Monde

Double objectif pour le Pape François à Cuba

Visite du chef de l’Église catholique

@celinetabou / 21 septembre 2015

Véritable médiateur entre l’île et les Etats-Unis, le pape François est actuellement à Cuba. C’est la troisième visite d’un pape en 17 ans. Cette visite est à la fois politique et religieuse. Dans un pays où plus de la moitié de la population est catholique, le Pape va essayer de convaincre les Cubains d’aller à l’église. En même temps, il continuera sa mission de médiation entre l’île et les Etats-Unis.

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Le pape a célébré hier une messe sur la place de la Révolution à Santiago, en présence de Raul Castro, président de Cuba, et de Cristina Kirchner, présidente de l’Argentine. (Photo : Yander Zamora)

Le pape a appelé samedi 19 septembre les Etats-Unis et Cuba à « continuer d’avancer sur le chemin » du rapprochement, encourageant « les responsables politiques (cubains et américains) à continuer sur ce chemin et à développer toutes leurs potentialités ». Lors de la messe de ce dimanche, le pape François a mis l’accent sur le service envers les autres et la nécessité de maintenir la solidarité. Mais surtout il a demandé des “moyens” pour que l’Eglise puisse agir « dans la liberté » sur l’île.

Servir, une nécessité pour François

Au cours de la messe dominicale, le pape François a appelé les chrétiens cubains à “servir” les plus fragiles et à ne pas « se servir ». Devant des milliers de croyants et non croyant le souverain pontife a également appelé à « rejeter toute idéologie dans le service des autres », d’après l’Agence France Presse.

Ce dernier a tenu à mettre l’accent sur le service qui « vise toujours le visage du frère, il touche sa chair, il sent sa proximité, et même dans certains cas, la souffre et cherche sa promotion. Voilà pourquoi le service n’est jamais idéologique, puisqu’il ne sert pas les idées, mais les personnes ».

Alors que l’île sort de son isolement et commence sa transition économique et sociale, le pape argentin a mis en garde contre l’ambition personnelle et le chacun pour soi. « Le chrétien est toujours invité à laisser de côté ses aspirations, ses envies, ses désirs de toute puissance, en voyant concrètement les plus fragiles. Il y a un service qui sert, mais nous devons nous prémunir contre l’autre service, contre la tentation du service qui se sert » a-t-il lancé.

Il a appelé les cubains à « servir la dignité de vos frères, lutter pour la dignité de vos frères et vivre pour la dignité de vos frères ». Jorge Bergoglio a également eu quelques mots pour « un peuple qui a le sens de la fête, de l’amitié, de la beauté ». « C’est un peuple qui a des blessures, comme tout peuple, mais qui sait ouvrir les bras, qui marche avec espérance, parce que sa vocation a de la grandeur », a-t-il lancé à la foule.

Médiateur des relations entre Cuba et les Etats-Unis

Arrivé à La Havane, samedi 19 septembre, Le pape François a qualifié le dégel des relations entre les deux pays d’ « exemple de réconciliation pour le monde entier ». Pour ce dernier, « le monde a besoin de réconciliation devant la troisième guerre mondiale en morceaux que nous sommes en train de vivre ».

Il a souligné que « la normalisation des relations entre deux peuples après des années d’éloignement. C’est un signe de la victoire de la culture, de la rencontre, du dialogue sur la culture de la confrontation ». Le pape a alors appelé les Etats-Unis et Cuba à « continuer d’avancer sur ce chemin et à développer toutes leurs potentialités ».
Ce dernier a joué un rôle central dans le réchauffement des relations entre les Etats-Unis et Cuba, aboutissant cet hiver (à La Réunion, ndlr) au rétablissement des échanges diplomatiques entre les deux pays après plus d’un demi-siècle d’hostilité. De leurs côtés, les autorités cubaines espèrent une prise de position forte du Pape contre l’embargo américain, qui frappe toujours Cuba 53 ans après son entrée en vigueur.
Le pape a tenu à rendre hommage à Fidel Castro, auprès de son frère, Raul, président cubain. Ce dernier lui a demandé de « transmettre mes sentiments de spécial considération et de respect à votre frère Fidel ». Cette attention rappelle celles de Jean-Paul II, qui en 1998 et Benoît XVI, en 2012, ont fait part de leurs sentiments envers l’ancien président.


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