Madagascar

Madagascar toujours dans l’impasse politique

À moins de 6 mois de la présidentielle

Céline Tabou / 17 décembre 2012

La crise politique malgache, qui a débuté en 2009, perdure aujourd’hui. Malgré les négociations entre Marc Ravalomanana, Chef d’État déchu, et Andry Rajoelina, Président de la Transition, les deux hommes ne parviennent pas à s’accorder sur les prochaines élections présidentielles, laissant craindre une Transition plus longue.

Dans le communiqué final du Sommet annuel de la Communauté de développement d’Afrique australe de Dar es Salam les 7 et 8 décembre, les États ont indiqué que « pour sortir de la crise, il faut convaincre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina de ne pas se porter candidats aux prochaines élections générales ». Cette prise de position a entrainé la contestation du camp du président de la Transition, Andry Rajoelina, qui a refusé catégoriquement le retour de son prédécesseur, Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud. De son côté, ce dernier a fait savoir son intention de ne pas se présenter aux élections présidentielles, prévues le 8 mai 2013.

Un imbroglio politique

Poussant la controverse, Marc Ravalomanana a invité Andry Rajeolina à ne pas se présenter « pour l’apaisement du pays ». L’annonce du président déchu malgache, renversé en mars 2009, a été rendue publique dans un communiqué du bureau du président tanzanien, Jakaya Kikwete. Ce dernier a accueilli une médiation de la communauté de développement des pays d’Afrique australe (SADC) chargée de trouver une solution à la crise malgache.

Le Sommet de la SADC a été le théâtre de la contestation d’Andry Rajoelina qui a évoqué qu’il n’appliquera pas l’ensemble des résolutions de ce Sommet, car « bon nombre de décisions prises lors du Sommet de Dar es-Salaam ne sont pas conformes à la Feuille de route que la SADC a proposée elle-même (…). Celles-ci sont inacceptables ! » , a-t-il déclaré. Ce dernier a rencontré, à Ivato, le 14 décembre le président tanzanien, Jakaya Kikwete, qui assure la présidence de la Troïka, organe de coopération du bloc économique régional, « pour faire part des réalités ».

Le torchon brûle entre le président de la Transition et la SADC qui a soutenu un « ni Ravalomanana, ni Rajeolina ». En effet, l’actuel président de la Transition ne cache pas ses intentions de se présenter. Il a d’ailleurs déclaré, à la sortie de son entretien avec le président tanzanien : « Ma décision est prise. Les résolutions de la SADC, la déclaration de l’ancien président (de ne pas se présenter à la présidentielle - NDLR) ou encore la rencontre avec le président tanzanien ne me font et ne me feront pas changer d’avis » . Andry Rajoelina a ainsi marqué son refus de participer aux négociations, préférant rester sur ses positions. Cette attitude inquiète de plus en plus la communauté africaine qui ne voit pas de sortie de crise.

La Transition s’enlise

Selon le journal “Madagate”, « En cas d’exécution de la position affichée par Andry Rajoelina à Ivato, la Transition risque de connaître une nouvelle période de flottement. Or, le temps s’égrène à grands pas d’ici les échéances électorales. Il ne reste plus que cinq mois avant la présidentielle alors que la question de l’amnistie, un passage obligé avec les scrutins, reste sur la table. Sans parler du brûlant dossier concernant le retour de l’ancien président ».

De son côté, Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, a exprimé ses craintes d’une « intensification de la crise » devant la presse. « Ce comportement est indigne d’un homme d’État et d’un responsable qui veut être candidat. La SADC est soutenue par la communauté internationale. Nous ne pouvons pas tourner le dos à cette dernière », a-t-il dénoncé. Cependant, les récentes déclarations de Marc Ravalomanana sur sa non-candidature laisse planer le doute, car comme l’a rappelé Andry Rajoelina, « Souvenez-vous de l’épisode de Dakar I », époque à laquelle l’ancien chef d’État avait fait volte-face, après l’accord de la tenue d’un deuxième tour pour le départager avec l’ancien Président Didier Ratsiraka.

Céline Tabou


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