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Application d’une amnistie pour les activistes du pétrole dans le delta du Niger

Nigeria

Témoignages.re / 7 août 2009

Le delta du Niger situé au Nigeria est une région très riche en pétrole. Mais la population n’a pas accès au bénéfice de cette richesse. Une lutte armée a été déclenchée en vue d’un autre partage des revenus du pétrole. Le gouvernement nigérian a décidé d’accorder l’amnistie aux rebelles qui décident de déposer les armes.

L’amnistie de 60 jours décrétée par le gouvernement fédéral nigérian en faveur des activistes du pétrole qui accepteraient de déposer les armes a commencé ce jeudi, mais une incertitude plane sur le processus.
Le président Umaru Yar’Adua a annoncé le 24 juin dernier l’amnistie visant à accorder un pardon inconditionnel à toutes les personnes qui ont directement ou indirectement participé aux activités des organisations qui militent pour un meilleur partage des revenus pétroliers, notamment le MEND.
« Pour jouir de l’amnistie, ces personnes doivent se rendre au centre de contrôle le plus proche, y déposer leurs armes, s’inscrire, faire le serment de renonciation et recevoir l’Amnistie et le pardon inconditionnel du président. Ensuite, elles doivent s’inscrire pour les programmes de réintégration », a fait savoir le comité d’amnistie dans une déclaration.
Henry Okah, leader du Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger (MEND), le groupe militant le plus puissant de la région, a déjà accepté l’offre d’amnistie et a été depuis lors libéré de prison, et les accusations de trahison qui pesaient sur lui ont été levées.
Mais le MEND a, dans sa majorité, déjà décliné l’offre, estimant qu’elle est destinée aux criminels et non aux combattants de la liberté.
Devant l’amnistie que le gouvernement perçoit comme un premier pas pour mettre fin aux violences dans la région pétrolière, certains militants ont demandé qu’on leur paie 300.000 dollars américains pour chaque fusil AK-47 remis.
Cependant, le MEND s’est dissocié de l’accord argent contre armes tout en prenant ses distances vis-à-vis de son commandant dans l’axe de Bayelsa, le général Boyloaf, qui se trouve dans la capitale, Abuja, pour avoir des entretiens avec le gouvernement.
Les détracteurs, parmi lesquels les parties d’opposition et le Prix Nobel nigérian, Wole Soyinka, ont déclaré que l’amnistie n’était pas suffisante pour mettre fin à la crise dans la région pétrolière, et ont appelé à un processus holistique pour faire face aux problèmes de développement de la région.
Le gouvernement fédéral a, pour sa part, appelé les militants à se méfier de ceux qui disent que l’amnistie ne doit pas être acceptée avant que le Delta du Niger ne soit développé, les 13 pour cent de retombées augmentés et un véritable fédéralisme mis en place, estimant que sans la paix, il ne peut pas y avoir de développement et que les retombées constituent une question constitutionnelle.
Les activités des militants, y compris les attaques contre les infrastructures pétrolières et les enlèvements de travailleurs du pétrole, ont réduit la production pétrolière du Nigeria de 1 million de barils par jour et poussé certaines compagnies à se délocaliser de la région pétrolière.


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