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Centrafrique : les Nations Unies préoccupées

Droits humains

Témoignages.re / 9 mars 2014

Le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-Moon s’est dit fortement préoccupé par la grave détérioration de la situation en République centrafricaine et mis en garde qu’elle pourrait avoir de graves conséquences sur le pays.

« Le niveau effrayant de violence et le déplacement massif de populations changent la démographie du pays, avec d’éventuelles conséquences dans le long terme », a-t-il souligné dans un rapport au Conseil de sécurité des Nations unies à New York.

Il a également exhorté la communauté internationale à agir immédiatement, afin de sauver la situation et affirme qu’il faut « agir maintenant ». Ban a également appelé en faveur d’une coopération avec les pays voisins de la RCA, pour parvenir à un règlement durable du conflit.

Le secrétaire général des Nations unies a par ailleurs noté que les attaques menées par les milices anti-balaka en décembre à Bangui contre les ex-rebelles de la Séléka ont inversé la dynamique du conflit et déclenché un cercle vicieux de représailles au sein des populations civiles et des affrontements entre les milices armées qui ont profondément affecté les populations civiles à travers le pays.

Les efforts de la communauté internationale, en particulier le rapide déploiement de la mission internationale africaine sous l’égide de l’Union africaine en RCA, (MISCA) et l’opération Sangaris des forces françaises, ont été déterminants pour sauver la vie des civils.

Aussi a-t-il salué la décision d’augmenter les effectifs des forces internationales, y compris par le déploiement d’une force de l’Union européenne et l’engagement des autres leaders à fournir des troupes et du personnel de police supplémentaire au cours de cette phase transitoire critique.

Sur la situation politique dans le pays, le Secrétaire général s’est dit encouragé, après la formation rapide d’un gouvernement de transition sous la direction du nouveau chef d’Etat, en la personne de Mme Catherine Samba-Panza et par sa volonté à faire face aux nombreux et énormes défis à venir.

M. Ban a noté que le gouvernement de transition aura cependant besoin de l’engament durable de ses voisins et de la communauté internationale, en général pour sortir le pays de la crise actuelle, précisant que bien que les Nations unies et la communauté internationale en général soient prêtes à appuyer la République centrafricaine, il incombe d’abord aux centrafricains de trouver une solution aux souffrances infligées à leur pays.

« Je lance donc un appel aux parties prenantes centrafricaines pour qu’elles saisissent l’opportunité de cette période de transition pour résoudre les problèmes immédiats auxquelsle pays est confronté, mettre un terme à la violence et restaurer la tradition séculaire de coexistence pacifique dans le pays, tout en jetant les bases pour une paix et une stabilité durables », a-y-il souligné.

Le Secrétaire général les a exhortées à coopérer pleinement avec la MISCA et les autres forces internationales et avec le représentant spécial des Nations unies sur le terrain, ainsi qu’avec la mission prévue pour le maintien de la paix, une fois qu’elle sera déployée.

M. Ban a annoncé avoir soumis au Conseil de sécurité une initiative en six points proposant des mesures immédiates pour mettre un terme à la violence et aux massacres, protéger les civils, empêcher la partition de facto du pays, faciliter la distribution de l’aide humanitaire et fournir au gouvernement de transition le soutien urgent dont il a besoin.

« Les problèmes en république centrafricaine sont énormes et complexes », a déclaré le Secrétaire général, qui a souligné que « la réponse à la crise doit être globale, multidimensionnelle et soutenue, afin d’aider le pays à se stabiliser, rétablir la loi et l’ordre et rebâtir les institutions de l’Etat qui pourront sécuriser le pays et protéger les populations ».

M. Ban a déclaré que la mission des Nations unies prévoit une coopération forte et étroite avec la Banque mondiale, la Banque africaine de Développement, entre autres institutions financières, pour reconstruire la République centrafricaine.


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