Madagascar

Référendum constitutionnel le 17 novembre 2010

Témoignages.re / 23 septembre 2010

Le dialogue national, qui vient de se terminer, le 18 septembre, après une semaine de discussions ardues, a fixé au 17 novembre 2010 la date du référendum constitutionnel pour la mise en place de la quatrième République.

Au cours de ces dix-huit mois écoulés, diverses réunions, pour trouver une issue à la crise politique qui sévit dans le pays ont été convoquées à l’échelle nationale ou régionale sous le label de “Forums”, “Colloques”, “Consultations”.

La dernière en date qui s’est tenue au Centre de conférences international, du 13 au 18 septembre, a sans conteste marqué le point d’orgue de toutes ces rencontres. Ce dialogue national ou conférence nationale a vu la participation de quelque 4.000 représentants venus des 119 districts et des 22 régions, de quelque 240 délégués de partis et associations politiques, et de plus de 300 organisations de la société civile.

Il importe de souligner que le point commun à toutes ces rencontres, a été la volonté des participants de trouver une solution « malgacho-malgache » à la crise, au vu de l’échec patent de la médiation menée par la communauté internationale qui avait confié à la SADC en la personne de l’ex-président Mozambicain Joachim Chissano, la direction de la médiation.

En effet, les critiques n’ont pas manqué « contre la partialité du médiateur », son ignorance des réalités malgaches et sa volonté d’imposer son point de vue.

Ainsi le dialogue national convoqué par les « Ray aman-dreny mijoro » (doyens et notables) et la coalition des organisations de la société civile ou FINOANA, a débouché sur l’adoption par la majorité des participants des grands principes fondateurs de la future quatrième République. D’autres décisions d’importance, ont également été prises. Elles ont trait à l’amnistie aux condamnés politiques à la suite de la crise de 2002, le nouveau code électoral, le statut des partis politiques, la gestion de la Transition jusqu’aux prochaines élections. Les participants ont par ailleurs confirmé qu’Andry Rajoelina est maintenu dans les fonctions de président de la Transition avec toutes les prérogatives étatiques qui en découlent.

Même si ce dialogue national a été marqué par certaines carences d’ordre organisationnel, et par des décisions parfois contradictoires, on peut affirmer que dans l’ensemble il a été un succès qui a démontré que le peuple malgache motivé par le patriotisme et le sentiment de fierté nationale est décidé à tout mettre en oeuvre pour sortir la Grande Île de la crise. C’est d’ailleurs le sens même de l’appel solennel que les participants ont lancé à l’endroit de la communauté internationale.

Entêtement incompréhensible de la « communauté internationale »

À la veille de ce dialogue national le médiateur l’ex-président Joachim Chissano avait déjà annoncé la couleur dans son message adressé aux organisateurs. De son point de vue, quels qu’aient été le nombre de participants, ou leur représentativité ce dialogue national ne répondait pas aux critères de consensualité et d’exclusivité exigés par la communauté internationale, les trois ex-présidents évincés par le Peuple Malgache (Ratsiraka, Ravalomanana, Zafy) ayant refusés d’y participer. Il mettait également en cause la neutralité des organisateurs, en soulignant que seule la CNOSC (autre coalition des organisations de la société civile) qui a déjà réuni sans succès diverses entités politiques et sociales était « reconnue par la communauté internationale » et bénéficierait de son soutien logistique et financier en vue de mener une médiation crédible (!).

Le ministre des Affaires étrangères de la Transition, et les organisateurs du dialogue national ont chacun de leur coté réfuté les allégations du président Chissano, en précisant pour sa gouverne que la CNOCS avait officiellement adhéré à la tenue de ce dialogue national avant de se rétracter par la suite sans raison, et se propose de réunir une « autre conférence nationale ». La majorité de l’opinion publique estime pour sa part que seule l’application de la feuille de route des scrutins pour la mise en place de la quatrième République mettra un terme à cette crise qui n’a que trop duré.

B.Y.


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