Monde

De nouvelles mesures imposées aux Grecs

Crise en Europe

Céline Tabou / 3 novembre 2012

Le gouvernement grec doit conclure avant le 12 novembre les négociations avec la troïka (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Commission européenne) afin d’obtenir un nouveau prêt.

En réunion mercredi 31 octobre, les Ministères des Finances de la zone euro ont demandé au Parlement grec de voter des mesures budgétaires et réformes structurelles imposées par la troïka. Le pays doit accepter le nouveau plan d’économie du pays de 13,5 milliards d’euros dicté dans les textes des créanciers, en plus des réformes structurelles.

« Faire des efforts »

Depuis plus d’un an, les Grecs descendent dans la rue pour dénoncer des mesures qui deviennent de plus en plus drastiques. En dépit des nombreux efforts faits, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a indiqué dans la presse que le remboursement de la dette était en cours, «  mais cela réclame des efforts de chacun, surtout du Parlement grec, qui doit voter à temps le programme des réformes budgétaires et structurelles  ».

Le gouvernement grec a présenté au Parlement un projet de loi de finances 2013, dans un contexte aggravé par la récession (-6,6% PIB 2012 et -4,2% estimé en 2013), une baisse des recettes et un taux de chômage de plus de 25%. La loi prévoit 9,3 milliards d’euros d’économie portés principalement sur le recul de l’âge de la retraite de 65 ans à 67 ans, des coupes dans les salaires et les retraites des fonctionnaires ainsi que des réductions dans les dépenses de Santé, Éducation et Défense. En vue de répondre aux exigences de la troïka, soit 13,5 milliards d’euros d’économie, le gouvernement devrait présenter un nouveau plan d’économie de 4,2 milliards d’euros en 2014.

La pression européenne

Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, a précisé dans "Les Échos" qu’aucune aide ne sera débloquée si les réformes réclamées ne sont pas adoptées. Pressions supplémentaires sur le gouvernement grec qui a besoin de deux ans de plus pour pouvoir rembourser ses dettes. La dette publique s’élèvera à 189% du PIB l’an prochain, soit 346 milliards d’euros. Face à ces estimations, la troïka cherche comment combler l’allongement du programme grec, car le délai 2014 n’est plus accessible.

En dépit des pressions, la Grèce s’engage à baisser ses dépenses publiques de 33,9% en 2013, et prévoit un déficit public de 9,4 milliards d’euros en 2013, soit 5,2% du PIB, alors que l’objectif fixé dans le texte de l’avant-projet présenté le 1er octobre était de 4,2%. Pour pouvoir relancer l’économie, la Grèce a besoin de près de 17 milliards d’euros. Les ministres des Finances de la zone euro ont refusé la diminution de leurs prêts bilatéraux et l’augmentation de ces prêts à la Grèce. La possibilité d’un rachat de dette est également rejetée, car la Grèce reste un pays à risque.

Céline Tabou

La contestation continue

Le 31 octobre, des Grecs ont manifesté contre les mesures d’austérité et les conséquences de la crise de la dette. Afin de protester contre le relèvement des taxes sur le fioul domestique, ces derniers ont déversé des paquets de glace pilée devant le Parlement, malgré le temps glacial. Devant la Banque centrale grecque dans le centre d’Athènes, d’autres manifestants sont venus avec des posters représentant des cochons déguisés en banquier, a indiqué “Le Monde”. Cette manifestation était composée de petits porteurs d’obligations souveraines grecques qui ont perdu plus de 50% de leurs placements lors de l’opération de restructuration de la dette souveraine grecque négociée en mars.


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