Mayotte

Manque de respect vis-à-vis des Mahorais

Incroyable désinvolture du gouvernement et de ses relais locaux

Manuel Marchal / 2 avril 2011

C’est une véritable humiliation qui vient d’être infligée aux Mahorais. Suite aux élections cantonales, la volonté populaire a décidé de changer la majorité du Conseil général de Mayotte. Le refus de siéger de l’UMP a empêché l’expression de cette volonté.

Jeudi, les conseillers généraux de Mayotte devaient élire leur président. Cette élection avait une symbolique particulière, car elle marquait le passage du statut de collectivité départementale à celui de Département. Pour la population, c’était un événement important. Un jour férié avait été décrété, et la ministre de l’Outre-mer venue spécialement de Paris devait dévoiler une plaque commémorative.

Jeudi matin, coup de tonnerre : les élus de l’UMP refusent de siéger. Faute de quorum, l’élection du président du Conseil général ne peut pas se tenir. Conséquence : toutes les festivités prévues jeudi sont annulées et aucune cérémonie marquant la création du 101ème Département n’a pu se dérouler.
Dans ce contexte, plusieurs faits interpellent.
Tout d’abord, l’État n’était pas représenté jeudi au Conseil général, ni par la ministre, ni par le préfet.
Ensuite, c’est officiellement à son arrivée à La Réunion que la ministre de l’Outre-mer a appris la nouvelle du report de l’élection. Elle a donc décidé illico de reporter sa visite à Mayotte aussi longtemps que les conseillers généraux n’auront pas de président.
Enfin, ce sont des élus UMP, c’est-à-dire des membres du parti qui dirige le gouvernement, qui ont pris la décision de ne pas siéger, avec toutes les conséquences que cela implique.

Cet enchaînement de faits est une humiliation infligée aux Mahorais. Cette désinvolture du gouvernement et de ses relais locaux est aussi un manque de respect.

M.M.


La responsabilité du gouvernement

Dans un communiqué, Patrice Tirolien, député des Outre-mers au Parlement européen « dénonce la prise en otage par la droite locale, des cérémonies d’accession à la départementalisation qui ont dû être reportées à dimanche ». « Face à la politique de la chaise vide de la droite ce jeudi, la gauche dénonce une manœuvre indigne de cette journée historique pour les Mahorais », affirme-t-il.
Pour sa part, un communiqué du PS revient sur les manœuvres de déstabilisation qui ont visé la nouvelle majorité : « le 27 mars dernier, les électeurs mahorais ont nettement désavoué la majorité UMP sortante. Ces résultats à peine connus ont été immédiatement distillés aux médias qu’à Mayotte les choses étaient loin d’être dites. De fait, les jours qui ont suivi ont été riches en intrigues diverses et autres tentatives de débauchage ». Le PS met en cause la responsabilité du gouvernement dans le report de l’élection à la présidence du Conseil général de Mayotte, soupçon renforcé par l’absence de représentant de l’État à la séance d’installation de cette nouvelle assemblée.


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