Monde

Capitalisme et mondialisation pointés du doigt à Davos

43ème Forum économique mondial

Céline Tabou / 22 janvier 2013

Le 43ème Forum de Davos s’est ouvert à Davos, en Suisse, du 22 au 27 janvier, avec pour thème central le « dynamisme résilient ». Cinq années se sont écoulées depuis le commencement de la crise économique et financière, débutée aux États-Unis avec Lehman Brothers. Les acteurs politiques et économiques s’inquiètent des « maux du capitalisme ».

Considéré comme un lieu de pouvoir, Davos est « plutôt devenu un lieu d’interaction », a expliqué le directeur général du Forum économique mondial, Robert Greenhill. Le forum réunit politiques, chefs d’entreprise, mais aussi universitaires, religieux et associatifs représentant la société civile.

Think tank international, celui-ci réunit les « leaders » dans leur domaine, Davos rassemble les décideurs des politiques économiques et sociales à mettre en place dans les États. Premier jour des débats, Klaus Schwab, le fondateur du Forum de Davos, exposera les « façons de retrouver de la compétitivité en Europe », car le mot d’ordre de ce forum est « Entreprendre ». Il s’agit, selon les organisateurs, de « la seule façon de faire croître les économies tout en garantissant le progrès social ».

Une réforme du système capitaliste

L’édition 2012 du forum portait sur "Le capitalisme du XXème siècle est-il en train de flouer la société du XXIème siècle ?", "Risques globaux en 2012 : les graines de la désillusion" ou encore "Réparer le capitalisme". Économistes, politologues, sociologues, historiens et scientifiques vont se pencher pendant plusieurs jours sur le système capitaliste. En désaccord sur le diagnostic et les solutions, tous s’accordent à dire que « le système ne peut sortir inchangé de la crise actuelle », a expliqué “Le Monde”.

La situation économique et financière de l’Occident s’enlise d’année en année, en dépit des mesures d’austérité imposées en Europe et des tentatives de relance aux États-Unis et en Chine. L’économie mondiale reste encore morose et la reprise reste lente, bien que tirée par les pays émergents. Selon les perspectives de novembre 2012 de l’OCDE, la croissance de l’économie mondiale devrait être modérée en 2013 (1,4%) et en 2014 (2,3%). La récession devrait persister en 2013 dans la zone euro, dont l’instabilité reste « la plus importante menace » sur l’économie mondiale.

Parmi les réformateurs, Klaus Schwab a plaidé pour « une analyse approfondie » permettant de comprendre « pourquoi le système capitaliste ne fonctionne plus dans sa forme actuelle », regrettant que les leçons n’aient pas été tirées au cours de ces dernières années. En janvier 2009, 53% des Français souhaitaient une réforme profonde du système capitaliste, selon un sondage TNS-Sofres, contre 31% des Européens. Ce sondage a été publié lors du colloque “Nouveau monde, nouveau capitalisme” et 52% des Européens contre 38% des Français souhaitaient une réforme plus partielle du capitalisme.

50 principales menaces pour l’économie mondiale

Dans une étude publiée le 15 janvier, le Forum économique mondial a publié la huitième version de son étude “Global Risks”, consacrée à l’ensemble des menaces susceptibles d’affecter le monde au cours des dix prochaines années. Ce document est destiné à orienter les décideurs publics et privés. L’étude s’attache à plusieurs domaines économiques, géopolitiques, environnementaux, sociétaux et technologiques, « en fonction de leur probabilité et de leur potentiel de nuisance », a expliqué “Les Échos”. De nombreux facteurs sont également pris en compte comme le réchauffement climatique, les déficits budgétaires, la militarisation de l’espace, ou encore les tempêtes électromagnétiques.

Tout est lié. Gilbert Canameras, président de l’Amrae (Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise), a expliqué que « les risques ne doivent plus être considérés de façon isolée ». Faute à la mondialisation, les entreprises nationales doivent prendre en compte les évènements mondiaux, par exemple le séisme japonais et la catastrophe de Fukushima en 2011 ont des conséquences sur de nombreuses entreprises étrangères de sous-traitance notamment.

Parmi les risques majeurs, Internet et les réseaux sociaux, sur lesquels une rumeur ou une information peuvent avoir des conséquences dramatiques. Les émeutes après la diffusion de la vidéo anti-islam en septembre 2012 sont l’exemple même de l’internationalisation des évènements. L’étude met en exergue « les risques de dérives, que ce soit sur le plan géopolitique ou à l’échelle d’une entreprise », a cité “Les Échos”. De plus, l’intensification des catastrophes naturelles nécessite, d’après l’étude, des investissements afin de limiter le changement climatique et de préparer à ses conséquences. La raison est le coût des catastrophes de plus en plus élevé à des États déjà endettés.

Le Forum économique mondial aura la tâche d’étudier l’ensemble des 50 risques afin de mettre en place des politiques publiques efficaces, mais également des stratégies économiques viables pour les entreprises. Un forum destiné à développer un nouveau modèle de développement décidé par un millier de politiques, universitaires, religieux, associatifs et économistes.

Céline Tabou


Kanalreunion.com