Mayotte

Une année 2012 sauvée par le tourisme d’affaires

Enquête de l’INSEE sur les flux touristiques à Mayotte

Témoignages.re / 21 juin 2013

La fréquentation touristique à Mayotte recule pour la deuxième année consécutive (-5% après -9% en 2011). Les mouvements sociaux de la fin 2011 produisent encore leurs effets, particulièrement sur les touristes venus pour visiter l’île (agrément). Mais le tourisme d’affaires augmente fortement, compensant en partie la désaffection des autres catégories.
Le nombre de touristes en provenance de La Réunion se stabilise après une chute de 18% en 2011.

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En 2012, à Mayotte, c’est le tourisme d’affaires qui a sauvé la fréquentation, une hausse liée en partie au report sur l’année 2012 des voyages qui n’ont pu avoir lieu fin 2011 en raison des mouvements sociaux.

La fréquentation touristique baisse à Mayotte pour la deuxième année consécutive. L’île a accueilli 45.800 touristes en 2012, soit 2.400 visiteurs de moins qu’en 2011. Cette baisse de la fréquentation (-5%) est plus modérée que ce que les mouvements sociaux du 2nd semestre 2011 pouvaient laisser craindre. Sur l’année 2012, le trafic aérien recule également de 8%.

Le tourisme d’affaires sauve la fréquentation

Dans ce contexte morose, le tourisme d’affaires se démarque avec une hausse de 29% en 2012, pour s’établir à 11.600 visiteurs, niveau record. L’envolée du tourisme d’affaires est liée en partie au report sur l’année 2012 des voyages qui n’ont pu avoir lieu fin 2011 en raison des mouvements sociaux. Elle s’explique également par la départementalisation, acquise en 2011, qui entraine la venue de nombreux missionnaires. Pour la première fois en 2012, le tourisme d’affaires dépasse le tourisme d’agrément.

Le tourisme d’agrément se replie nettement

Le tourisme d’agrément, qui correspond aux touristes venus pour visiter Mayotte, recule fortement (-28%), après une baisse déjà importante en 2011 (-18%). Sensibles à la couverture médiatique des mouvements sociaux, ces touristes ne sont que 10.000 à avoir foulé le sol mahorais en 2012. Ils ne représentent plus que 22% des visiteurs contre 29% en 2011 et viennent majoritairement de France métropolitaine (56%). Les touristes qui rendent visite à leur famille ou leurs amis (tourisme affinitaire) sont aussi moins nombreux (-4%). Ils représentent toutefois encore plus de la moitié des visiteurs. Les voyageurs affinitaires en provenance de La Réunion ont particulièrement boudé la destination.

Le nombre de touristes réunionnais se stabilise

Le nombre de touristes en provenance de La Réunion, qui avait chuté de 18% en 2011, se stabilise. La fréquentation est néanmoins en baisse sur les neuf premiers mois de l’année 2012. Le 4ème trimestre compense à lui seul la perte subie, laissant ainsi entrevoir le retour des touristes réunionnais. ?Les touristes en provenance de France métropolitaine sont majoritaires (54%). Mais ils sont moins déplacés en 2012 (-4%), alors qu’ils étaient en constante augmentation depuis 2004. La moitié des touristes hexagonaux viennent pour rendre visite à des proches, un quart pour visiter l’île (agrément) et un autre quart pour affaires.

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Enquête Flux touristiques

L’enquête Flux touristiques Mayotte est réalisée à l’aéroport de Pamandzi. Elle est menée par l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), en partenariat avec le Comité départemental du tourisme de Mayotte (CDTM).

Elle concerne les passagers des avions au départ de Mayotte, sur la base d’un échantillon représentatif de vols répartis tout au long de l’année. L’ensemble des passagers des vols sélectionnés est interrogé, qu’ils soient touristes ou résidents.

Tourisme d’affaires : La motivation principale du séjour est d’ordre professionnel. À Mayotte, cette catégorie contient en particulier des personnes venues sur des périodes assez longues (compagnies tournantes de gendarmes ou médecins remplaçants par exemple). Ces dernières catégories sont séparées pour certains indicateurs du tourisme d’affaires et sont identifiées comme « Professionnels longs séjours ».

Tourisme d’agrément : La motivation du séjour est la découverte de l’île, les vacances, la détente.

Tourisme affinitaire : La motivation principale du séjour est la visite à des parents ou des amis. Cette catégorie a été revue à compter de 2011, et intègre désormais l’ensemble des originaires de l’île qui logent chez des parents, amis, relations en tant que mode d’hébergement principal.

Autres touristes : Cette catégorie comprend les personnes voyageant pour un motif médical, une participation à une compétition sportive, un stage étudiant, etc.

Mode d’hébergement principal : Il s’agit de celui qui représente le plus de nuitées durant le séjour.

Hébergement marchand : Hôtels, gîtes, résidences de tourisme, chambres d’hôtes.
Le tourisme international poursuit sa croissance malgré la crise européenne

Le tourisme international a continué de progresser dans le monde en 2012 (+4%), dépassant le milliard d’arrivées de touristes internationaux. La fréquentation s’est développée dans toutes les zones géographiques hormis dans le Moyen-Orient, freiné par l’instabilité politique. Les économies émergentes (+4%) et en particulier l’Asie du Sud-Est (+9%) sont les destinations qui ont le plus progressé. La France figure toujours au premier rang pour le nombre de séjours de touristes internationaux, et se classe troisième pour les recettes.

À La Réunion, la fréquentation touristique marque le pas en 2012. Le nombre de touristes extérieurs diminue de 5,3% par rapport à 2011. À Maurice, la fréquentation reste stable (+0,1%) avec 965.000 visiteurs en 2012. Le fort recul des arrivées en provenance de France (-13%) a été compensé par la fréquentation des Réunionnais (+23%, 26.000 arrivées supplémentaires) et par une croissance soutenue des marchés émergents (+59% en provenance de Russie et +38% pour la Chine). Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) représentent en 2012 près d’un touriste sur cinq à Maurice. Ces pays émetteurs pèsent de plus en plus dans le tourisme mondial.

Les touristes chinois et russes sont ceux dont la dépense a le plus progressé dans le monde en 2012 avec des croissances supérieures respectivement à 40% et 30%. La Chine était classée au 3ème rang pour la dépense touristique en 2011 et la Russie 7ème. Ils comptent également de plus en plus en France. Les voyageurs en provenance des BRICS ont effectué 41% des achats détaxés sur le territoire en 2011 contre seulement 20% en 2006.

Si les prévisions de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) se confirment, la croissance devrait se poursuivre en 2013, mais à un rythme légèrement inférieur (entre 3 et 4%).


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