Mayotte

Forte croissance démographique sur fond de pauvreté à Mayotte

La majorité des familles mahoraises ont trois enfants ou plus, les parents au chômage dans une famille sur deux

Témoignages.re / 3 novembre 2015

L’INSEE a dévoilé hier le résultat d’une étude sur la composition des familles à Mayotte. Elle montre que la transition démographique est loin d’être terminée, car les familles de trois enfants ou plus sont majoritaires à Mayotte. Cela s’accompagne d’une grande précarité, avec la moitié des enfants qui vivent dans une famille où aucun des parents n’a un emploi. Par ailleurs, près de 4.000 enfants vivent sans leurs parents. Voici un communiqué publié par l’INSEE présentant cette étude.

Les familles nombreuses, comptant trois enfants ou plus, prédominent à Mayotte : elles sont trois fois plus fréquentes que dans le reste de la France (51 % contre 17 %). Cette spécificité est encore plus nette pour les familles très nombreuses, avec quatre enfants ou plus : elles représentent 30 % des familles, contre moins de 4 % dans le reste de la France.

Si la moitié des couples avec enfants ont trois enfants ou plus, le modèle de famille nombreuse concerne également les familles monoparentales (43 %). Un quart d’entre elles ont même quatre enfants ou plus. À l’inverse, les familles avec un seul enfant ne forment qu’un quart des familles.

Près d’une famille sur trois est une famille monoparentale

En 2012, à Mayotte, 46 500 personnes vivent dans une famille monoparentale. Un tiers des familles avec au moins un enfant mineur sont monoparentales (16 % en France). À La Réunion, cette proportion est identique, mais elle est nettement supérieure aux Antilles (40 %).

À Mayotte comme dans le reste de la France, il s’agit majoritairement de femmes vivant seules avec leur(s) enfant(s). Les familles monoparentales avec un homme à leur tête sont encore plus rares qu’en France (11 % contre 16 %). La moitié des familles monoparentales ont à leur tête une personne de nationalité étrangère.
Plus les enfants grandissent, plus ils sont nombreux à vivre en familles monoparentales. Cet effet est cependant moins marqué à Mayotte, la part des enfants vivant au sein de familles monoparentales étant très élevée dès le plus jeune âge (25 % pour les moins de 3 ans, contre 9 % en France).

Les conditions de logement des familles monoparentales sont plus difficiles que celles des couples avec enfant(s). Elles vivent plus souvent dans des maisons en tôle (40 % contre 32 %). Elles sont aussi plus souvent locataires de leur logement (34 % contre 25 %).

Une famille monoparentale sur cinq vit dans un logement composé d’une seule pièce et la moitié résident dans des logements d’une ou deux pièces. Elles cohabitent par ailleurs davantage que les couples avec une autre famille ou une personne isolée (38 % contre 26 %).

Un enfant sur deux vit dans une famille où aucun des parents ne travaille

Sur les 104 180 mineurs vivant dans une famille à Mayotte, 27 % habitent avec un seul parent, les autres vivent avec leurs deux parents.
À Mayotte, plus de la moitié des mineurs font partie de familles au sein desquelles aucun parent ne déclare travailler (54 % contre 11 % dans le reste en France). Cette proportion s’élève même à 80 % pour les enfants de familles monoparentales (33 % en France).

Dans les familles où la personne de référence est de nationalité étrangère, 80 % des enfants vivent avec des parents sans emploi. Cette proportion atteint même 93 % dans les familles monoparentales étrangères. Les enfants des Français par acquisition vivent aussi plus fréquemment avec des parents sans emploi que ceux qui ont des parents français de naissance (44 % contre 34 %).

Près de 4 000 mineurs vivent sans leurs parents

En 2012, à Mayotte, 3 900 mineurs ne vivent pas avec leurs parents. La moitié d’entre eux sont de nationalité française. Certains sont très jeunes, un quart ayant même moins de 6 ans, dont 47 % de nationalité étrangère. Sept mineurs sur dix, soit 2 600 mineurs, sont hébergés par un membre de la famille, le plus souvent un oncle, une tante, un grand-père ou une grand-mère. Un millier vivent avec des adultes avec lesquels ils n’ont aucun lien de parenté même indirect. Les 400 autres mineurs vivent sans aucune personne majeure, soit parce qu’ils vivent seuls (200 mineurs), soit parce qu’ils vivent avec d’autres mineurs.

Sur l’ensemble des mineurs ne vivant pas avec leurs parents, 2 200 ont entre 6 et 16 ans. À l’âge où la scolarité est obligatoire pour ces jeunes, un quart ne sont pas scolarisés. En particulier, près de la moitié de ceux qui vivent seuls ne sont pas inscrits dans un établissement scolaire.


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