Mayotte

Que devient le mot d’ordre « Mayotte, c’est la France » ?

Céline Tabou / 10 novembre 2011

Envoyé par Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, Denis Robin, ex-préfet de Mayotte durant la campagne de la départementalisation, ne parvient pas à convaincre l’Intersyndicale et les associations qui manifestent contre la vie chère depuis six semaines.

En 2010, Nicolas Sarkozy a attesté « Mayotte, c’est la France » pour féliciter le processus de départementalisation de Mayotte. Devenue en avril dernier, après plusieurs consultations de la population, le 101ème département français, et le cinquième Département d’Outre-mer, Mayotte est en droit d’exiger l’égalité sociale.
Loin des préoccupations de fonds et des promesses de développement durable du département mahorais, le médiateur Denis Robin s’est centré sur « les discussions sur les prix des trois produits restant au centre du conflit contre la vie chère (la viande de bœuf, le gaz, le sable) ». Invitée à la première séance de négociations sous l’égide du médiateur à Mayotte, le 8 novembre, l’Intersyndicale a quitté la table après quelques heures, pour contester la présence du syndicat FO qui avait signé un accord le 17 octobre. Ce dernier était, selon les autres organisations syndicales, insuffisant pour répondre aux attentes en matière de lutte contre la vie chère. A la sortie, Salim Naouda, secrétaire général de la CGTMa et porte-parole de l’Intersyndicale, a déclaré : « Nous réagissons ainsi par rapport au mépris des représentants de l’État. Dans l’histoire de la République, nous savons que quand il y a une grève, ce sont les parties concernées qui sont appelées à négocier un accord de fin de conflit ».
De plus, les négociations devraient se concentrer sur le volume des aides financières de la France qui ne résoudra que partiellement le problème. A La Réunion, la lutte contre la vie chère persiste également, comme à Mayotte, où « on a d’un côté des prix élevés et de l’autre une insuffisance de ressources », a souligné le Sénateur Thani Mohamed Soilihi. Pour développer durablement Mayotte, les pistes évoquées seraient le développement d’une agriculture locale afin de diminuer les stocks d’importations, l’expansion du tourisme géré par des Mahorais, et notamment le co-développement avec les pays de la zone océan Indien.

Céline Tabou


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