Monde

Après la Grèce et l’Espagne, aujourd’hui le cas italien

Crise en Europe

Céline Tabou / 1er août 2012

Craignant une aggravation de la crise en période estivale comme ce fut le cas l’an dernier, les responsables européens tentent d’anticiper toute panique des marchés. Après les cas grec et espagnol, l’Italie voit son taux de chômage atteindre un record : 10,8% de la population active en juin contre 10,6% en mai.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a déclaré mardi 31 juillet qu’il voyait « la lumière au bout du tunnel » dans la crise que traverse la zone euro. Ce dernier n’a toutefois pas annoncé les perspectives à venir des responsables politiques et monétaires de la zone euro, salués par les investisseurs.

Chômage record en Italie

Le taux de chômage en Italie a atteint un nouveau record en juin. 10,8% de la population active contre 10,6% en mai sont sans emploi, alors que le pays est en pleine récession, selon une estimation provisoire publiée mardi 31 juillet par l’Istat. Ce taux est le plus élevé depuis le début de la série statistique des chiffres mensuels de l’emploi de janvier 2004. Le chômage dépasse la barre symbolique des 10% pour le 4ème mois consécutif. Selon les données corrigées des variations saisonnières publiées par l’institut national des statistiques, le nombre de personnes à la recherche d’un emploi s’est élevé à 2,792 millions en juin dans le pays, ce qui représente une hausse de 2,7% sur un mois (+73.000 personnes) et un bond de 37,5% sur un an (+761.000 personnes), d’après l’“Agence France Presse”.

En dépit des plans d’austérité à la chaîne destinés à rassurer les marchés, le chômage ne cesse de grimper. Dans un tel contexte, le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a entamé sa visite européenne, en France, en Finlande et en Espagne. Ce dernier espère que son échange avec le président français, François Hollande, accélèrera la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer l’euro et stimuler la croissance.

Souhaitant apaiser les tensions, Mario Monti a déclaré à la radio italienne Rai 1 : « Nous, comme le reste de l’Europe, nous approchons de la fin du tunnel de la crise qui commence à s’illuminer ». Ce dernier a indiqué que les décisions prises « à 17 et à 27 lors du Conseil européen des 28 et 29 juin ont été très importantes » et « maintenant, nous en voyons les conséquences en termes de disponibilité majeure des institutions européennes ou des gouvernements » à les mettre en œuvre. Le chef du gouvernement italien a indiqué que « la clé de voûte » de la sortie de crise « doit être la mise en œuvre sans tarder des décisions prises à Bruxelles ».

« Faire tout pour sauver l’euro »

L’Espagne est encore au cœur des inquiétudes et les dirigeants européens tentent de positiver afin de rassurer les marchés. De son côté, la Grèce est « un point noir », indique l’“Agence France Presse”. Le gouvernement essaie de trouver 11,5 milliards d’économies supplémentaires pour 2013 et 2014, afin de voir l’aide du Fonds monétaire international et de l’Union européenne de 31,5 milliards d’euros se débloquer.

L’office européen de statistiques, Eurostat, a annoncé mardi 31 juillet que le taux de chômage de la zone euro s’est établi en juin au chiffre record de 11,2% de la population active (24,8% pour l’Espagne, plus de 20% pour la Grèce). Ces annonces interviennent quelques jours après les déclarations du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, qui a assuré que la BCE était « prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro ». Cette déclaration a rassuré les marchés, qui ont tenu à imposer de nouveaux plans d’austérité aux États européens endettés, en laissant entendre que la BCE pourrait agir sur le marché de la dette, afin de faire baisser les taux de l’Italie et de l’Espagne, dont le taux d’emprunt a dépassé les 7%. Depuis, ces taux sont retombés, à 6,6% contre 7,7% la semaine dernière pour les emprunts à dix ans de l’Espagne.

Mario Draghi pourrait, selon la presse européenne, préciser les mesures envisagées lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs. Lundi 30 juillet, il s’est entretenu avec le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, car le président américain, Barack Obama, a insisté pour des mesures décisives afin de sauver la zone euro.
Timothy Geithner a déclaré au ministre français de l’Économie, Pierre Moscovici, que des efforts de l’Europe devaient être réalisés « pour assurer la stabilité financière, encourager une plus grande intégration économique et promouvoir la reprise de la zone euro », selon un communiqué du Trésor.

Céline Tabou


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