Madagascar

Madagascar : La COI parle d’un 1er tour « transparent, fiable et crédible »

Jean-Claude de l’Estrac fait un point sur l’actualité

Témoignages.re / 31 octobre 2013

Le Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien, Jean -Claude de l’Estrac, a tenu un point presse mardi 29 octobre à Ebene, au siège de la COI, afin d’évoquer l’actualité et les actions internationales en cours : Elections à Madagascar : retour de la mission d’observation ; Participation de la COI à une conférence mondiale sur l’Economie Bleue à Xiamen ; Tenue du CIRC (Comité interrégional de Coordination) en novembre à la COI : réunion des pays membres, des organisations régionales* et des représentants de l’Union européenne, sur la programmation du 11 ème FED (Fonds européen de développement).

JPEG - 33.4 ko
Jean-Claude de l’Estrac, Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien.
Élections à Madagascar

La COI a dépêché une délégation d’une vingtaine d’observateurs de ses pays membres pour le premier tour des élections présidentielles malgaches du 22 au 27 octobre.

Les conclusions de cette délégation COI et de l’ensemble des missions d’observation nationales et internationales sont unanimes : les élections ont été libres, transparentes, fiables et crédibles. Parmi ces organisations, on compte notamment l’Union européenne, l’Union africaine et le système des Nations unies.

« Ce consensus, pour plusieurs centaines d’observateurs étrangers, 5 .000 observateurs malgaches et pour 20.000 bureaux de vote, est un excellent signal pour la suite des élections », explique Jean-Claude de l’Estrac.

Le Secrétaire général de la COI insiste sur le fait que la situation malgache est extrêmement importante pour Maurice compte tenu des relations intenses, culturelles, commerciales et politiques entre les deux pays.

A noter que l’ancien président de la République de Maurice, Karl Offmann, n’a pu se rendre à Madagascar pour des raisons personnelles et s’est désisté. La COI a choisi Serge Clair, le Chef Commissaire de Rodrigues, pour le remplacer.

Certes, ces élections ont aussi permis de dévoiler quelques faiblesses et interrogations. Certains électeurs n’ont pas voté parce qu’ils n’étaient pas inscrits sur les listes ou par scepticisme, parfois parce qu’ils n’avaient pas de carte d’identité. Mais ces lacunes, affirme Jean-Claude de l’Estrac, « ne sont pas de nature à remettre en question le résultat et la fiabilité du système ».

D’autre part, à la suite de la remise des rapports des organisations, des questions ont émergé concernant la source de financement des participants dont certains ont bénéficié d’importants moyens. Cependant, la loi malgache ne plafonne pas le budget d’une campagne, aussi l’interrogation ne porte pas sur l’aspect légal, mais plutôt sur l’égalité des chances dans la course électorale.

Enfin, il est important de noter que le dépouillement des votes (environ 1/3 des bulletins à ce jour) ne souffre actuellement d’aucun retard, contrairement à certaines affirmations. La loi électorale prévoit en effet une dizaine de jours pour cette opération de grande envergure qui doit aboutir à la proclamation.

Autre signe d’apaisement, le président de la Haute autorité de transition malgache, Andry Rajoelina, a demandé aux électeurs de respecter la décision des urnes.
L’Economie Bleue

La Commission de l’océan Indien participe à une conférence mondiale du 8 au 14 novembre. La COI, représentée par son Secrétaire général, Jean-Claude de l’Estrac, a été invitée à s’exprimer sur l’Economie Bleue dans le contexte de la mondialisation et à présenter le rôle de la région océan Indien. www.oceanweek.org

Le Secrétaire général profitera de son séjour en République populaire de Chine pour se rendre à Beijing et poursuivre les négociations sur le transport maritime et l’éventuelle création d’une compagnie de cabotage dans la région indianocéanique.

Une délégation de COSCO, compagnie chinoise menée par son Vice-président exécutif, s’était rendue au siège de la COI en juin dernier et avait montré un vif intérêt dans ce projet. Il s’agit d’une des plus importantes compagnies de transport maritime mondiales. La COI est à présent en mesure d’apporter des éléments supplémentaires ainsi qu’un rapport d’étude. Cependant, le dialogue ne se limitera pas à cette unique compagnie et d’autres opérateurs seront consultés, avec l’aval de nos pays membres.

Cette visite en Chine est aussi l’occasion d’entretenir les excellentes relations qui existent entre le gouvernement chinois et la COI. La Chine apporte son appui au niveau du renforcement des capacités du Secrétariat général de la COI et cette dernière souhaite pérenniser cette relation afin d’obtenir une meilleur prévisibilité de ce soutien.

Après la connectivité maritime, la connectivité numérique pourrait être un sujet de dialogue productif. La Chine fait en effet partie des BRICS, un groupe de pays émergeants : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

{{}}

Ce groupe a annoncé un important projet qui nous intéresse de près : l’installation d’un câble de 34.000 Km de long pour relier l’ensemble des pays BRICS, ce qui représente pour l’Indianocéanie, et compte tenu de son retard global en la matière, une immense opportunité en termes de connexion au très haut débit.
Réunion du CIRC pour le 11ème FED

Du 11 au 15 novembre, la COI reçoit à Ebene les secrétaires généraux des organisations régionales*, les hauts officiels des pays d’Afrique subsaharienne, orientale et australe et de l’océan Indien et les représentants de la Commission européenne pour la prochaine réunion du Comité interrégional de coordination (CIRC). Cette réunion fait suite aux négociations de Bruxelles, en septembre, sur la formulation du prochain Fonds européen de développement (FED).

 

Pour rappel, depuis l’accord de Cotonou, en 2000, l’Europe accorde des fonds considérables aux pays ACP et aux organisations régionales et sous-régionales à travers le Fonds européen de développement. Le 11ème FED prend effet en 2014 et s’achève en 2020.

Les questions de la prochaine réunion du CIRC porteront sur l’architecture de ce fonds : le regroupement des organisations régionales, les principes d’allocation, collectivement et spécifiquement…

Il s’agit de négociations complexes desquelles doit naître une cohérence entre les priorités d’appui à l’intégration économique régionale des pays, celles des organisations et celles susceptibles d’appui de l’Union européenne.

Ce nouveau volet mauricien permettra de voir la participation de l’ensemble des pays et des représentants des organisations régionales, tous membres du CIRC, qui devront s’entendre sur une stratégie commune vis-à-vis de l’Union européenne.

Cette conférence, qui précède la réunion ministérielle du mois de décembre, est importante pour les organisations régionale et particulièrement pour la COI dont l’Union européenne est le principal partenaire : plus de 110 millions d’euros sous le 10ème FED, soit 70% des fonds de la COI.

*Les organisations membres du CIRC :

COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) ; COI (Commission de l’océan Indien) ; EAC (East African Community) ; IGAD (Intergovernmental Authority on Development ; SADEC (Southern African Development Community).


Kanalreunion.com