Mayotte

Le gouvernement s’intéresse-t-il vraiment à Mayotte ?

Le Printemps mahorais n’était pas à l’ordre du jour du Conseil des ministres

Témoignages.re / 28 octobre 2011

Mercredi, le suivi du CIOM était à l’ordre du jour du Conseil des ministres. À la sortie, la ministre de l’Outre-mer a confié qu’elle doit prochainement rencontrer le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour faire le point sur la situation à Mayotte. Sachant d’une part que les trois protagonistes étaient autour de la même table mercredi, et que d’autre part Mayotte est l’actualité la plus urgente de l’Outre-mer, c’est à se demander si le gouvernement s’intéresse vraiment à Mayotte.

Mercredi avait lieu un Conseil des ministres à l’Élysée, assez particulier, car six ministres devaient intervenir sur l’Outre-mer : ceux de l’Outre-mer, de l’Intérieur, du Travail, de l’Éducation, de l’Agriculture et de la Culture.

À l’heure du bilan du Conseil Interministériel de l’Outre-mer, les Mahorais peuvent se rendre compte que leur situation n’est non seulement pas prise en compte par le gouvernement, mais qu’en plus, Mayotte ne pourra pas compter sur les mesures créées en 2009 pour faire face au mouvement social dans les DOM. 

Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer a annoncé qu’elle aurait un entretien avec François Fillon, Premier ministre et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur... pour parler de la situation de Mayotte qui n’était donc pas à l’ordre du jour d’un Conseil des ministres consacré en grande partie à l’Outre-mer !

Mayotte est devenue un département et devrait donc voir ses problèmes traités dans le cadre du Conseil des ministres qui vient d’avoir lieu. Cela fait déjà plus d’un mois que le mouvement social appelle les autorités à écouter la population. Tout ce que Marie-Luce Penchard trouve à faire, c’est de décider de classer la contestation en « violences urbaines » et de marginaliser les revendications de la population mahoraise au détriment de l’écoute et du respect, auxquels aspirent les Mahorais. Le gouvernement préfère les mesures proposées, telles que 5 euros de réduction pour 11 produits durant deux mois et un RSTA à 25% payé pas avant mars. Décidément, le gouvernement n’a pas pris en compte le nouveau statut de Mayotte et ce qui en découle. Car nul doute que si un département de la République situé sur le continent européen s’embrasait ainsi, le gouvernement n’aurait pas manqué de convoquer d’urgence un Conseil des ministres dédié.


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