécurité alimentaire de l’une des régions les plus pauvres du pays.

JPEG - 70.7 ko
Vente de grains.
De nombreux agriculteurs de la région ont vu leurs récoltes réduites après le passage du cyclone Haruna en février 2013, encore plus dégradées par l’arrivée des criquets.

Tsitindry, un agriculteur de 52 ans originaire de F ??n ??rive, ?? environ 100 km au Sud de la ville de Tul ??ar, tire d ???habitude un revenu correct de ses sept hectares de terres.  ??Pendant les ann ??es o ?? les pr ??cipitations ??taient bonnes, je pouvais produire 100 sacs de riz et 70 sacs de haricots. Nous en mangions environ 30 pour cent et nous vendions le reste sur le march ??. Gr ??ce aux profits r ??alis ??s, nous achetions ce dont nous avions besoin ; gr ??ce ?? nos ??conomies, nous avons pu acheter quatre z ??bus [b ??tail ?? bosse] ??, a-t-il dit ?? ???IRIN ???.

En f ??vrier 2013, la r ??gion a ??t ?? frapp ??e par le cyclone Haruna et les champs de riz et de ma ??s de Tsitindry ont ??t ?? inond ??s et enti ??rement d ??truits. Il a vendu deux de ses z ??bus pour gagner un peu d ???argent et a attendu que l ???eau se retire pour planter des l ??gumes, mais aujourd ???hui, des essaims de criquets p ??lerins ont envahi ses champs.

 ??Au cours de ces derni ??res semaines, un nombre important d ???agriculteurs sont venus de villages ??loign ??s pour nous demander de l ???aide ??, a dit Dieu Donne Hajasoa, un conseiller technique de l ???ITAFA (Ivotoerana TAntsoroka ho amin’ny FAmpivoarana). Destin ?? aux agriculteurs et aux p ??cheurs, ce centre d ???information financ ?? par le Programme des Nations unies pour le d ??veloppement (PNUD) se trouve ?? Saint-Augustin, un village de p ??cheurs situ ?? ?? 35 km de la ville de Tul ??ar.

 ??Les agriculteurs ont besoin de conseils pour nettoyer leurs champs et de pesticides pour se d ??barrasser des criquets. Sur 25 hectares, au moins 10 ont ??t ?? d ??truits par les inondations. Il a fallu une semaine pour que l ???eau se retire. Et une semaine plus tard, les criquets sont arriv ??s et il ne restait plus que deux hectares de cultures. Nous avons inform ?? les autorit ??s de Tul ??ar, mais elles n ???ont pas les ressources suffisantes pour s ???occuper de ces champs ??.

Les criquets p ??lerins prolif ??rent

Selon l ???Organisation des Nations unies pour l ???alimentation et l ???agriculture (FAO), le cyclone Haruna a non seulement d ??truit des champs et des maisons, mais aussi cr ???? les conditions id ??ales pour la reproduction des criquets p ??lerins. Presque la moiti ?? de Madagascar est aujourd ???hui infest ??e par des essaims d ???insectes sauteurs et volants, chacun comptant des milliards d ???insectes qui d ??vorent les plantes. La FAO estime qu ???environ les deux tiers du pays seront affect ??s par l ???invasion acridienne d ???ici septembre 2013 si aucune mesure n ???est prise. L ???agence s ???est fix ??e comme objectif de collecter 41 millions de dollars pour r ??pondre ?? l ???urgence actuelle et mettre en ??uvre une strat ??gie sur trois ans afin de pr ??venir de nouvelles invasions.
Depuis le d ??but de la crise politique malgache en 2009, le Centre national antiacridien (CNA) n ???a pas ??t ?? en mesure de mener les actions de pr ??vention n ??cessaires en raison, notamment, d ???un manque de fonds.

JPEG - 65.4 ko
Ceux qui ont un coin de jardin peuvent y installer un petit potager pour se nourrir et vendre quelques légumes.

