Monde

Climat incertain pour la présidentielle en Ukraine

Vote prévu dimanche 25 mai

Céline Tabou / 23 mai 2014

A la veille de l’élection présidentielle, l’Ukraine connait une montée de la violence dans l’est du pays. Les soldats ukrainiens ont fait face, le 22 mai, à d’importantes pertes, depuis le début de l’opération destinée à reprendre le contrôle de la région aux mains des séparatistes pro-russes.

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Plusieurs régions de l’Ukraine se sont émancipées de l’autorité de Kiev.

Près de 17 soldats ukrainiens ont été tués dans des attaques menées par des militants pro-russes, près de Volnovakha, dans la région de Donetsk. L’opération du gouvernement lancée le 13 avril devait reprendre le contrôle des régions de Lougansk et de Donetsk, sous le contrôle des séparatistes, qui ont proclamé leur souveraineté après des référendums d’indépendance.

Une accalmie de courte durée

Depuis plusieurs jours, la situation dans l’Est du pays semblait se stabiliser, après les violences en début de semaine qui ont fait un mort côté ukrainien. Les Nations Unies avaient dénombré au moins 127 personnes (militaires ukrainiens, séparatistes pro-russes, civils), décédées dans les « violents affrontements » entre le 13 avril et le 16 mai.

Le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, avait d’ailleurs déclaré lors de sa visite près de Sloviansk que les habitants « commencent à comprendre que les terroristes séparatistes mènent la région à un gouffre ». Un avis partagé par un haut gradé interrogé par Le Monde, pour qui « la majorité des gens étaient favorables aux rebelles au début. Mais depuis, ils sèment la terreur dans la région, et leur image s’est dégradée auprès de la population. D’autant plus que des criminels ont aussi pris les armes et se réclament des séparatistes. Ce qu’ils veulent, c’est recréer le chaos des années 1990 ».

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a expliqué que la crise en Ukraine « est née parce que (le président ukrainien (Viktor, ndlr) Ianoukovitch a repoussé l’accord d’association avec l’Union européenne. Un coup d’État a suivi, soutenu par nos amis américains, et au final, c’est le chaos et une véritable guerre civile ». Le président a ajouté que « selon la Constitution il ne peut y avoir d’élection car le président Ianoukovitch (...) est le président en exercice », cependant, il a assuré vouloir que « le calme revienne », promettant de « respecter le choix du peuple ukrainien » et de travailler avec les nouvelles autorités.

Des élections sous tension

Les élections présidentielles auront lieu ce 25 mai, et pour assurer le bon déroulement du scrutin, Kiev a annoncé le déploiement de 55.000 policiers et 20.000 volontaires. Malgré ce déploiement, les séparatistes de Lougansk et de Donetsk ont annoncé qu’ils allaient empêcher le déroulement du scrutin dans l’Est, où près de 2 millions d’électeurs sont appelés à voter.

Le chef du conseil de sécurité nationale et de défense, Andri Paroubyï, a reconnu devant les médias du monde entier qu’il « y aurait des problèmes » dans l’organisation du scrutin dans les chefs-lieux régionaux de Donetsk et de Lougansk et à Sloviansk, centre des insurgés. « Sept observateurs du Luxembourg ont été envoyés en Ukraine, mardi matin. Ils se sont dispersés un peu partout dans le pays et veillent à ce que tout se déroule dans les règles », a expliqué Armand Muno, chargé des missions d’observation électorale au ministère des affaires étrangères, au quotidien luxembourgeois, L’Essentiel.

Ces observateurs seront encadrés par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), tenus à la confidentialité, ils s’exprimeront trois à quatre jours après le scrutin. Une vingtaine de personnes ont déjà porté leur candidature à l’élection, cependant quatre personnalités ressortent : Petro Porochenko, Ioulia Timochenko, Serhiy Tigipko et Mykhaïlo Dobkin.

Le favori est le milliardaire Petro Porochenko, crédité de 53,2% des intentions de vote, contre 10% pour l’ancienne Première ministre, Ioulia Timochenko. Égérie des Ukrainiens et de la Révolution Orange de 2004, elle représenterait les intrigues contre lesquelles les Ukrainiens se sont battus lors des manifestations de l’an dernier. L’indépendant, Serhiy Tigipko est lui crédité de près de 9 % des intentions de votes contre 5% pour Mykhaïlo Dobkin, proche du président déchu.

Céline Tabou


Kanalreunion.com