Mayotte

Où en est le RSA à Mayotte ?

Après les annonces du gouvernement sur le SMIC et la Sécurité sociale

Céline Tabou / 2 janvier 2012

Le gouvernement vient d’annoncer son intention « d’aligner en trois ans le SMIG net mensuel versé à Mayotte sur le SMIC net mensuel de métropole », dans les trois ans à venir. Cette annonce s’ajoute à la décision de Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer d’appliquer plusieurs mesures sociales.

Après plus d’un mois de mobilisation, les Mahorais commencent à voir leurs droits, entrer en vigueur, cependant, le gouvernement n’a pas pris en compte les revendications concernant le RSA (revenu de Solidarité active), 75% inférieur à celui de la France.

Évolution des droits sociaux

Dans son communiqué de presse, publié le 21 décembre, la ministre de l’Outre-mer a annoncé que « l’ordonnance sur la sécurité sociale à Mayotte, présentée avec Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, crée de nouveaux droits pour les Mahorais ». Auparavant, les Mahorais ne possédaient pas tous les services publics. Le gouvernement a décidé d’améliorer la couverture de l’assurance maladie, d’étendre la retraite aux artisans et aux agriculteurs, de créer un régime de retraite complémentaire pour les salariés et de revaloriser les prestations familiales.
En dépit de ces évolutions, la question de l’alignement du RSA avec la métropole reste sans réponse. Depuis le début des négociations sur la départementalisation de Mayotte, le revenu de solidarité active était un point primordial, que Paris devait approuver. Parmi ceux souhaitant un alignement, Daniel Zaïdani, président du Conseil général, et la présidente de la commission Santé et Action sociale, Sarah Mouhoussoune, ont interpellé le gouvernement pour qu’il « revoie la copie proposée avec des allocations à 120 euros par mois correspondant à 25% du RSA de droit commun financé par la solidarité nationale ».

Le refus de l’égalité du RSA

Comme promis, l’État devait aligner le RSA, mais aujourd’hui, le ministère de l’Outremer a indiqué que l’ordonnance était « un projet équilibré, qui marche sur deux jambes, l’économie et le social », sans pour autant remettre sur la table les débats sur le RSA. À la différence de la métropole qui touche 480 euros de RSA, les Mahorais doivent compter 360 euros de moins, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter.
Au cœur du mouvement social qui aura duré plus de 40 jours, le RSA n’aura pas été pris en considération par le gouvernement. Toutefois, le SMIC devrait être aligné dans les trois à venir, mais pour cela toute l’économie et les prestations sociales devront être mises également à niveau afin d’éviter des disparités de revenus et de conditions de vie.

Céline Tabou


Et la surrémunération ?

Dans l’Outre-mer, les employés de l’énergie, notamment à La Réunion et dans les Antilles, avaient manifesté pour que s’applique un accord daté 1972.
EDF et les syndicats avaient reconnu qu’en Outre-mer, les rémunérations des agents de l’énergie doivent être calculées selon les mêmes règles que celles des fonctionnaires. Ce qui veut dire que ces agents ont droit à un salaire augmenté de 53% à La Réunion. Mais ce n’est pas encore le cas, d’où les grèves de l’an dernier.
La loi dit que cette surrémunération doit donc s’appliquer à La Réunion et aux Antilles, c’est pareil pour Mayotte qui est passée de collectivité départementale à département.
Face à cet oubli de l’État, les travailleurs d’Électricité de Mayotte ont déposé un préavis de grève demandant dans un premier temps la mise en place de l’indexation de leur salaire sur celui des agents des autres départements d’Outre-mer. Face au silence de l’État depuis le dépôt du préavis, le 21 novembre, près d’un tiers du personnel de la société d’électricité de Mayotte EDM a entamé, vendredi 14 décembre, une grève illimitée, à l’appel de la CGTMa, pour réclamer une revalorisation des salaires.
Comme pour le SMIC, trois ans pour le respect de la loi ?



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