Ailleurs dans la province de Tul ??ar, les agriculteurs et les citadins ont du mal ?? reconstruire leur vie depuis le passage du cyclone Haruna.  ??Le cyclone a frapp ?? pendant la nuit et nous avons mis nos sacs sur le toit. Le matin, nous ??tions contents, car la pluie s ?????tait arr ??t ??e et la maison ??tait en bon ??tat. C ???est ?? ce moment-l ?? que les gens ont commenc ?? ?? courir en haut de la colline. Le barrage venait de c ??der et l ???eau montait vite. Nous avons emmen ?? les enfants sur les hauteurs et nous sommes retourn ??s ?? la maison pour sauver les meubles, mais nous avons d ?? nager pour rejoindre la maison. Nous avons juste r ??ussi ?? fermer les fen ??tres ??, a dit Tiandrainy, un enseignant ?? la retraite de 52 ans qui a v ??cu dans la rue avec sa famille en attendant que les eaux de crue se retirent.

Taux d’int ??r ??t : 50% !

Deux semaines ont pass ?? avant que la famille ne re ??oive de l ???aide, et Tiandrainy a ??t ?? oblig ?? d ???emprunter de l ???argent ?? un taux d ???int ??r ??t de 50 pour cent pour survivre. Aujourd ???hui, il a aujourd ???hui des difficult ??s ?? rembourser ce pr ??t. Il est directeur du groupe d ???un programme nourriture contre travail mis en ??uvre par CARE International et par le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Gr ??ce ?? ce programme, il peut nourrir sa famille, tandis que sa femme essaye de gagner sa vie en tant que commer ??ante. ??Nous essayons de ne pas manger toute la nourriture tout de suite et d ???en mettre de c ??t ?? pour plus tard. Le programme ne durera qu ???un mois et l ???argent gagn ?? par ma femme nous permet de rembourser notre dette ??, a-t-il dit ?? ???IRIN ???.

Les agriculteurs de la r ??gion font pousser des l ??gumes et les vendent sur les march ??s de la ville, mais les champs ont ??t ?? d ??truits par les inondations.
 ?? Miary, un site de distribution du PAM ??tabli en p ??riph ??rie de Tul ??ar, des travailleurs humanitaires comptent avec pr ??cision des tasses de ma ??s.
Cl ??mentine Claudette et ses huit enfants font partie des 3.500 personnes qui b ??n ??ficient de l ???aide alimentaire en ??change du nettoyage d ???un canal d ???irrigation, tandis que son mari essaye de planter quelques pieds de ma ??s.
 ??Nous nous sommes rendus aux champs le lendemain des inondations ??, a dit ?? ???IRIN ??? Mme Claudette.  ??Pendant quelques jours, nous avons ramass ?? des ??pis presque m ??rs pour les manger, mais au bout de quelques jours, tout ??tait mort. L ???eau a mis presque un mois pour se retirer. On aurait dit que nos champs avaient ??t ?? br ??l ??s ; il n ???y avait plus que des plantes mortes. Apr ??s cela, nous avons demand ?? de la nourriture ?? notre famille ??.

Le programme nourriture contre travail va bient ??t prendre fin, mais la famille devra attendre quatre mois pour profiter de la prochaine r ??colte.  ??Nous essayerons de nous en sortir en faisant des petits boulots, comme transporter du bois en ville et produire du charbon de bois ??, a dit Mme Claudette.

Selon les chiffres du PAM, le cyclone Haruna a affect ?? plus de 50.000 personnes dans la r ??gion. 32.000 personnes ont acc ??s ?? l ???aide d ???urgence et plus de 13.000 autres personnes se sont inscrites ?? des programmes nourriture contre travail. Dans la ville de Tul ??ar, o ?? les produits alimentaires sont ?? nouveau disponibles sur les march ??s, ces programmes deviendront des programmes argent contre travail d ??s le mois de mai.

(Source Irinews)

JPEG - 70.7 ko
Vente de grains.
De nombreux agriculteurs de la région ont vu leurs récoltes réduites après le passage du cyclone Haruna en février 2013, encore plus dégradées par l’arrivée des criquets.


Kanalreunion.com