Monde

Ban Ki-moon promet le soutien des Nations Unies aux victimes du séisme

Tremblement de terre en Haïti

Témoignages.re / 19 janvier 2010

En visite en Haïti pour exprimer sa solidarité dimanche 17 janvier, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a promis le soutien des Nations Unies aux victimes du séisme de magnitude 7,0 qui a ravagé mardi la capitale Port-au-Prince et affecté, selon les estimations, trois millions d’Haïtiens.

« Chères Haïtiennes, chers Haïtiens. Permettez-moi, tout d’abord, de vous exprimer mes sincères condoléances. L’évènement que vous venez de subir est tragique et, comme vous, ici, à Port-au-Prince, je pleure de valeureux collègues et amis », a déclaré en français M. Ban lors d’une conférence de presse dans la capitale haïtienne.
« J’ai tenu à être ici, parmi vous, à vos côtés, pour vous exprimer ma profonde solidarité et mon plein soutien. Je sais la douleur que chacun et chacune de vous vivez en ce moment. Le grand désarroi dans lequel se trouvent les personnes touchées de plein fouet par cette catastrophe », a-t-il ajouté.
« Les Nations Unies entreprennent tout ce qui est en leur pouvoir pour vous venir en aide. Tous les moyens sont mis en œuvre et notre personnel travaille d’arrache-pied pour coordonner les secours et vous prêter assistance », a dit encore M. Ban. « Dans cette épreuve et dans les défis qu’elle apporte, les Nations Unies vous tiennent la main ».

Besoin urgent d’eau

Le Secrétaire général a détaillé trois priorités : la recherche de survivants, l’assistance humanitaire et la coordination.
« Les gens ont besoin de nourriture, d’eau, de médicaments et de tentes. Nous commençons à les faire venir. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déjà commencé ses opérations. Et hier, il a nourri 40.000 personnes. Le nombre de gens que le PAM va aider s’élèvera dans les quinze jours à un million de personnes et à deux millions dans les quinze jours qui suivent », a-t-il dit.
Ban Ki-moon a insisté également sur la coordination.
« Même affaiblie, la MINUSTAH est opérationnelle », a déclaré samedi Edmond Mulet, qui a été envoyé par Ban Ki-moon pour prendre la tête de la MINUSTAH après le séisme. Il a souligné l’importance d’une collaboration entre les Casques bleus et les troupes américaines, dont près de 3.500 seront bientôt déployées en Haïti, pour maximiser les efforts pour apporter de l’aide.
Alors qu’il visitait les ruines de l’hôtel Christopher qui servait de siège à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), le Secrétaire général a reçu un drapeau de l’ONU. « Je le garderai en mémoire de nos collègues qui ont donné leur vie pour la cause de la paix », a-t-il dit.
« Je suis très triste de voir ce que toute cette destruction a coûté aux Nations Unies et à nos chers collègues. Mais je pense que leur souhait le plus cher serait que nous continuions », a-t-il ajouté.

70 personnes arrachées aux décombres

Parmi les employés de l’ONU tués par le séisme, on compte le chef de la MINUSTAH, Hédi Annabi, son adjoint Luiz Carlos da Costa, et le Commissaire de police par intérim Doug Coates de la Police montée royale canadienne.
Un employé, Jens Kristensen du Danemark, a été retiré vivant dimanche des décombres de l’hôtel Christopher. « Sauver des vies est notre première priorité et j’espère que nous verrons d’autres miracles de la sorte », a dit M. Ban.
A son arrivée dimanche après-midi en Haïti, le Secrétaire général a rencontré le Président haïtien René Préval. Il a aussi retrouvé avec émotion son ancienne porte-parole, Michèle Montas, qui est haïtienne.
Des équipes de secours du monde entier continuaient à travailler 24 heures sur 24 pour retrouver des survivants enfouis sous les décombres. Plus de 70 personnes ont été retrouvées vivantes grâce à plus de 1.700 sauveteurs et 161 chiens.


Washington veut affirmer son leadership dans la Caraïbe

L’organisation des secours en Haiti est l’occasion pour Washington de tenter d’affirmer son leadership dans la région, notamment aux dépens de la France, qui face au déploiement US, a adressé une protestation symbolique.

Les Etats-Unis ont mis en place un puissant dispositif militaire en Haiti pour aider les victimes du séisme. Barack Obama avait promis dès mercredi matin une réaction des Etats-Unis « rapide, coordonnée et ferme » et Washington a débloqué une première tranche de 100 millions de dollars d’assistance. Cette présence américaine massive est particulièrement visible dès l’aéroport de Port-au-Prince.
En vertu d’une convention signée avec le gouvernement haïtien, les Etats-Unis ont été officiellement chargés de le faire fonctionner. Il reste désormais ouvert 24 heures sur 24 et peut accueillir 90 avions par jour. Les parachutistes de la 82ème division aéroportée de l’armée américaine ont pris le contrôle de l’aéroport Toussaint Louverture où ils débarquent du matériel lourd, sous les yeux de centaines d’Haïtiens et d’étrangers espérant quitter cet enfer.
Petit accroc toutefois au sujet de cette "mainmise" américaine, la France a protesté officiellement auprès des Etats-Unis à propos de leur gestion de l’aéroport de Port-au-Prince, où un avion-hôpital français a été empêché d’atterrir, a déclaré samedi le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet. L’avion-hôpital français n’a pas se poser en raison de l’engorgement du site par des dizaines d’appareils transportant des sauveteurs ainsi que des secours.
Petit accroc toutefois au sujet de cette "mainmise" américaine, la France a protesté officiellement auprès des Etats-Unis à propos de leur gestion de l’aéroport de Port-au-Prince, où un avion-hôpital français a été empêché d’atterrir, a déclaré samedi le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet. L’avion-hôpital français n’a pas se poser en raison de l’engorgement du site par des dizaines d’appareils transportant des sauveteurs ainsi que des secours.


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