Monde

Barack Obama en guerre contre l’Etat islamique

Les Etats-Unis veulent bombarder en Syrie

Céline Tabou / 12 septembre 2014

Le président américain Barack Obama a annoncé mercredi 10 septembre, qu’il était prêt à autoriser des frappes aériennes en Syrie contre l’Etat islamique. Ce dernier prévoit un long combat contre les jihadistes ultra-radicaux. Cette décision est prise sans demander l’avis de la Syrie.

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Barack Obama a présenté une nouvelle offensive dans le Moyen-Orient. (Official White House Photo by Chuck Kennedy)

A la veille du 13ème anniversaire des attentats du 11-septembre, le président américain a réuni à la Maison Blanche son Conseil de sécurité nationale et des hauts responsables de l’armée et du renseignement, afin de marquer la décision de son administration de mener une guerre « implacable » car « je n’hésiterai pas à agir contre l’EI en Syrie, comme en Irak », a-t-il précisé.

« Détruire l’EI »

Peu avant son allocution, Barack Obama avait prit contact avec le roi Abdallah d’Arabie saoudite, afin d’échanger sur la mobilisation de l’Alliance, faite lors du sommet de l’OTAN, contre les jihadistes sunnites qui veulent établir un « califat » entre l’Irak et la Syrie. « Ce soir, le président expliquera comment les Etats-Unis mettront en place une stratégie globale pour affaiblir et, à terme, détruire l’EI », a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat à l’Agence France Presse. Ce dernier avait d’alleurs évoqué qu’en plus de s’attaquer aux forces de l’EI sur le terrain, l’armée américaine devrait s’attaquer à ses alliés.

Les attaques seraient faite par des frappes aériennes contre les combattants de l’EI en Syrie, comme c’est le cas actuellement en Irak avec plus de 150 frappes américaines depuis le début du mois d’août. Malgré cette volonté militaire d’attaquer l’EI, sur le plan diplomatique, Barack Obama a désormais un ennemi commun avec le président syrien bachar al-Assad.

Raison pour laquelle, lors de sa conversation téléphonique avec le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, les deux hommes se sont accordés sur l’élévation de l’entraînement et l’équipement de l’opposition syrienne modérée. Selon la Maison Blanche, les deux dirigeants ont jugé qu’une opposition syrienne plus forte était « essentielle pour faire face aux extrémistes tels que l’EI ainsi qu’au régime Assad qui a perdu toute légitimité ».

Lors de son intervention, le président américain a assuré, « je n’hésiterai pas à agir contre l’EI en Syrie, comme en Irak », car « notre objectif est clair : nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l’EI ». Ce dernier a estimé que les jihadistes sunnites étaient responsables de la décapitation des deux journalistes américains, affirmant qu’ils appartenaient à « une organisation terroriste qui n’a d’autre vision que le massacre de tous ceux qui s’opposent à elle ».

Il est à noter que les USA s’apprêtent à bombarder en Syrie sans que le gouvernement syrien n’ait donné son accord alors que la Syrie est un état souverain siégeant à l’ONU.

Envoi de 475 conseillers

Excluant le déploiement de troupe sur le sol syrien, Barack Obama a annoncé l’envoi de 475 conseillers militaires supplémentaires en Irak pour soutenir les forces kurdes et irakiennes en matière d’équipement, de formation et de renseignement. Dans son discours, le président américain a appelé le Congrès à débloquer des fonds pour « équiper et entraîner « les rebelles syriens. Contrairement à ses engagements de cesser une « décennie de guerre », Barack Obama a assuré que cette campagne étaient menées suite à celles contre les islamistes au Yémen ou en Somalie et serait fondamentalement « différente » des guerres en Afghanistan et Irak, initiées par son prédécesseur, George W. Bush, a relévé l’AFP.

Rassuré par la coalition faite avec ces pays de l’OTAN, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a assuré que « notre coalition internationale réussira à éliminer la menace en Irak, dans la région et dans le monde », quelques heures avant l’allocution de Barack Obama. De peur d’être isolé, comme l’administration Bush l’avait été lors de la guerre en Irak, le gouvernement de Barack Obama veut obtenir le soutien des monarchies du Golfe qui ont dénoncé l’EI, dont les activités pourraient remettre en cause leur stabilité.

Suite au discours de Barack Obama, l’opposition syrienne a favorablement accueilli cette stratégie, appelant à agir aussi contre le régime du président Bachar al-Assad. Dans un communiqué, la coalition de l’opposition a apporté son soutien au plan d’action des américains, et souligné avoir « durant longtemps réclamé une telle action (contre l’EI) et mis en garde contre la menace grandissante de ce groupe extrémiste ».

Pour sa part, l’armée syrienne libre a assuré qu’elle « peut réussir mais a besoin d’aide pour devenir une force crédible et bien équipée ». avec lui. De leurs côtés, les autorités iraniennes ont exprimé leurs doutes sur le sérieux et la sincérité de cette coalition pour s’attaquer aux vraies causes du terrorisme. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a accusé certains pays de la coalition d’avoir fourni un soutien financier aux jihadistes, alors que d’autres espèrent apporter des changements politiques en Irak et en Syrie pour leurs propres intérêts, a indiqué l’AFP.


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