Monde

14 milliards de dollars d’investissements américains en Afrique

Sommet Afrique/Etats-Unis à Washington

Céline Tabou / 6 août 2014

Réunis en sommet historique, les dirigeants des Etats-Unis et de l’Afrique ont évoqué la partie commerce et investissement mardi 5 août. Washington souhaite ainsi rattraper son retard face à l’Europe et aux pays émergents.

Le président Barack Obama a annoncé qu’un certain nombre d’entreprises américaines allaient s’engager à investir 14 milliards de dollars sur le continent, selon un responsable de la Maison Blanche, cité par l’Agence France Presse. Toutefois, aucun calendrier n’a été précisé et les investissements devraient se concentrer sur les secteurs de la construction, des énergies propres, de la banque et des technologies de l’information.

Démocratie et Droits de l’homme

La première journée de rencontre, lundi 4 août, a été consacrée à la démocratie et aux droits de l’homme. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a assuré devant les chefs d’Etat africains qu’une « société civile forte, le respect pour la démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’homme, ce ne sont pas seulement des valeurs américaines, ce sont des valeurs universelles ».
Certains chefs d’Etat ont un bilan mauvais en matière des Droits de l’Homme, raison pour laquelle, John Kerry a tenu à affirmer que « la plupart des peuples d’Afrique étaient favorables à une limitation à deux mandats pour leurs dirigeants ». Ce dernier a pressé « les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques ».
Une remarque faite en référence aux volontés affichées du Burkina Faso, de République Démocratique du Congo, du Congo-Brazzaville ou encore du Burundi de modifier la Constitution à l’approche des prochaines échéances électorales. John Kerry a rencontré le président congolais, Joseph Kabila, à qui il aurait demandé de respecter la limite à deux mandats imposée par la loi fondamentale congolaise, dans la perspective des élections de 2016, et son homologue burkinabè, Blaise Compaoré.

Commerce et investissement

L’administration américaine et les géants américains de l’industrie veulent tisser des liens économiques solides avec le continent africain, considéré désormais comme la zone la plus prometteuses de la planète. Ainsi, le FMI a estimé dans ses dernières perspectives économiques mondiales à 5,8% de croissance en 2015.
En 2013, les échanges commerciaux entre l’Afrique et Pékin ont atteint 210 milliards de dollars, contre 85 milliards de dollars entre Washington et les pays africains. C’est pourquoi, le secrétaire d’Etat a clairement annoncé « Je le dis sans complexe : nous voulons et nous allons travailler dur pour que davantage d’entreprises américaines investissent en Afrique ».
Le but sera également de permettre aux entreprises africaines d’investir aux Etats-Unis, « et il n’y a pas de raison qu’elles ne le puissent pas », a-t-il ajouté. Lors de son allocution, le patron de General Electric Jeffrey Immelt, a indiqué que « la croissance est là, maintenant, et pour de vrai. Il n’y a aucune raison que les milieux d’affaires américains ne rattrapent pas » leur retard.
Au cours des débats, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), créé en 2000, a été remise en cause, car elle n’est plus adaptée aux échanges actuels. « Il est clair que l’Afrique de 2014 n’est pas l’Afrique de 2000 », a reconnu le représentant américain au Commerce, Michael Froman. « Beaucoup d’entre vous se détournent de ce système unilatéral d’avantages et scellent des accords avec des partenaires commerciaux, comme le fait l’Union européenne », a-t-il ajouté devant des entrepreneurs africains.
Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a admit qu’il fallait désormais « rompre avec une image de l’Afrique trop souvent associée aux conflits, à la maladie et la pauvreté ». Cette dernière a admis que les américains avaient « encore beaucoup de travail pour faire évoluer une vision dépassée dans laquelle l’Afrique est souvent marginalisée ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com