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Ebola : la vaccination débute en Guinée

Un premier vaccin contre la maladie à virus Ebola est testé dans les villages affectés, un an après le début de l’épidémie

Témoignages.re / 25 mars 2015

Le Gouvernement guinéen et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont lancé cette semaine la toute première vague d’essais cliniques d’un vaccin contre la maladie à virus Ebola dans un village touché par l’épidémie en Basse-Guinée, l’une des zones du pays où l’on trouve le plus de cas d’Ebola.

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Photo : Samwar Fallah/IRIN

Ces tests de vaccinations dites« en ceinture » du vaccin contre Ebola VSV-EBOV, développé par l’Agence de la Santé Publique du Canada, ont été très bien accueillis dans un village rural de la préfecture de Coyah en Guinée, où l’équipe médicale est arrivée le 23 mars.

« Cette opération historique nous donne espoir à tous, en Guinée et partout dans le monde que, si l’efficacité et l’innocuité du vaccin sont démontrées, nous pourrons bientôt disposer d’un outil de santé publique efficace contre la maladie à virus Ebola, a déclaré le Représentant de l’OMS en Guinée, le Dr. Jean-Marie Dangou. Le lancement de la campagne de vaccination « en ceinture » aujourd’hui en Guinée est certainement l’une des étapes les plus importantes qui aient jamais été franchies pour développer une ligne de défense moderne contre le virus Ebola. »

Une équipe médicale spécialement formée, les vaccins et l’équipement ont été acheminés depuis Conakry vers Coyah, pour vacciner les adultes consentants, à l’exception des femmes enceintes, ayant récemment été en contact avec des patients atteints du Virus Ebola, dans un village de la préfecture de Coyah.

« Nous nous engageons à mettre fin à cette épidémie, a expliqué le Docteur Sakoba Keita, Coordinateur National nommé par le Président Alpha Condé à la tête de la Cellule de Coordination Nationale de Lutte contre la Maladie à Virus Ebola. Conjointement avec les mesures de contrôle que nous mettons en place avec nos partenaires, un vaccin sûr et efficace nous permettra de mettre un terme à ce chapitre éprouvant de notre Histoire et de commencer à reconstruire notre pays. »

La vaccination dite « en ceinture » consiste à identifier les patients récemment infectés et à vacciner leurs proches pour créer une « ceinture d’immunité » autour d’eux et ainsi stopper la propagation du virus.

« Cette même stratégie a constitué l’un des facteurs-clef dans l’éradication de la variole dans les années 1970, et elle nous permet de vacciner toutes les personnes les plus à risque » a détaillé le Dr Ana Maria Henao Restrepo, Coordinatrice de l’essai vaccinal Ebola pour l’OMS en Guinée.
Le Dr Bertrand Draguez, Directeur médical de l’ONG Médecin sans Frontières (MSF), note que : « Cet essai est organisé sur la base du volontariat, et la participation à l’essai est confidentielle, gratuite et non rémunérée. »

Le Gouvernement guinéen apporte tout son soutien à cet essai clinique du vaccin. Dans une lettre datée du 20 mars, adressée aux maires, préfets et directeurs des formations sanitaires guinéenne, le Directeur de la Coordination national Contre Ebola en Guinée, le Docteur Sakoba Keita, a demandé la pleine coopération et le soutien de l’ensemble des acteurs publics locaux.

Au total, près de 10 000 personnes devraient être vaccinées dans 190 « ceintures » identifiées sur une période de 6 à 8 semaines. Les volontaires seront suivis pendant une période de 3 mois. Des résultats préliminaires pourraient être disponibles dès le mois de juillet 2015.

À propos du vaccin VSV-EBOV

Le vaccin canadien VSV-EBOV a été mis au point par l’Agence de santé publique du Canada. Le développement du vaccin a été confié sous licence à la société NewLink Genetics, et NewLink Genetics et Merck ont annoncé leur collaboration le 24 novembre 2014.

Le concept de la vaccination « en ceinture » appliqué à l’essai clinique du vaccin contre la maladie à virus Ebola en Guinée permet à une partie des « ceintures » (contacts de cas d’Ebola nouvellement diagnostiqués) d’être vaccinées immédiatement après la confirmation du diagnostic d’Ebola du « patient zéro », tandis que d’autres « ceintures » seront vaccinées trois semaines plus tard (vaccination retardée). Cette stratégie permet à tous les contacts d’être vaccinés dans un délai très court et représente une excellente alternative à l’utilisation d’un placebo. La conception des essais a été élaborée par un groupe d’experts internationaux du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Guinée, de la Norvège, du Royaume-Uni, de la Suisse, et de l’OMS. Il comprenait également le professeur Donald A. Henderson qui a dirigé le programme d’éradication de la variole à l’OMS.


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