Monde

Dakar 2011 : l’autre forum !

Ouverture du Forum social mondial : 10 ans après Porto Alegre

Céline Tabou / 7 février 2011

C’est sous ce mot d’ordre que la onzième édition du Forum social mondial de Dakar a ouvert ses portes dimanche 6 février au Sénégal. L’objectif est de renforcer "les dynamiques de résistances et de promouvoir les alternatives à la mondialisation capitaliste".

Plus grand rendez-vous altermondialiste du monde, le Forum social mondial (FSM) attend entre 50.000 et 100.000 personnes de 123 pays du 6 au 11 février. De nombreuses personnalités sont attendues, notamment les présidents bolivien Evo Morales, vénézuélien Hugo Chavez, béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, de la commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping, et l’ancien dirigeant du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, pour une semaine de débats, d’échanges et de réflexions sur l’avenir du monde et sa gouvernance a annoncé Afrik.com.
Sans argent, avec beaucoup d’espoir et de volonté

Le comité de pilotage de ce forum a expliqué sur son site comment ils organisaient le Forum : « Sans fric d’abord, et on ne demande l’aide de personne d’ailleurs. C’est d’abord ça qui fait notre différence. Dans ce monde où l’argent est roi, il s’agit d’abord d’être créatif pour se soustraire aux lois du pognon, et son cortège de corruption, de faux semblants, de complaisance et de laideur ». Bien décidé à organiser un forum constructif et enrichissant pour toutes les parties, ils ont décidé de « compter sur tout ceux qui pensent comme nous pour nous connecter, et travailler ensemble à notre libération sur la seule base de notre volonté de changer le monde ici et maintenant ».

Le Forum social mondial propose de faciliter la rencontre et les échanges entre militants réellement engagés dans des luttes sociales dans leurs pays et à l’échelle internationale, d’organiser un espace bien identifié au sein du Forum social mondial où seront abordés les thématiques que nous souhaitons, de faciliter et rendre possible la participation de certains acteurs qui d’habitude ne participent pas aux forums sociaux, mais qui ont beaucoup de choses à dire, et d’engager les débats en amont du FSM 2011 de Dakar, et de rendre mieux visible les luttes sociales en Afrique tout au long de 2010, et d’identifier et de dénoncer les contradictions et les dérives dans l’organisation du Forum social mondial, notamment la gestion étonnante du secrétariat du Forum social africain.

« Un autre monde est possible »

Peu de hauts dirigeants occidentaux, notamment européens et américains responsables de la misère sociale des pays en voie de développement, n’assistent au FSM qui est un vaste mouvement des peuples pour la justice sociale. Les principaux enjeux sont de s’opposer à l’ordre « néo-libéral » caractérisant la mondialisation actuelle, à tous les courants idéologiques pour les projets alternatifs, et à l’absence des partis politiques en tant que tels.
Créé en 2001 à la suite des luttes des peuples contre toutes les formes de domination impérialiste et capitaliste. Cette année s’est axée sur deux nouveaux thèmes, comme l’a expliqué Christophe Aguiton, membre de la commission internationale de l’organisation Attac, au “Figaro”, "les crises du capitalisme et des civilisations".
Ce dernier a rappelé qu’il ne s’agit pas de « structures de décision. Davos et le Forum social mondial ont ceci en commun », le but est d’élaborer des réponses idéologiques et « de les diffuser ». « Nous ne décidons pas. Nous analysons des politiques et nous faisons des propositions alternatives », a expliqué Mignane Diouf, coordonnateur du secrétariat exécutif du Forum.
Cette année le Forum s’est ouvert en pleine instabilité politique en Afrique du Nord. Citoyens, scientifiques, politiques auront une semaine pour se pencher sur les crises du capitalisme, mais aussi du soulèvement populaire en Tunisie, Algérie, Égypte, Syrie, Yémen...

Céline Tabou


Le FSM en direct

À consulter http://www.dakar2011.org/


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