Monde

David Cameron, grand vainqueur des élections

Un référendum sur la sortie de l’Union européenne sera organisé en Grande-Bretagne

Témoignages.re / 9 mai 2015

David Cameron reste pour un nouveau mandat à Downing Street. Le candidat sortant au poste de Premier ministre, a remporté une large victoire aux élections législatives, avec cette fois-ci, la majorité absolue à la Chambre des communes avec 331 sièges, contre 232 pour les travaillistes.

Les élections législatives en Grande-Bretagne ont vu une large victoire des conservateurs. Les libéraux-démocrates écrasés, ne sauvent que 8 députés sur leurs 57 sièges de l’assemblée sortante. Le vice-premier ministre centriste sortant Nick Clegg a annoncé sa démission de la tête du parti libéral-démocrate, même s’il a été réélu dans sa circonscription de Sheffield, à la différence de nombre de ses collègues.

Une large victoire

Le parti conservateur a remporté 331 sièges, tandis que le parti travailliste connaît l’une des plus importante débâcle depuis 1987. Raison pour laquelle, Ed Miliband, président du parti travailliste, a présenté sa démission, car « il est temps qu’un nouveau leader prenne le relais ».

Dès sa victoire confirmée, David Cameron a annoncé que : « Nous devons tenir le référendum qui décidera de l’avenir du Royaume-Uni en Europe ». Sa principale promesse de campagne réitérée, l’actuel premier ministre britannique devrait convier les Anglais à répondre à « une question claire : in/out » (dedans ou dehors) », comme il l’a souvent répété ces trois dernières années.

Cependant, bien qu’il ne soit pas favorable à une complète sortie de l’Union Européenne, il est parvenu à attirer les eurosceptiques et l’aile droite de l’électorat britannique, raison de sa large victoire et du faible résultat d’Ukip. En effet, le parti europhobe dirigé de Nigel Farage, United Kingdom Independence Party (Ukip) a été battu à ces élections, poussant son président à démissionner de la tête de son parti. Seul, Douglas Carswell a été réélu sous les couleurs du parti souverainiste.
De leur côté, les Verts conservent leur unique siège de Brighton.

David Cameron a assuré qu’il allait gouverner pour « rassembler le pays, une nation, notre Royaume-Uni », confirmant la décentralisation des compétences supplémentaires en Écosse et au Pays de Galles en « mettant en œuvre aussi vite que possible les délégations de pouvoirs que nous avons promises à juste titre ». Il a également assuré qu’il allait « rééquilibrer l’économie du pays » entre le sud riche et le nord défavorisé.

L’indépendance de l’Écosse

En Écosse, les nationalistes du Scottish National Party (SNP) remportent 56 des 59 circonscriptions écossaises. Une situation « historique », « sensationnelle », « sans précédent », en une élection les nationalistes écossais ont tourné une page de l’histoire de leur province et marqué une étape décisive vers l’aboutissement d’une de leurs revendications principales : l’indépendance.

Mhairi Black, 20 ans, devient la plus jeune députée britannique, battant un cadre historique du parti travailliste, Douglas Alexander. « Le lion écossais a rugi à travers le pays », s’est réjouit Alex Salmond, ancien leader du SNP, élu à Westminster. En effet, le Labour, qui détenait 40 des 59 sièges de députés écossais, n’en garde qu’un seul, à Edimbourg.

Le Parti nationaliste écossais est parvenu à multiplier par plus de neuf le nombre de ses députés par rapport à 2010. La Première ministre écossaise et chef de file du SNP, Nicola Sturgeon, a mis en avant l’instauration d’un droit de veto de l’Écosse concernant le référendum sur l’Union Européenne en cas de victoire du « out ». En effet, son parti estime qu’une sortie de l’UE qui n’est pas approuvée par les quatre nations du Royaume-Uni serait « démocratiquement indéfendable ».

Europhile convaincue, Nicola Sturgeon pense que l’Écosse pourrait profiter de cette occasion pour quitter la tutelle britannique et choisir Bruxelles pour affirmer son indépendance. Cette dernière a d’ailleurs prévenu qu’une sortie du Royaume-Uni de l’UE serait une condition suffisante pour reposer la question de l’indépendance.

Vers une sortie de l’Union européenne ?

David Cameron a réitéré sa promesse d’organiser d’ici à 2017 un référendum sur une éventuelle sortie de l’UE. Un vote redouté par les dirigeants européens, cependant pour Sara B. Hobolt, professeure à la chaire des institutions européennes de la London School of Economics (LSE), « un gouvernement conservateur fort avec David Cameron est probablement le scénario où l’on est le plus susceptible de voir le ‘oui’ en faveur de l’Europe l’emporter ».

Bien que la question reste épineuse pour les Britanniques, et principalement David Cameron, « personne en Europe ne veut se séparer de la deuxième puissance économique de l’Union et de l’une de ses plus grandes puissances militaires. Certains proposent même de réfléchir à un statut d’exception pour le Royaume-Uni », a expliqué Joana Hostein, la journaliste de France 24 à Bruxelles.

Un argument que la Commission européenne ne met pas en avant mais qui rappelle « les quatre libertés fondamentales », c’est-à-dire la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services, qui « ne sont pas négociables, car elles sont l’essence de l’Union européenne », a averti son porte-parole Margaritis Schinas.

Face à l’annonce du référendum, le président du conseil européen Donald Tusk « compte sur le nouveau gouvernement britannique pour plaider en faveur du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’UE ». Cependant, avec la montée de l’euro-phobie, un haut responsable de la Commission européenne sous couvert de l’anonymat a assuré à l’Agence France Presse que « le référendum est gagnable », mais « il faut attendre de voir ce que Cameron voudra négocier. Les demandes devraient être formulées assez rapidement ».


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