Monde

Chômage et précarité à l’honneur de ce 1er mai

Manifestations en Europe et dans le monde

Céline Tabou / 3 mai 2013

À l’occasion de la fête du Travail, des milliers d’Européens ont décidé de descendre dans la rue pour dénoncer les politiques d’austérité. Avec plus de 26 millions de personnes sans emploi, le taux de chômage dans l’UE s’est élevé à 10,9% en février 2013.

Durement touchées par le chômage, avec plus de 27% de la population active, la Grèce et l’Espagne ont manifesté le 1er mai, contre l’austérité, mais également pour davantage de mesures en faveur de l’emploi. Selon l’Agence France Presse, des pancartes défilaient à Madrid sur lesquelles étaient inscrit : « 6.200.000 chômeurs, non à l’austérité ! », « Plus de démocratie, moins d’austérité ! ».

82 manifestations dans toute l’Espagne

Les milliers de manifestants dans 82 villes du pays ont répondu à l’appel syndicats UGT et Comisiones obreras (CCOO). Sous le mot d’ordre « lutte pour les droits », des dizaines de milliers de manifestants ont dénoncé les coupes budgétaires, la réforme du marché du travail qui a détruit des millions d’emplois et la hausse des impôts. Ce mouvement social intervient quelques jours après l’annonce du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy d’une imposition supplémentaire des taxes.

Les syndicats ont proposé au gouvernement la mise en place d’un « pacte national » pour l’emploi. Le chômage a atteint un record à la fin mars avec 6,2 millions de personnes sans emploi, soit 27,16% de la population active, dont 57,22% chez les 16-24 ans. Dans différentes villes du pays, les manifestants ont réclamé une nouvelle politique économique basée sur la croissance et la création de l’emploi.

Ces derniers ont vivement critiqué le manque de mesures alternatives pour renouer avec la croissance. Les syndicats pointent du doigt les « agressions » du gouvernement contre les acquis et les avancées sociales pour l’ensemble de la société, appelant des mobilisations. De son côté, Mariano Rajoy défend son plan de réformes structurelles destiné à contribuer à la réduction du déficit public, conditionnée par l’UE pour obtenir l’aide financière.

Le monde en ébullition

À Istanbul, des échauffourées ont éclaté entre les policiers et les manifestants, désireux de se rendre à la place Taksim, un lieu emblématique de la grande ville turque. En Asie, le coup d’envoi des défilés a été donné sous le signe des oubliés de la croissance. Au Bangladesh, des dizaines de milliers de manifestants ont dénoncé les patrons d’usines de textile, après la mort de centaines de travailleurs suite à l’effondrement d’un bâtiment délabré. « Pendez les tueurs ! Pendez les propriétaires d’ateliers », ont réclamé les Bangladais.

En Europe, Berlin a vu défiler plusieurs centaines de manifestants dénonçant l’austérité, entraînant des affrontements entre policiers et militants d’extrême-gauche. À Pérouse en Italie, des milliers de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer les hausses de chômages/ de même en Pologne et au Portugal, où des milliers de personnes ont crié « Troïka dehors ! », « FMI go home ! ». La troïka a imposé au Portugal, à l’Espagne et à la Grèce des mesures drastiques de réduction des déficits entraînant une hausse considérable du chômage.

De leurs côtés, les syndicats de marins ont également fait la grève. « Le soulèvement des travailleurs de Chicago [le 1er mai 1886, qui a entraîné la création de la Fête du Travail par la IIe internationale communiste] montre la voie des luttes contre l’esclavage moderne », a indiqué syndicat des marins, selon “Le Monde/AFP”.

Des manifestations ont été prévues dans le centre d’Athènes, organisées à la fois par le Front de lutte des travailleurs, proche du Parti communiste grec, et les syndicats du privé, GSEE, et du public Adedy ainsi que des groupes de gauche. « Nous réclamons des conventions collectives, de l’emploi, de la croissance, des droits sociaux démocratiques », indiquaient les affiches de la GSEE dans le centre d’Athènes. Selon la police, 13.000 personnes ont manifesté à Athènes et à Thessalonique, au moment où la Grèce, soumise à des coupes draconiennes dans les salaires et les retraites, connaît sa sixième année consécutive de récession.

Céline Tabou


Kanalreunion.com