Monde

14.000 milliards de dollars de dette américaine

Crise économique

Céline Tabou / 27 juillet 2011

La dette publique des États-Unis a dépassé les 100% du PIB, alors que la lutte perdure entre les républicains, majoritaires à la Chambre, et le Président Barack Obama. Ce conflit illustre, selon les observateurs, « l’impasse budgétaire et financière dans laquelle s’est fourvoyé le royaume du maître dollar ».

Le fond du problème est plus politique qu’économique. En effet, la « bravade politique » des républicains pourrait conduire à la paralysie du pays. La prochaine Présidentielle de 2012 s’est invitée, avec les républicains qui jouent la montre en acceptant de relever le plafond de la dette, mais sans augmentation d’impôts, thème majeur qui leur ont permis de remporter les élections de mi-mandat l’année dernière. Du côté des démocrates, ils veulent éviter au maximum les coupes budgétaires, afin de permettre au président d’être jugé sur son bilan lorsqu’il briguera un deuxième mandat.

Sept jours avant la faillite

Les États-Unis ont sept jours pour éviter une « profonde crise économique », a averti Barack Obama lundi 25 juillet. En effet, si un accord n’est pas trouvé entre républicains et démocrates, le pays se retrouvera dans la même situation que les pays en voie de développement ou encore la Grèce, actuellement au bord de la faillite. Barack Obama a donc appelé à un compromis pour dénouer l’impasse dans les négociations sur le relèvement du plafond de la dette.

L’accord sur le relèvement de la capacité d’emprunt des États-Unis, pour l’instant limitée à 14.300 milliards de dollars, doit être trouvé avant le 2 août. A cette date, les États-Unis ne seront plus en mesure d’assurer le service de sa dette sans une autorisation par le Congrès d’emprunter plus.

Conflits politiques, les républicains, dont les conservateurs du Tea Party, exigent d’urgence des économies budgétaires afin d’économiser 4.000 milliards de dollars en dix ans, mais accompagnées de nouvelles réductions d’impôts pour les entreprises et les plus riches, dans le but, selon eux, d’« assurer la relance économique ». Egalement désireux de réduire le déficit de 4.000 milliards de dollars, Barack Obama souhaite faire partager l’effort de réduction des dépenses par toutes les catégories de la société.

Pression du FMI

Face à la pression internationale, les dirigeants américains tentent de rassurer. A l’instar du secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, qui a estimé impensable que les États-Unis ne remplissent pas leurs obligations en matière de dette. Bien que convaincue qu’un accord sera signé, la pression du FMI commence à se faire sentir.

Le Fonds monétaire international a prévenu lundi 25 juillet que les États-Unis risquaient de subir « un choc grave » si le Congrès n’agissait pas avant le 2 août. En plus des difficultés à rehausser le plafond de la dette, le FMI et le gouvernement américain sont en désaccord sur les perspectives de croissance des États-Unis. Le FMI l’estime sous les 3% lors des cinq prochaines années, alors que le projet budgétaire présenté par le président américain en février l’envisageait à plus de 4% en 2012, 2013 et 2014.

« L’heure tourne, et il est évident que ce problème doit être résolu immédiatement », a déclaré Christine Lagarde lors d’une intervention au Council on Foreign Relations, un institut de recherche politique américain. Cette dernière a appelé Washington à mettre au point un programme d’ajustement budgétaire crédible, en insistant sur le danger d’agir de façon trop hâtive.

Céline Tabou


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