Monde

50 années de transformation totale de l’Afrique

Perspectives

Témoignages.re / 6 juin 2013

La présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, prévoit une transformation totale de l’Afrique dans les 50 prochaines années, en s’appuyant sur les réalisations des pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancêtre de l’UA.

"Dans les 50 prochaines années, nous voulons mettre en place un agenda destiné à transformer totalement le continent. Nous voulons une Afrique où nous serons totalement intégrés, prospères et un continent qui sera en paix avec lui-même", indique le Dr Dlamini-Zuma dans une interview exclusive accordée à la PANA à Addis-Abeba et consacrée à l’héritage des pères fondateurs de l’OUA et à l’avenir du continent sous la conduite de l’UA.
"C’est pourquoi les chefs d’État et de gouvernement ont décidé en juillet 2012 que les célébrations sur un an (du 50ème anniversaire de l’OUA/UA) doivent être placées sous le thème "Renaissance africaine et Panafricanisme". L’Afrique doit se mettre debout et rayonner dans l’esprit du Panafricanisme" a-t-elle dit.

Pour la présidente de la Commission de l’UA, l’idée est de ramener la conversation sur qu’est-ce qu’être Africain aujourd’hui et "comment en tant qu’Africains, nous devons respecter nos valeurs partagées qui font de nous ce que nous sommes".

« Nous voyons très grand »

"Dans l’esprit de solidarité et d’unité, nous allons promouvoir le continent de façon à ce que notre population voyage librement entre les pays du continent, créer la prospérité à partir des ressources que nous avons, mais aussi vivre ensemble pacifiquement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, l’intégration totale des nations africaines ne peut être réalisée qu’avec la pleine participation des peuples du continent.

"Nous voyons les progrès de l’agenda de l’Union concernant les gouvernements et les peuples africains. Bien entendu, il reste encore un long chemin à faire", a-t-elle reconnu.

"Quand nous regardons en arrière, nous constatons que la situation du continent et les enjeux d’aujourd’hui sont totalement différents de ce qu’ils étaient il y a 50 ans", a-t-elle noté.

"Pour l’élaboration de l’Agenda 2063, nous voyons très grand. C’est seulement en voyant grand et en ayant de très grands rêves que nous pouvons transformer notre continent et son Union. Nous espérons prendre des initiatives très audacieuses sur les plans économique et politique", a souligné Mme Dlamini-Zuma. 

Déjà 6 puissances économiques

Rappelant l’objectif que les pères fondateurs de l’OUA s’étaient fixé eux-mêmes en 1963, à savoir "préserver et consolider l’indépendance durement acquise... [et] éradiquer toutes les formes de colonialisme de l’Afrique", elle a constaté que "la bataille a été largement gagnée avec plus de 90 pour cent des États membres qui expérimentent des processus électoraux démocratiques". "Cette liberté de l’autodétermination, pour moi, est le plus gros héritage légué par l’OUA", a-t-elle estimé.

"En évaluant cet héritage et ces progrès, nous devons dire que l’Afrique a évolué de manière significative durant ces 50 dernières années. Beaucoup de choses se sont passées, avec des moments très durs ; il y a eu aussi des occasions magiques et historiques que nous avons célébrés en tant qu’États et plus important en tant qu’Africains", a-t-elle ajouté.

Après les indépendances et le démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud en 1994, pour Mme Dlamini-Zuma, l’OUA a largement réalisé ses objectifs et il était devenu nécessaire de transformer l’organisation en UA en 2002, "afin que nous nous préparions pour la prochaine phase de notre développement". 

Durant les 11 années de l’UA, a-t-elle expliqué, il y a eu des changements remarquables en Afrique, qui abrite actuellement six des économies les plus dynamiques de la planète.


Kanalreunion.com