Madagascar

« Madagascar a repris sa place dans le concert des Nations »

Un enseignement du dernier Conseil des ministres de la COI

Témoignages.re / 10 octobre 2011

Dans un entretien au journal “Le Mauricien” publié vendredi, Mme Sylla, ministre des Affaires étrangères de Madagascar, se assure néanmoins que la feuille de route est bien en place et se réjouit que son pays a repris sa place au sein du Conseil des ministres de la COI deux ans et demi après le changement de régime, retrouvant ainsi sa place dans le concert des Nations.

Pour la première fois deux ans et demi après le coup de force d’Andy Rajoelina à la tête de l’État malgache, Madagascar a repris sa place au sein du Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien. « Madagascar a repris sa place dans le concert des Nations », affirme Yvette Sylla, ministre des Affaires étrangères de la Grande Île. Elle annonce également que les élections auront lieu à la fin de la saison des pluies.

C’est donc le retour de Madagascar sur la scène régionale ?
— C’est le retour de Madagascar au sein de la Commission de l’océan Indien. Elle a repris sa place aux côtés des autres îles sœurs de l’océan Indien. Nous sommes allés à l’Assemblée générale des Nations unies récemment. Madagascar reprend donc sa place dans le concert des Nations.
Êtes-vous satisfaite du soutien qu’a accordé la COI à Madagascar durant cette période ?
— Beaucoup. J’ai pris mes fonctions aux Affaires étrangères en mars de cette année et, tout de suite, j’ai reçu la délégation des ministres des Affaires étrangères conduite par Arvin Boolell. Ils ont voulu affirmer qu’ils sont aux côtés de Madagascar. Déjà, la période de transition est une période très fragile. Si en plus, on rompt les relations avec les autres pays, c’est encore plus grave. C’est la porte ouverte à tous les délits. Il n’y a plus de système de contrôle. L’établissement d’un dialogue avec l’extérieur, c’est déjà un système de contrôle.
Comment ont été vos relations avec la SADC ?
— Ils ont eu beaucoup de mal pour comprendre la question malgache. On a mis deux ans et demi pour éclaircir les choses. Ils ne connaissaient pas Madagascar. Ils ont une équipe de médiation conduite par le président Chisano du Mozambique et ils sont venus à plusieurs reprises. Ils ont essayé de comprendre et ils ont compris. Par ailleurs, nous sommes allés leur expliquer où on en était et tout cela a contribué à dénouer la situation.
La feuille de route prévoit-elle la possibilité pour l’ancien président Marc Ravalomanana de revenir dans la Grande Île ?
— Il peut revenir. Par contre, la feuille de route précise dans des annexes que les autorités judiciaires sont souveraines dans leurs actions et leurs décisions. En conséquence, s’il revient, les autorités judiciaires exerceront leurs prérogatives.
Quelles sont les principales étapes fixées par la feuille de route ?
— Tout d’abord, concernant le calendrier électoral, nous avons dit aux Nations unies qu’on aurait souhaité que les élections se fassent à la fin de la saison des pluies. Les premières élections ne sauraient intervenir avant mai 2012. Nous nous attelons à mettre en place les institutions de la Transition telle que le stipule la feuille de route. Elles seront largement ouvertes aux dix parties prenantes qui ont paraphé la feuille de route. Dès que les institutions seront prêtes, on va se préparer avec les Nations unies, l’OIF pour évaluer la marche vers les élections. Avec l’aide de la COI et les autres amis, nous continuerons à faire nos lobbyings en militant pour que les bailleurs de fonds respectent l’engagement pris concernant les projets et que ceux-ci soient mis en place surtout pour ce qu’il s’agit de la protection sociale. Il faut le dire, en deux ans et demi, la population a vu sa situation se dégrader.
Comment se présente la situation économique dans la Grande Île ?
— La situation économique n’est pas brillante. Avec le fait que l’AGOA a été suspendu, beaucoup d’entreprises franches ont fermé. Le chômage doit se situer autour de 50.000 personnes dans les environs d’Antanarivo, qui compte 1,5 million d’habitants.
La situation sécuritaire et alimentaire n’est pas très brillante. On n’enregistre pas un déficit majeur de production de riz, mais il y a un “gap” que nous estimons aujourd’hui autour de 200.000 tonnes. Cela nous embête beaucoup. On a des accords sur la formation à la production, de meilleures cultures, etc. Nous avons une potentialité énorme. À côté de cela, sur le plan de l’emploi, on a des problèmes. C’est également le cas pour la production. Nous avons dû subventionner les produits de première nécessité. Cela ne saurait se substituer à une bonne politique d’investissement de création d’emplois. C’est là que nous essayons de mettre en place une véritable visibilité. Nous allons continuer de rencontrer d’autres personnes. De son côté, la COI demandera à ce qu’on puisse pendre la parole au niveau du Parlement européen. Il y a toujours un discours extrêmement sévère vis-à-vis de Madagascar qui n’est pas proportionnel aux faits et à la réalité.


500.000 hectares de forêts bénéficient d’un programme de protection environnementale

A Madagascar, 500.000 hectares de forêts viennent de bénéficier d’un Programme holistique de conservation des forêts (PHCF), a déclaré samedi l’ONG internationale de protection de la nature et de l’environnement, WWF.

Le programme, mis en œuvre sur 5 sites et 15 secteurs différents depuis 2008 et dont le financement est de 5 millions d’euros, couvre une zone de plus de 500.000 hectares de forêts de grande valeur pour la conservation, dont environ 380.000 hectares sont des forêts tropicales humides et 125.000 hectares de forêts sèches épineuses.
En plus de la conservation, le PHCF vise à protéger 233.000 hectares de forêts considérées comme de nouvelles aires protégées, la restauration sur 110.000 hectares de forêts dégradées de la couverture végétale ainsi que le transfert de gestion de 150.000 hectares.
La réduction des émissions de gaz à effet de serre résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts à Madagascar, l’amélioration des conditions de vie des communautés locales ainsi que la préservation de la biodiversité unique du pays sont les contributions concrètes de ce programme pour la Grande île.


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