Mayotte

Un bébé meurt dans un centre de rétention de la République

Encore un drame après une traversée clandestine entre Anjouan et Mayotte

Témoignages.re / 18 août 2012

Le "visa Balladur" a encore tué. Cette fois, c’est un bébé qui est décédé dans un centre de rétention de la République, quelques heures après l’interception d’un kwassa kwassa par un navire de la marine française. Pour aller d’Anjouan à Mayotte, des habitants de l’archipel des Comores sont contraints à risquer leur vie dans des traversées clandestines.

Un nourrisson de deux mois, arrivé ce mercredi soir 15 août 2013 avec sa mère sur un bateau d’immigrants clandestins, est décédé ce jeudi au centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte et une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes de sa mort, indique le site liberation.fr.
Mercredi, à 22H45, une barque a été interceptée en mer par un navire de la Marine nationale, et à 1H00 du matin, les 26 passagers ont été débarqués sur Petite Terre, où se situe le CRA, a indiqué à l’AFP la préfecture de ce département situé dans l’océan Indien.
Une évaluation sanitaire a été faite par un infirmier du Centre hospitalier de Mayotte et, à 2H40, les passagers ont été transférés au CRA, a poursuivi la préfecture.
Jeudi à 7H25, une mère a constaté que son enfant ne se réveillait pas et l’a signalé aux policiers de la Police aux frontières. Les pompiers de la caserne située juste en face du centre sont intervenus, un médecin a tenté sans succès de réanimer le bébé, a-t-on précisé de même source.

Les explications du gouvernement

« Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes de la mort et une autopsie sera pratiquée vendredi », a déclaré à l’AFP le procureur de la République, Philippe Faisandier.
Proche des Comores, beaucoup plus pauvre, Mayotte attire de nombreux candidats à l’immigration qui paient des passeurs pour embarquer sur des bateaux appelés kwassa-kwassa, sujets à de nombreux naufrages.
Le ministère de l’Intérieur a rappelé jeudi soir qu’il n’existait « pas d’alternative hôtelière » pour accueillir les étrangers en situation irrégulière à Mayotte et souligné « les conditions particulièrement éprouvantes des traversées ».
La mère de l’enfant décédé aurait déclaré avoir subi de grosses vagues pendant le voyage, précise aussi le ministère, soulignant que le CRA permet de procéder à un examen médical, mais aussi de fournir eau, nourriture et vêtements aux immigrants clandestins.
Les conditions de rétention sont l’objet de vives critiques, tant des associations, que récemment de sénateurs, préconisant a minima la construction d’un second CRA.

Pas de droit commun à Mayotte

Le ministère de l’Intérieur indique que « des bâtiments exclusivement réservés aux familles seront prochainement installés à Mayotte pour permettre de les accueillir dans des conditions satisfaisantes ». Par ailleurs, un nouveau CRA « sera livré en 2015, conçu pour tenir compte des observations faites par différents organismes et institutions sur les conditions d’hébergement des étrangers en situation irrégulière ».
Le département de Mayotte n’est pas régi par le droit commun en matière de droit des étrangers et la circulaire du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, rendue publique le 7 juillet recommandant d’assigner les familles de sans-papiers avec enfants à résidence plutôt que de les placer en rétention ne s’applique donc pas, note liberation.fr.
À la suite à cette circulaire, une mission d’évaluation a été confiée au conseiller d’Etat Alain Christnacht afin qu’il fasse des propositions sur l’entrée et le séjour des étrangers en situation irrégulière à Mayotte, précise encore le ministère de l’Intérieur.

(Source Imaz Press Réunion)


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