Monde

Cristina Kirchner mène la charge contre les États-Unis

À la tribune des Nations-Unies

Céline Tabou / 8 octobre 2014

À l’occasion d’une allocution devant les Nations Unies, la présidente argentine, Cristina Kirchner, a dénoncé ceux qui « utilisent la politique internationale ou le statut géopolitique pour asseoir (leurs, NDLR) pouvoirs ».

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Cristina Kirchner, présidente de l’Argentine, salue Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies.

La présidente de l’Argentine accuse les États-Unis qui décident de qui sont les amis, les ennemis, les terroriste ou les non terroristes. En effet, Cristina Kirchner a rappelé que son gouvernement et le précédent avaient « demandé à la République d’Iran de collaborer avec nous » sur les investigations faites pour retrouver les auteurs des attentats contre la communauté juive d’Argentine perpétrés en 1992 et 1994. Une demande qui avait valu au pays de vives critiques de la part des gouvernements israélien et américain.

Un accord Argentine/Iran dénoncé

Le 27 janvier 2013, l’Argentine conclu un accord avec l’Iran concernant l’attentat contre la mutuelle juive Amia en 1994 à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés. La présidente avait annoncé que cet accord était « historique : près de dix-neuf ans après l’attentat contre l’Amia, pour la première fois il y a un instrument légal mis en place entre l’Argentine et l’Iran ».
Les deux pays s’étaient mis d’accord pour « créer une commission pour établir la vérité composée de cinq juristes internationaux de renom », assurant qu’’aucun d’entre eux ne pourra être de la nationalité de l’un des deux pays. C’est une condition indispensable d’indépendance ». Dès cette annonce, la présidente a reçu une salve de critiques, particulièrement vive de la part des représentants américains, constitué en groupe bipartisan.
Ces derniers ont adressé une pétition au Secrétaire d’État, John Kerry, afin que le gouvernement reconsidère le niveau d’aide accordée à l’Argentine suite à l’accord avec l’Iran. Les membres de la Chambre des représentants des États-Unis s’étaient dit « particulièrement préoccupés par les liens croissants qui se développent entre l’Argentine et l’Iran, dans un mépris total pour la loi américaine, une corruption croissante au sein de son gouvernement, et les manquements répétés à remplir ses obligations financières ».

Les puissances du concept ami-ennemi, terroriste-non terroriste

Lors de son allocution, le 24 septembre 2014 à l’ONU, Cristina Kirchner a dénoncé « les démons internes et externes » qui ont refait surface, en évoquant les critiques faites à son encontre et contre son pays. Cette dernière a évoqué le désistement des institutions juives qui « nous accompagnaient tous les ans », mais « nous ont soudainement tourné le dos », qui « nous ont accusé de complicité avec l’Iran », « tout comme nous avions été accusés de complicité avec la République islamique, qui était dénommé à l’époque l’État terroriste d’Iran ».
Face à cela, Cristina Kirchner a été étonné d’apprendre la rencontre à New York, entre le chef du département d’État américain et son homologue iranien. La présidente a précisé que cette rencontre était importante pour une meilleure “compréhension”, toutefois « nous voudrions demander à ceux qui accusaient l’Iran l’an dernier d’être un état terroriste et non pas il y a un siècle, et bien que disent-ils aujourd’hui ?". En effet, les États-Unis souhaitent s’allier à l’Iran pour lutter contre l’État Islamique.
« Et que disent-ils aujourd’hui à propos de ceux qui formaient l’État Islamique l’an dernier, qui étaient présentés comme des combattants de la Liberté lorsqu’ils combattaient en Syrie, contre le gouvernement Al-Assad et qu’on appelle aujourd’hui État Islamique ?", a ajouté la présidente.
Pour cette dernière, le problème de l’insécurité et du terrorisme réside au sein même des Nations Unies, « car les grandes puissances passent trop facilement du concept ami-ennemi, terroriste-non terroriste ». Face à cela, Cristina Kirchner propose de « les définir une bonne fois pour toutes, car nous ne pouvons utiliser la politique internationale ou le statut géopolitique pour asseoir son pouvoir ».

Un autre type de danger

Cristina Kirchner a ainsi expliqué que « l’an dernier tout était différent en matière de sécurité et de danger. Aujourd’hui tout a changé : les méchants de l’an dernier ne semblent pas si mauvais ». « Ceux qui hier devaient être envahis ou éliminés sont appelés à collaborer pour se débarrasser de l’État islamique. Avant c’était Al Qaida, alors d’où viennent Al Qaida et les Talibans » ? a posé cette dernière.
Une attaque directe envers les États-Unis qui ont créé Al Qaida, en formant les rebelles par la CIA et en leur fournissant des armes. Cette dernière dénonce l’hypocrisie américaine de vouloir créer une coalition avec les États arabes pour lutter contre l’État islamique, alors que le pays serait celui qui les financent et leurs fournit des armes.
Concernant les Printemps arabes, Cristina Kirchner a évoqué qu’ils se sont révélés « être des automnes ou mêmes des hivers, dans lesquels sont également apparus des combattants de la liberté, qu’on souhaite aujourd’hui éliminer ou mettre en prison ». Face à la volonté des américains de détruire l’État islamique, la présidente argentine s’est dite “méfiante” face aux informations fournies et diffusées par les chaînes d’actualité, qui mettent en avant une toute autre réalité.


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