Mayotte

Elie Hoarau apporte aujourd’hui la solidarité aux Mahorais

Loin d’être arrêté, le mouvement social continue

Manuel Marchal / 19 octobre 2011

Depuis hier, la situation à Mayotte ne s’est pas miraculeusement débloquée. En réalité, le mouvement se poursuit. Ce matin à Mayotte, Elie Hoarau, Jean-Hugues Ratenon et Gilles Leperlier tiendront une conférence de presse pour apporter la solidarité, seule issue à la crise sans précédent que traverse Mayotte.

Quatre jours après le fiasco de la visite de la ministre de l’Outre-mer, la situation reste bloquée à Mayotte. Sont parvenues à La Réunion des images montrant l’ouverture d’un commerce sous la surveillance d’un fort contingent de gendarmes. Des titres ronflant à la radio et à la télévision ont annoncé le miracle : la fin du mouvement social par la signature d’un syndicat. En réalité la situation est toute autre. Et de source syndicale, les rares magasins qui tentent d’ouvrir sont pris d’assaut par une population qui préfère se servir et partir sans payer plutôt que de subir la dictature de la vie chère.

L’Europe est au courant

Comme l’indique Boinali Saïd, membre CFDT de l’Intersyndicale, l’organisation qui a donné son accord au gouvernement n’est pas signataire du préavis de grève. Cela pose la question de la légalité de l’engagement de cette organisation. L’autre aspect, c’est que cet engagement sur huit produits ne répond pas aux revendications. Des préalables ne sont pas respectés, et donc le mouvement continue.
On s’interrogera sans doute encore longtemps sur les raisons qui ont amené à la diffusion de cette bien étrange nouvelle à la veille de la visite à Mayotte d’une délégation réunionnaise conduite par Élie Hoarau.
En effet, le constat est clair. Depuis plus de trois semaines, Paris a été incapable de répondre aux revendications. La visite de Marie-Luce Penchard n’a fait qu’aggraver encore la situation. La ministre est repartie sous les huées de la population. Jamais le passage d’un membre d’un gouvernement n’a suscité un tel mécontentement, c’est l’illustration de l’échec, ou plutôt de l’absence totale de politique de l’Outre-mer dans ce gouvernement UMP.
Paris a donc tenté un coup de poker, misant sur la division. Mais non seulement le mouvement ne s’est pas arrêté, mais en plus il a un retentissement grandissant depuis qu’Élie Hoarau a annoncé qu’il a saisi la Commission européenne. Le gouvernement ne peut plus étouffer l’affaire et manœuvrer pour masquer son incapacité, toute l’Europe est désormais au courant de la crise.

Solidarité de l’Alliance des Outre-mer

Les seuls actes concrets du gouvernement, cela a été la répression. Le député des Outre-mer au Parlement européen apporte une toute autre méthode pour sortir de la crise. Il est porteur de la solidarité.
C’est la solidarité du député de la section Océan Indien, élu de l’Alliance des Outre-mer et donc représentant Mayotte au Parlement européen. C’est aussi la solidarité du peuple réunionnais, avec le soutien de représentants de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (Jean-Hugues Ratenon) et de l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion (Gilles Leperlier). C’est en effet dans cette solidarité avec le combat mené depuis trois semaines par les Mahorais que se situe la sortie de crise, pour qu’enfin la population puisse obtenir la satisfaction de ses revendications.

M.M.


Le mouvement social continue

Statu quo à Mayotte. Alors qu’un accord entre l’intersyndicale, la préfecture et les patrons de la grande distribution était pressenti ce lundi 17 octobre 2011, les négociations se sont de nouveau soldées par un échec. Seul le syndicat Force Ouvrière a accepté de signer le protocole d’accord portant sur la baisse du prix de huit articles. Le mouvement de protestation se poursuit, même si le mouvement de grève est pour le moment suspendu.

Les représentants de la grande distribution, les syndicats et la préfecture s’étaient de nouveau réunis hier lundi 17 octobre. Alors qu’une sortie de crise se profilait, selon Malango Actualités, c’est au sujet de la durée de la baisse des prix, à savoir trois mois, qu’un rapport de force s’est une nouvelle fois instauré, incitant plusieurs intervenants à quitter la table des négociations.

Les accords trouvés sur huit des onze produits, dont la population mahoraise demandait une baisse significative des prix, n’ont pas non plus abouti. Seul le syndicat Force Ouvrière a signé ce protocole d’accord. Pour Boinali Saïd, secrétaire général de la CFDT Mayotte, « il est hors de question de signer quoique ce soit sans que des éléments essentiels comme la viande, le gaz et le sable ne soient pris en compte ». Selon lui, FO a « engagé une signature » alors qu’il n’était pas signataire du préavis de grève. « Nous réfléchissons sur la légalité de cette signature », affirme-t-il.

Pour sa part, Boinali Saïd ajoute que « le débat sera réengagé quand le prix de la viande sera intégré et que des concessions sur le sable et le gaz ont été faites ». Pour le moment, le mouvement se poursuit, précise-t-i, avant de rappeler qu’« une réduction de 30% était demandée sur l’ensemble de ses produits ».

Boinali Saïd note qu’à partir de ce jour, « les choses vont être difficiles ». Si les magasins ont de nouveau rouvert ce mardi 18 octobre, cela entraine des dérapages puisque la population rentre, se sert et part sans payer, indique-t-il.
Depuis le début du conflit, il y a 22 jours, l’économie est au point mort.

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