Mayotte

Elie Hoarau aujourd’hui à Mayotte

À la recherche d’une solution à la crise

Manuel Marchal / 18 octobre 2011

4ème semaine de blocage à Mayotte, et la visite de la ministre de l’Outre-mer n’a rien changé. La seule réponse concrète apportée par Paris aux revendications, c’est la répression. Porteur de la solidarité de La Réunion au peuple en lutte, Élie Hoarau arrive aujourd’hui à Mayotte pour voir comment l’Union européenne peut contribuer à la recherche d’une solution allant dans le sens des revendications.

Cela fait quatre semaines que les Mahorais sont entrés en révolte contre la baisse de leur pouvoir d’achat. Tout est parti de la vie chère. Mais aujourd’hui, les revendications se sont étendues à de nombreux domaines.
Depuis le mois d’avril dernier, Mayotte est devenue un département. Comme dans les autres départements d’outre-mer sévit la vie chère, avec des prix encore plus élevés qu’à La Réunion. Mais à la différence des autres départements d’outre-mer, les lois sociales ne s’appliquent pas. L’égalité est refusée aux Mahorais, ils n’ont donc pas droit aux minima qui permettent d’atténuer les effets de la crise à La Réunion.

Visite ministérielle désastreuse

Pour le moment, la seule réponse concrète du pouvoir est la répression. Des gendarmes ont tiré sur la foule avec des balles en caoutchouc, le même type de projectile que celui utilisé par les forces de répression du régime d’apartheid voici 20 ans en Afrique du Sud. Un enfant a été mutilé à vie par un de ces projectiles, il est toujours en soins à La Réunion.
Jeudi dernier, plusieurs milliers de personnes avaient convergé à Mamoudzou pour participer à la plus grande manifestation jamais organisée dans le pays. Le lendemain, la visite de la ministre de l’Outre-mer n’a rien arrangé. Loin des clichés colliers de fleurs-drapeau bleu blanc rouge, le séjour de Marie-Luce Penchard a été sanctionné par des huées et un écran géant déchiré. Les Mahorais ont considéré comme inacceptables les propositions de bons d’achat. La ministre a aussi mis au crédit du gouvernement la création de chaines de télévision gratuite, comme si c’est cela qui va régler la crise structurelle qui ravage le pays.

Elie Hoarau apporte la solidarité

Cinq jours après le fiasco ministériel, Elie Hoarau arrive à Mayotte porteur de véritables propositions. L’application à Mayotte du statut de département fait de l’île aux parfums une région ultrapériphérique de l’Union européenne. Élie Hoarau est le député de la section océan Indien de la circonscription des Outre-mer, il est donc également le représentant de Mayotte au Parlement européen. Et il compte bien défendre les intérêts des Mahorais.
La Commission européenne est saisie, et elle sera informée en permanence de l’évolution de la situation. L’objectif est de rechercher des solutions qui puissent permettre une sortie de crise.
Après la première étape mercredi dernier à l’occasion de la visite à Bruxelles du vice-président du Conseil général de Mayotte, le deuxième volet de cette démarche commence aujourd’hui à Mayotte avec la visite d’Élie Hoarau, porteur de la solidarité.

Manuel Marchal


La Commission européenne est prévenue

Voici le communiqué publié par Elie Hoarau suite à la visite à Bruxelles du vice-président du Conseil général de Mayotte.

« Le député européen Élie Hoarau a reçu ce mercredi 12 octobre 2011 une délégation mahoraise conduite par Saïd Ahamadi (Raos), vice-président du Conseil général de Mayotte chargé des Affaires européennes. Si l’objet de cette visite de la délégation mahoraise au Parlement européen à Bruxelles devait être initialement consacré à la thématique de la rupéisation ; la gravité de la situation à Mayotte a conduit Élie Hoarau et Saïd Ahamadi (Raos) à examiner ensemble la question centrale de la vie chère, des monopoles, des ententes, des abus de position dominante au regard du droit européen de la concurrence.
C’est dans cet esprit qu’ils ont souhaité saisir le commissaire Européen au Marché intérieur, M. Michel Barnier, avec lequel ils se sont entretenus à l’occasion de la remise à Michel Barnier du rapport de Pedro Solves, ancien Premier ministre espagnol, sur les Régions Ultrapériphériques.
Le commissaire Michel Barnier s’est montré préoccupé et très attentif à la situation mahoraise. Le député européen et le vice-président du Conseil général enverront à la Commission une note sur la situation à Mayotte. Suite à cette démarche, le député européen s’est engagé à tenir la Commission européenne informée de la situation et à lui apporter tous les éléments de nature à l’éclairer sur la situation des monopoles et de la vie chère à Mayotte. Ce qui permettra un examen approfondi de ces questions par la Commission européenne.
Le député européen et le vice-président du Conseil général sont persuadés que c’est à tous les niveaux que doivent être recherchées des solutions de sortie de crise qui soient en mesure de satisfaire les attentes de la population mahoraise. »


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