Monde

Divisions et incertitudes

États-Unis

Témoignages.re / 30 juillet 2011

À cinq jours de la date fatidique, les dirigeants républicains de la Chambre des représentants ont renoncé, jeudi 28 juillet, à mettre au vote un plan de réduction des déficits et de relèvement du plafond de la dette publique américaine en l’absence de soutiens suffisants au sein de leur propre parti.

La division au sein des Républicains retarde le compromis entre ces derniers et les démocrates. Le Président Barack Obama a prévenu que si aucun accord n’était pris d’ici le 2 août, il pourrait faire usage de son droit de veto.

La course contre la montre

Les États-Unis pourraient d’ici quelques jours se retrouver en défaut de paiement, et les pressions internationales incitent les Américains à trouver une solution pour ne pas déséquilibrer l’économie mondiale. Face à cette situation d’urgence, les Républicains font trainer les choses. Aucune union n’est faite et le projet de John Boehner, qui devait être voté jeudi 28 juillet, « n’est pas parfait ». Le chef des Républicains de la Chambre des représentants a ajouté que « ce que le projet reflète est un effort sincère et honnête pour mettre fin à la crise d’une façon bipartisane, de le transmettre au Sénat où il recevra une action ». D’autant que le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a indiqué jeudi 28 juillet que le plan de John Boehner ne serait pas adopté par le Sénat, contrôlé par les démocrates, et serait « arrivé mort ». Le chef de la majorité du Sénat, Harry Reid, a indiqué que le Sénat voterait le plan de John Boehner une fois le vote effectué à la Chambre et que le plan serait voué à l’échec au Sénat, a révélé “Le Monde”.

L’optimisme de la Maison Blanche

Face aux inquiétudes des marchés effrayés par la perspective d’une cessation de paiement de la première économie mondiale après le 2 août, le porte-parole de la Maison Blanche a répété lors d’une conférence de presse que « l’exécutif restait optimiste » sur la possibilité de voir les élus « sceller un compromis de dernière minute », a cité “L’Express”. De son côté, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a mis en garde jeudi 28 juillet les conséquences de l’impasse : « Cela provoquerait probablement une baisse du dollar par rapport aux autres monnaies, et probablement des doutes dans l’esprit des gens qui conservent des devises, sur le fait de savoir si le dollar est effectivement la monnaie de réserve ultime et de premier ordre », a-t-elle indiqué sur la chaîne PBS. Optimisme, peur, fatalité, les qualificatifs ne manquent pas, mais tous s’accordent à dire, à l’instar du sénateur démocrate John Kerry, président de la Commission des Affaires étrangères : « Je n’ai pas de mots assez forts pour souligner à quel point c’est grave au niveau mondial ».


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