Monde

Banque mondiale : 47% des voix pour les pays en développement

Le début d’un changement de gouvernance des institutions financières internationales

Sanjiv Dinama / 28 avril 2010

Dimanche dernier, les 186 États membres de la Banque mondiale ont trouvé un accord sur le transfert de 3,13% des droits de vote vers les pays émergents. « Cette approbation du changement du poids des votes est cruciale pour la légitimité des banques », a indiqué Robert Zoellick, Président de la Banque mondiale. Elle représente un premier pas vers un droit de vote équitable entre les pays développés et en voie de développement. La Chine demande dorénavant une révision périodique d’un partage du pouvoir dans l’avenir. La crédibilité des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, qui viennent en aide aux pays en difficulté, serait à terme mise à mal si ses pays membres ne sont pas représentés de manière proportionnelle à leur poids dans l’économie mondiale.

Les 186 Etats membres de la Banque mondiale ont trouvé dimanche dernier un terrain d’entente. Au terme d’une augmentation de capital de 5,1 milliards de dollars, le poids relatif des pays émergents a sensiblement augmenté. Si tous les membres ont participé à une première augmentation dite « générale » de 3,5 milliards de dollars, seuls les pays dits « en développement et en transition » seront autorisés à apporter un complément d’environ 1,6 milliard de dollars qui leur permettra d’augmenter leurs droits de vote.
Ainsi, les droits de vote de la Chine passent de 2,77% à 4,42%. La Chine devient ainsi la 3ème puissance au sein de l’institution internationale. Le Brésil (de 2,06% à 2,24%) et l’Inde (de 2,77% à 2,91%) sont également concernés par cette augmentation.

Première fois en 20 ans

C’est la première fois depuis 20 ans que la Banque mondiale procède à une augmentation de capitale. Lors du G20 de Pittsburgh (Etats-Unis) en septembre, les pays riches et les pays émergents s’étaient mis d’accord sur le principe d’une nouvelle répartition des droits de vote.
Selon les pays émergents, la crédibilité des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, qui viennent en aide aux pays en difficulté, sera à terme mise à mal si ces pays membres ne sont pas représentés de manière proportionnelle à leur poids dans l’économie mondiale.
Selon Robert Zoellick, Président de la Banque mondiale, « nous avons aussi fait de grands progrès en augmentant le poids et l’influence des pays en voie de développement dans le groupe de la Banque mondiale. Cette approbation du changement du poids des votes est cruciale pour la légitimité des banques. Cela signifie qu’on doit reléguer les concepts démodés comme "tiers-monde" à leur juste place, dans les livres d’Histoire ».

Les Etats-Unis demeurent au 1er rang

Après la première phase des réformes décidées en 2008, les pays en développement occupent une part de 44% dans la Banque mondiale. Lors du Sommet du G20 tenu en septembre 2009 à Pittsburgh aux Etats-Unis et de la réunion du Comité de développement en octobre 2009 à Istanbul, les actionnaires de la Banque mondiale ont convenu d’augmenter le droit de vote à au moins 47% pour les pays en développement et en transition.
Le président de la Banque mondiale a souligné que la banque se trouve à un point tournant et que les actionnaires doivent respecter leur engagement en augmentant les droits de vote des pays en développement dans l’organisation financière internationale.

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a affirmé dimanche que « la nouvelle formule reflète mieux le poids des pays en développement et en transition dans l’économie mondiale, en protégeant les voix des plus petits et pauvres pays ». Les Etats-Unis demeurent tout de même au premier rang en ce qui concerne le droit de vote avec une part de 16,4%, suivis du Japon (7,9%).

Un changement salué par la Chine

Le ministre chinois des Finances, M. Xie Xuren, a salué le changement des modalités de vote. Il a indiqué que le consensus représentait une étape importante vers un droit de vote équitable entre les pays développés et ceux en voie de développement. Il a cependant annoncé que cette réussite ne faisait partie que du seul processus en cours, évoquant ainsi le soutien de la Chine à une révision périodique d’un partage du pouvoir dans l’avenir.

Rappelons que des pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui étaient jusqu’à maintenant des emprunteurs du FMI ou de la banque mondiale sont devenus aujourd’hui des prêteurs de ces institutions internationales. Ainsi leur demande pour une plus grande représentativité dans les institutions financières internationales comme la FMI (Fonds monétaire international) ou la Banque mondiale devient totalement légitime.

Sanjiv Dinama


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