Monde

Chômage et pauvreté croissantes en Europe

Plus de 18 millions de chômeurs dans la zone euro

Céline Tabou / 11 janvier 2013

L’office européen de statistiques Eurostat a annoncé un taux de chômage record dans la zone euro, celui-ci s’est fixé à 11,8% de la population active en novembre 2012. 18,820 millions de personnes étaient au chômage en novembre dans la zone euro, ce qui constitue une hausse de 113.000 par rapport à octobre 2012 et de 2,015 millions par rapport à novembre 2011.

La Grèce et l’Espagne sont les deux pays de la zone euro les plus touchés, avec des taux de chômage les plus élevés 26,6 % de la population espagnole et 26% de la population grecque. Dans l’ensemble de l’Union européenne, le chômage est resté stable en novembre par rapport à octobre, à 10,7%. Au total, 26,061 millions de personnes étaient au chômage dans l’UE en novembre, soit 154.000 de plus qu’en octobre et 2,012 millions de plus qu’un an auparavant.

Plus de 26 millions de chômeurs

Dans l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne, Eurostat dénombre plus de 26 millions de chômeurs. Ce chiffre devrait gonfler en 2013, notamment avec les perspectives économiques au plus bas. « Il semble hautement probable que le taux de chômage dépasse clairement les 12% au cours de 2013 » dans la zone euro, a estimé Howard Archer, économiste d’IHS Global insight. Face à de tels chiffres, le Premier ministre irlandais Enda Kenny, en visite en Allemagne, a jugé, selon le quotidien “La Tribune”, «  complètement inacceptable que 26 millions de personnes soient au chômage en Europe  ». En particulier, le chômage des jeunes n’est « pas supportable », a-t-il déclaré. Le taux de chômage des jeunes était de 24,4% en novembre dans la zone euro, avec des pics à 57,6% en Grèce et 56,5% en Espagne.

Eurostat constate que «  de manière générale, les pays soumis à des cures d’austérité drastiques, le plus souvent pour accompagner un plan d’aide européen, ont vu leur taux de chômage grimper en un an : il est ainsi passé de 18,9% à 26% en Grèce et de 14,1% à 16,3% au Portugal. Ces taux très élevés contrastent avec ceux observés en Autriche (4,5%), au Luxembourg (5,1%), en Allemagne (5,4%) et aux Pays-Bas (5,6%) » .

Le commissaire européen aux Affaires sociales, Laszlo Andor, a reconnu que «  le fossé s’élargit entre les pays confrontés à une hausse rapide du chômage et ceux où le marché du travail fonctionne mieux  ». En effet, le rapport sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe de Laszlo Andor met en exergue l’évolution des divergences entre le nord et le sud de la zone euro. L’écart entre ces deux régions est passé de 3,5 points en 2000 à zéro en 2007, puis à 7,5 points en 2011.

Hausse de la pauvreté en Europe

La crise, la récession et les nombreux plans d’austérité sont les principales causes de cette augmentation constante de la pauvreté sur le Vieux continent. Dans son rapport sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe, le porte-parole de la Commission européenne, Jonathan Tod a expliqué qu’ «  au début de la crise, les États membres ont constaté que leurs recettes fiscales ont diminué et que les allocations par exemple de chômage ont augmenté, donc ça a compensé l’effet de la crise sur la pauvreté mais au fur et à mesure avec la durée de la crise, il y a eu moins d’effet. Et donc maintenant, on constate dans beaucoup d’États membres, une augmentation des gens en situation de pauvreté  ».

D’autant plus que «  la plupart des systèmes de Sécurité sociale ont perdu une grande partie de leur capacité à protéger les revenus des ménages contre les effets de la crise  », a expliqué le commissaire européen aux Affaires sociales. Ce dernier a jugé «  improbable que l’Europe connaisse beaucoup d’améliorations sur le plan socioéconomique en 2013  ». Laszlo Andor préconise de «  faire plus de progrès en matière de crédibilité dans la résolution de la crise de l’euro, trouver les ressources pour réaliser des investissements indispensables, y compris dans la formation, pour aider les gens à trouver un emploi et contre l’exclusion sociale, et faire en sorte que la finance agisse au service de l’économie réelle  ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com